superbanniere
Abonnement Magazine

Pour prévenir l’intimidation… leur modèle, c’est vous!

dre-nadia-2_cr_p-dionneQue faire pour contrer le phénomène de l’intimidation? On parle souvent des comportements et attitudes que les adultes peuvent adopter consciemment et volontairement afin d’influencer directement les comportements et attitudes d’un enfant… que ce soit dans le but de prévenir ou de guérir.

Si vous faites déjà des efforts en ce sens pour prévenir l’intimidation, je vous en félicite! Vous contribuez à rendre notre monde meilleur. J’ai pu constater très concrètement ses conséquences négatives dans ma pratique de la psychothérapie. Et même auprès d’adultes de plus de 30 ans, qui ont été victimes d’intimidation 15 ou 20 ans auparavant, au secondaire…

Mais en tant que psychologue, permettez-moi de vous parler des comportements et attitudes qui influencent inconsciemment, involontairement et indirectement les comportements et attitudes de vos enfants.

Avez-vous déjà été témoin de scènes où un parent…

… disait à son enfant de cesser de crier… en criant?
… demandait à ses enfants de cesser de se chicaner avec leurs frères et sœurs… pour ensuite se chicaner lui-même avec sa tendre moitié?
… recommandait à ses enfants de ne pas ridiculiser les autres, pour ensuite rire en catimini de l’allure d’une personne ayant une apparence hors norme?
… interdisait à ses enfants de fumer… parce que lui-même n’arrive pas à cesser?

Bref, avez-vous déjà expérimenté le «fais ce que je dis mais pas ce que je fais»? Si c’est le cas, vous devez savoir que cette méthode est peu efficace. Vous devez également savoir qu’il est possible d’influencer positivement les comportements de son enfant simplement en l’exposant à des modèles positifs.

Vos enfants vous observent et observent les adultes autour d’eux en cherchant parfois un mode d’emploi «social». Ainsi, sans que vous vous en rendiez compte, certaines de vos attitudes déteignent sur eux.

Êtes-vous parfois un modèle «intimidateur»?
Vous arrive-t-il de vous comporter de façon intimidante devant vos enfants…
… envers eux-mêmes, en ayant une autorité trop écrasante?
… vis-à-vis de votre conjoint(e)?
… lorsque vous êtes un client (auprès de la caissière, d’un commis, d’un serveur au restaurant)?
… avec le personnel de l’école de vos enfants?
… lorsque vous conduisez (agressivité ou rage au volant)?

Êtes-vous parfois un modèle «victime»?
À l’inverse, vous arrive-t-il d’éprouver de la difficulté à vous affirmer…
… lorsque vous êtes en désaccord avec quelqu’un?
… lorsqu’une personne vous fait une demande déraisonnable?
… lorsque quelqu’un vous manque de respect?

Il est important de vous informer sur les façons de prévenir l’intimidation et de savoir comment intervenir si vous appreniez que votre enfant était victime ou bourreau… mais il est également primordial de vous assurer que vos bottines suivent vos babines (j’adore cette expression!).

De plus, en tant que parent, vous êtes l’un des principaux modèles de vos enfants, mais vous n’êtes pas le seul…

Vos enfants voient-ils d’autres adultes dans leur entourage (grand frère, tante, entraîneur de soccer…) ou dans les médias (athlète, artiste, participants d’une téléréalité dont le concept implique l’humiliation et l’exclusion des autres participants…) qui ont des attitudes intimidantes?
J’imagine que certains d’entre vous se demandent présentement s’ils n’ont pas un peu trop écouté les discours d’un certain candidat à la présidence américaine devant les enfants!

L’intimidation ne se trouve pas seulement dans la cour d’école. Elle peut se trouver partout dans la société, que ce soit dans les médias, en politique, dans le monde des affaires… et même dans votre famille. Nous pouvons vouloir prévenir l’intimidation et intervenir directement auprès de nos enfants afin de limiter ce phénomène, mais sommes-nous aussi exigeants envers les modèles qui peuvent les influencer, que ce soit nous-mêmes ou d’autres adultes qu’ils peuvent observer?

