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Inscription à la maternelle : comment choisir la bonne école ?

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Les dates d’inscription à la maternelle approchent. Dans quelle école enverrez-vous votre enfant ? Ces quelques conseils vous aideront à prendre la bonne décision. Anne Gaignaire

La maternelle à 5 ans n’est pas obligatoire au Québec. Pourtant, 98 % des enfants de cet âge la fréquentent, selon le ministère de l’Éducation. Le préscolaire, c’est d’abord et avant tout une acclimatation à la « grande école »: il faut vaincre sa peur de traverser la cour qui paraît interminable, se frayer un chemin parmi les grands de 5e ou 6e année, prendre ses repères dans les dédales de l’établissement. Il est donc parfaitement normal que les parents prennent le temps de bien réfléchir avant de choisir l’établissement qui accueillera leur futur écolier. Surtout que, selon les experts, c’est une étape cruciale.

« La maternelle, ce sont les fondations de la maison, résume Manon Potvin, enseignante au préscolaire à l’école Saint-Joseph, à Montréal. On apprend aux enfants l’autonomie, la persévérance, le respect des règles et des consignes, on leur montre à se concentrer en leur donnant des trucs comme se mettre en position d’écoute quand l’enseignant explique une consigne… » Les efforts sont axés sur six compétences : affirmer sa personnalité, interagir de façon harmonieuse, communiquer, construire sa compréhension du monde, mener à terme un projet et agir sur le plan sensoriel et moteur. « D’expérience, je peux dire que la façon de réussir au préscolaire a une grande influence sur la suite de la scolarité des élèves. En décelant les éventuelles difficultés d’un enfant dès la maternelle, on peut intervenir rapidement et l’encadrer de manière adéquate dès le début de sa scolarité, ce qui augmente ses chances de succès », explique l’enseignante. Mais comment choisir l’école qui accompagnera le mieux notre enfant vers la réussite ?

Choix multiples
Au Québec, les parents peuvent inscrire leurs enfants dans l’école de leur choix, à condition de respecter les dispositions de la Charte de la langue française. Dans le réseau public, l’offre est vaste : écoles classiques, alternatives ou innovatrices (elles sont centrées sur le développement de chaque enfant et fonctionnent généralement sur le principe de la pédagogie de projets) ou à vocation particulière (musique, sciences, sport, programme international…). De plus, les parents peuvent opter pour l’école de leur quartier ou faire un « choix d’école » plus éloignée. À ces options s’ajoutent les écoles du réseau privé, confessionnelles ou non. Pour ajouter au casse-tête, chaque établissement propose un projet pédagogique distinct, des activités parascolaires spécifiques et un milieu de vie qui lui est propre… Difficile de prendre une décision !

« C’est important de choisir une école où le développement global, moteur et cognitif de l’enfant est stimulé par des approches variées comprenant par exemple des périodes de jeu libre et des activités extérieures, recommande France Capuano, professeure au Département d’éducation et formations spécialisées à l’UQAM. Ensuite, il faut que l’enfant baigne dans un environnement qui correspond au maximum aux valeurs de sa famille. » En effet, pour que la scolarité de l’enfant se passe le mieux possible et pour établir une relation basée sur la confiance avec l’école, les parents devront soutenir – et renforcer à la maison – les décisions pédagogiques de l’équipe éducative. Mieux vaut donc choisir une école avec laquelle on se sent sur la même longueur d’onde !

Bien s’informer
Pour être sûr que l’école choisie correspond bien à nos attentes, on peut consulter le site Web de l’établissement, se rendre aux portes ouvertes et en profiter pour poser des questions à l’équipe éducative. Le cadre est-il souple, rigide ? Le rythme d’apprentissage intense ou adapté à chaque enfant ? Les attentes sont-elles élevées ? Quelle implication l’école exige-t-elle des parents (les écoles alternatives sont plus contraignantes que les autres sur ce point)? Pour les écoles à vocation particulière, quelle place prendront les entraînements ou l’apprentissage de l’instrument dans l’emploi du temps de l’enfant par comparaison aux matières classiques ?

Toutefois, au-delà de nos aspirations, c’est surtout le caractère unique de chaque enfant qui devrait guider les parents. « Il est essentiel de se demander si on choisit telle école en fonction de notre propre goût ou de celui de notre enfant », insiste Josée Lambert-Chan, ancienne directrice d’écoles primaires et secondaires.

« Et quelles que soient les raisons qui les auront amenés à inscrire leur enfant dans un établissement plutôt qu’un autre, les parents devront accepter d’accorder toute leur confiance à l’équipe éducative pour permettre à leur petit de s’épanouir dans son nouvel environnement », souligne-t-elle. Tout ne sera peut-être pas parfait, mais si l’enfant se sent soutenu et accompagné par ses parents, ses chances de réussite seront renforcées.

