superbanniere
Abonnement Magazine

Au secours, il est accro aux écrans!

Crédit: Shutterstock

Crédit: Shutterstock

Il est obsédé par son jeu vidéo, elle ne peut plus vivre sans son cellulaire et le petit dernier hurle quand on lui retire sa tablette ! Que faire quand ce qui n’était qu’un jeu se transforme en véritable dépendance ? Propos recueillis par Anne Gaignaire

Cela fait plus de 10 ans que la psychologue clinicienne et thérapeute familiale française Sabine Duflo étudie l’impact de la pratique des jeux vidéo et de la présence des écrans sur le développement des enfants. Dans son cabinet de la région parisienne, elle rencontre de plus en plus de jeunes patients qui souffrent d’une véritable dépendance aux jeux vidéo, à la tablette, au téléphone intelligent ou à la télévision. L’experte répond à nos questions sur ce phénomène inquiétant.

Comment faire la différence entre surconsommation d’écrans et dépendance aux écrans ?
On parle de dépendance quand les enfants sont obsédés par les écrans. C’est-à-dire quand ils passent tout leur temps devant, qu’ils ne veulent pas décrocher pour aller faire autre chose, que rien d’autre ne les intéresse. Leurs résultats scolaires baissent. Ils ne veulent plus aller à des activités parascolaires, ils mangent vite pour retourner à leurs jeux, ne parlent plus que de ça et se réveillent plus tôt pour jouer.

Certains enfants sont-ils plus à risque de devenir accros ?
Les écrans, particulièrement les jeux vidéo, sont addictifs par nature. Ce n’est pas parce que l’enfant a un trait de caractère particulier qu’il devient dépendant, mais bien parce que la télévision, les consoles de jeu ou les tablettes et téléphones intelligents sont des objets addictifs, notamment parce qu’ils permettent des stimulations auditives et visuelles ultra rapides. Dans ma pratique, j’observe que la dépendance s’installe souvent avec l’acquisition de l’objet. Par exemple, beaucoup de cas apparaissent quand des enfants de 10-11 ans reçoivent en cadeau leur premier téléphone cellulaire, qu’ils peuvent apporter partout. De même, on observe qu’il est bien plus difficile d’arracher un bambin de 3 ans à sa tablette qu’à un jeu classique. Chez les jeunes garçons, ce sont surtout les jeux vidéo qui provoquent la dépendance, particulièrement ceux qui se jouent en réseau. Ils font entrer le joueur dans un univers sans limites. La partie ne s’arrête jamais et le joueur subit des menaces d’exclusion ou de rejet quand il s’absente trop longuement. Pour des enfants de 8 ou 10 ans, la pression est trop grande, ils ne savent pas faire la part des choses.

Comment réagir si on soupçonne que notre enfant est accro aux écrans ?
Il faut agir comme avec n’importe quel objet addictif : si la discussion ne fonctionne pas, il faut le supprimer ou en limiter la consommation. Mais cela peut être très difficile. Certains enfants de 4 à 7 ans que je reçois en consultation ont été élevés depuis leur naissance dans un milieu où plusieurs écrans sont allumés du matin au soir. Ils ne savent rien faire d’autre. Ils sont incapables de jouer à des jeux classiques. Les écrans ont toujours été pour eux un simulateur de présence, si bien qu’ils n’ont pas développé leur capacité à jouer seuls, à rester seuls dans une pièce sans écran. Ils ont toujours besoin d’une stimulation extérieure. Heureusement, c’est possible de se soigner : avec les écrans, quand on réduit la consommation, on voit rapidement une amélioration, ce qui n’existe pas avec d’autres objets addictifs. Je commence par prescrire aux enfants des activités de remplacement… mais réapprendre à jouer à autre chose prend du temps.

 

4 « PAS » pour mieux avancer
Voici les recommandations de la psychologue Sabine Duflo pour limiter la consommation d’écran des enfants :

Pas le matin « C’est le moment où la capacité de concentration est la meilleure. Les jours où il ne va pas à l’école ou à la garderie, on veut encourager l’enfant à dormir plus tard et à jouer librement, à lire ou à faire des activités manuelles et artistiques. Les enfants peuvent également aider les parents à faire le ménage, la cuisine, la lessive, l’épicerie ou du jardinage. Ces activités ne devraient pas être réservées aux adultes ! Elles rendent l’enfant plus autonome, plus débrouillard et sont souvent extrêmement éducatives. »

Pas pendant les repas « Les écrans nuisent à l’interaction en famille et empêchent parents et enfants de pleinement profiter de ce qu’ils mangent. »

Pas avant de dormir « La lumière à DEL des écrans agit sur la mélatonine, l’hormone du sommeil, et retarde l’heure d’endormissement des enfants, ce qui crée un manque de sommeil. »

Pas dans la chambre « Le contrôle y est difficile : les enfants peuvent se lever en pleine nuit pour jouer sans que les parents s’en rendent compte. » Une bonne habitude à prendre : remettre téléphones intelligents, consoles et tablettes aux parents avant d’aller se coucher.

 

Source: Enfants Québec, avril 2016

Commentaires

commentaires

pas de compte facebook ?
Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

À lire aussi

Pour prévenir l’intimidation… leur modèle, c’est vous!

Que faire pour contrer le phénomène de l’intimidation? On parle...

Lire la suite →

La classe de maternelle de madame Michèle

Quand elle part en vacances à la mer, elle leur rapporte des...

Lire la suite →

L’école, c’est aussi l’école de la vie!

À l’approche de la rentrée scolaire, les parents sont...

Lire la suite →

Nos blogues

Pour prévenir l’intimidation… leur modèle, c’est vous!

Pour prévenir l’intimidation… leur modèle, c’est vous!

Que faire pour contrer le phénomène de l’intimidation? On parle souvent des comportements et...

Lire la suite →


Regarder un enfant dans les yeux

Regarder un enfant dans les yeux

Quand on a des enfants, l’heure du souper est particulièrement intense, tout le monde sait ça. On se...

Lire la suite →


Le plus beau jour de ma vie

Le plus beau jour de ma vie

Martin Marier raconte l'accouchement de sa blonde et la naissance de sa fille, le soir où il est...

Lire la suite →