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Mon garçon de 6 ans a une peur panique de l’eau. Comment l’encourager à la vaincre ? La peur de l’eau, ou aquaphobie, n’est pas innée. Elle n’est pas non plus héréditaire. La plupart du temps, elle s’est installée à la suite d’un événement déclencheur. Il faut tenter, dans la mesure du possible, d’en retracer l’origine. Votre garçon est-il déjà tombé à l’eau ? S’est-il passé quelque chose de particulièrement traumatisant pour lui lors de vacances à la plage ? Ou à la piscine ? Et dans son quotidien, est-ce que tout se passe bien ? Il arrive parfois que des peurs se déclarent durant des épisodes de transition éprouvants — un déménagement, une nouvelle école, la séparation des parents. L’enfant perd ses repères, et la peur de l’eau est alors le reflet d’une autre peur sous-jacente. Quelle que soit la raison de cette phobie, il est important d’en parler franchement avec votre enfant et de lui dire que vous êtes là pour l’aider. Donnez-lui de l’espoir en lui expliquant que surmonter sa peur s’apprend, que cela se fait en suivant certaines étapes. Faites-lui savoir également qu’il n’est pas seul dans sa situation ! Entre 10 et 15 % de la population aurait peur de l’eau. Tous ne font pas l’effort de surmonter cette hantise. Pourtant, ne pas savoir nager peut devenir très handicapant, non seulement pour sa propre sécurité, mais sur le plan de l’estime personnelle. Si votre fils ne veut pas suivre les cours de natation en groupe, offrez-lui d’aller à la piscine municipale avec lui aux heures les moins achalandées. Procédez graduellement — au début, vous pouvez lui demander de rester au bord et de simplement vous regarder. Puis, prenezle dans vos bras. Emmenez-le dans l’endroit le moins profond et faites avec lui des jeux très simples, comme se tenir au rebord, faire deux pas, attraper un ballon, revenir, etc. Juste pour lui démontrer qu’il peut avoir du plaisir dans l’eau. Ce qu’il faut lui faire vivre, c’est une approche par désensibilisation. Petit à petit, il se désensibilisera à l’eau, à la dimension des lieux, au froid, autant de sensations ou de perceptions qui ne sont pas nécessairement agréables pour un enfant. Quand votre garçon sera moins craintif, vous pourriez opter pour des cours privés — beaucoup de municipalités en proposent. Quelques leçons d’un professeur avec lequel il se sent à l’aise peuvent constituer un très bon investissement ! Du moins, le temps qu’il apprenne la base et qu’il prenne un plaisir minimal à être dans l’eau. Tout cela demande de la patience, de la persévérance et beaucoup d’encouragements. Mais le jeu en vaut la chandelle. Car votre enfant en bénéficiera toute sa vie. Nicole Malenfant, professeure en éducation à l’enfance Enseignante depuis plus de 15 ans à l’Université de Montréal et au collège Édouard-Montpetit, elle est auteure, conférencière et donne des ateliers de ressourcement aux intervenantes en petite enfance. Propos recueillis par Marie-Claude Fortin Magazine Enfants Québec, juillet-août 2010
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