Je ne veux surtout pas adopter un ton moralisateur ou culpabilisant. La perfection ne fait pas partie de ce monde, et nous faisons tous des erreurs. Lorsqu’il nous arrive d’en faire une, l’important, c’est de faire les efforts nécessaires pour en être conscient, de savoir s’excuser et d’avoir l’humilité et l’humanité d’expliquer à nos enfants pourquoi notre attitude ou notre comportement était une erreur.

L’équilibre entre le respect des autres et le respect de soi est très difficile à atteindre. Malgré tout, on peut viser cet équilibre, et rendre explicite à nos enfants ce qui peut nous en approcher et nous en éloigner… en cherchant à être soi-même un modèle positif et le plus humain qui soit!

 

Commentaires

commentaires

3 commentaires

So

Vous abordez un sujet qui me touche. Mon fils aîné, atteint de TDAH a été victime de harcèlement, mais son frère s’en sort bien. Je dirais avec un certain équilibre. Il sait se défendre et changer ses comportements quand il se fait réprimander. J’ai remarqué que les garçons qui ont pris mon aîné pour cible ont souvent un grand frère aîné qui les maltraite dans une certaine mesure et qui ont des parents « cool » convaincus qu’il faut laisser les enfants s’arranger entre eux. Je suis donc très sévère à ce chapitre. Je ne laisse pas du tout passer les comportements blessants. Est-ce que je me trompe?

PIERRETTE BOUDREAU

L’intimidation est parfois subtile. On a souvent l’image d’un enfant intimidateur : un jeune qui brutalise les autres, dit des gros mots, etc. Pourtant, ma petite-fille de onze ans a été victime d’intimidation par de « bonnes petites filles », qui avaient été ses amies depuis la maternelle. Elles ont cessé de lui parler et de jouer avec elles, et ses deux « meilleures amies » ont invité à leur fête toute la classe, sauf elle. Ces enfants ne se percevaient pas comme des intimidatrices, pour elles, ce n’était pas sérieux, et elles ne croyaient pas que Coralie en aurait de la peine (lisez : elles n’avaient pas voulu se poser la question). Heureusement, dans son école, il y a une intervenante très à l’affût pour ce genre de choses, et les choses ont été réglées avant d’être irréparables. Cependant, ma petite-fille a perdu une certaine confiance en ses amies ; c’est en quelque sorte la fin de l’innocence.

Justine

Bonjour
Je m’appelle Justine et je suis finissante en technique d’éducation à l’enfance au Cégep du Vieux-Montréal. Cette année, je dois faire un travail de recherche sur les moyens de contrer l’intimidation et la violence dans les écoles et j’aurais besoin d’un témoignage d’un parent qui a ou qui a eu un enfant victime d’intimidation ET qui fréquentait un service de garde à ce moment-là (CPE ou scolaire). L’enfant n’est plus obligé d’être au service de garde aujourd’hui.
Le tout ce fait dans l’anonymat, les noms où les endroits ne seront jamais dévoilés
ET
je paie le café!

Pourriez-vous me mettre en contact avec un parent ou diffuser cette annonce afin qu’on puisse me contacter?
justine.mongeau@hotmail.com

Merci

Justine Mongeau

pas de compte facebook ?
Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

À lire aussi

La classe de maternelle de madame Michèle

Quand elle part en vacances à la mer, elle leur rapporte des...

Lire la suite →

L’école, c’est aussi l’école de la vie!

À l’approche de la rentrée scolaire, les parents sont...

Lire la suite →

Les conflits, ça fait partie de la vie !

Pour la période estivale, vous avez planifié des vacances en...

Lire la suite →

Nos blogues

Pour prévenir l’intimidation… leur modèle, c’est vous!

Pour prévenir l’intimidation… leur modèle, c’est vous!

Que faire pour contrer le phénomène de l’intimidation? On parle souvent des comportements et...

Lire la suite →


Regarder un enfant dans les yeux

Regarder un enfant dans les yeux

Quand on a des enfants, l’heure du souper est particulièrement intense, tout le monde sait ça. On se...

Lire la suite →


Le plus beau jour de ma vie

Le plus beau jour de ma vie

Martin Marier raconte l'accouchement de sa blonde et la naissance de sa fille, le soir où il est...

Lire la suite →