Prêts pour  la maternelle !
« Le quart des enfants qui arrivent en maternelle ne sont pas bien préparés, constate France Capuano, professeure au Département d’éducation et formations spécialisées à l’UQAM. Plusieurs souffrent de retards moteurs ou d’apprentissage du langage, certains manquent de vocabulaire ou ont du mal à gérer leurs émotions, c’est-à-dire à exprimer ce qu’ils ressentent correctement. » Pour donner toutes les chances aux enfants de réussir et d’être à l’aise en arrivant en maternelle, les parents ont leur rôle à jouer. « Lorsqu’on leur apprend à nommer leurs émotions, à attendre leur tour, à partager les jeux au parc et à respecter certaines limites, on les aide à développer des habiletés sociales essentielles », dit-elle.

C’est en jouant avec eux qu’on les préparera le mieux à leur arrivée à l’école. « Avant tout, il s’agit de développer l’autonomie des enfants et de stimuler leur curiosité, affirme l’orthopédagogue Sophie Préville. Rien ne sert de s’acharner à apprendre à l’enfant l’alphabet ou les chiffres assis à une table, mais on peut glisser certaines notions en jouant, par exemple en comptant les pommes de terre dans son assiette… » Mme Préville insiste surtout sur l’importance de lire des histoires et de regarder des livres avec son enfant. « Ça permet de lui donner le goût de la lecture, d’enrichir son vocabulaire et de lui faire acquérir la structure du langage tout en l’habituant à la forme des lettres. »

Libre choix
Les familles ont le droit de demander à inscrire leur enfant dans une autre école publique que celle dont dépend leur quartier. Cela s’appelle faire un « choix d’école » ou un « libre choix ». Si l’école désignée a suffisamment de places, elle acceptera l’inscription, mais elle pourra revoir son choix chaque année en fonction du nombre d’élèves inscrits : si elle dépasse sa capacité, les premiers à être refusés seront ceux qui ne relèvent pas de cette école. La poursuite de la scolarité de l’enfant dans le même établissement peut donc être menacée chaque année.

5 questions à se poser avant de choisir une école
Suis-je prêt(e) à faire le taxi ?
Chaque année, pendant 200 jours, votre enfant devra se rendre à l’école et en revenir, matin et soir. « La distance entre l’école et la maison familiale (ou les lieux de vie des deux parents s’ils sont séparés) est un critère important, affirme Josée Lambert-Chan, ancienne directrice d’écoles primaires et secondaires. Le transport, c’est fatigant pour de jeunes enfants… et pour les parents ! » Et même s’il est possible d’inscrire votre enfant au service de transport scolaire, n’oubliez pas qu’en entrant à l’école, il développera sa propre vie sociale. Fêtes d’enfants, cours de soccer, après-midi de jeu chez les copains-copines, soirées pyjama, rencontres de travail pour les exposés oraux en équipe… C’est plus facile quand tout se passe aux alentours de la maison familiale.

Comment fonctionne le service de garde ?
Au-delà des heures de classe, l’école est un milieu de vie. L’organisation du service de garde peut être un critère très important pour guider votre choix. « Il faut s’informer sur les horaires et les activités proposées, demander si les repas peuvent être réchauffés, s’il y a une cafétéria, où mangent les enfants – dans une salle de classe, un gymnase, au service de garde ? –, comment se passent les journées pédagogiques… » conseille Josée Lambert-Chan.

Suis-je à l’aise avec le principe de sélection ?
Certaines écoles privées imposent un examen de sélection dès la maternelle. Quant aux écoles à vocation particulière et aux écoles innovatrices (ou « alternatives »), elles ont un nombre limité de places, ce qui implique forcément une sélection. « Il faut que les parents soient à l’aise avec ça et se demandent si leur enfant est capable d’encaisser un refus », rappelle Josée Lambert-Chan.

De quels services mon enfant va-t-il pouvoir profiter ?
Si votre enfant a un trouble d’apprentissage ou du comportement ou une difficulté passagère, il est particulièrement important de vous renseigner sur les services dont il pourra profiter au sein de l’école. Le psychologue, l’orthophoniste, l’ergothérapeute, les techniciens en éducation spécialisée (TES) y sont-ils présents assez souvent ? Les postes sont-ils pourvus ? À noter : une école située en milieu défavorisé ou comptant une grande proportion d’élèves allophones ne doit pas forcément faire fuir, car ce sont généralement celles qui offrent le plus de services de professionnels. Par exemple, les écoles qui comprennent des « classes de langage » ont plus de chances d’être mieux nanties en orthopédagogues, ergothérapeutes, psychologues, orthophonistes, etc.

Est-ce une bonne école ?
Qu’elles soient privées ou publiques, les écoles publient généralement des rapports annuels pour décrire les projets réalisés l’année précédente, lister les activités offertes (parascolaires, de rentrée ou pour marquer la fin de l’année scolaire) et détailler les résultats obtenus par leurs élèves. Accessibles sur Internet, ces documents sont intéressants à consulter pour en savoir plus sur le projet pédagogique de l’établissement, les priorités qu’il s’est fixées, les problèmes rencontrés, le nombre d’élèves, le taux de réussite, etc. Ils constituent surtout un meilleur moyen de se faire une opinion que les commentaires souvent divergents de tout un chacun !

Le journal La Presse a également établi un palmarès des écoles primaires publiques du Québec en fonction de leurs résultats aux examens de 6e année du Ministère.
Info : lapresse.ca/multimedias/palmares-des-ecoles-primaires-publiques

Source: Enfants Québec, février-mars 2016

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