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En famille avec Dominique Demers

Crédit: Nathalie Ferraris

Crédit: Nathalie Ferraris

L’été dernier, l’auteure Dominique Demers a invité notre journaliste Nathalie Ferraris à la rencontrer dans son chalet situé à Prévost, dans les Laurentides, et à faire la connaissance d’Élodie et Florence, ses petites-filles adorées. Nathalie Ferraris

J’admire Dominique Demers pour sa plume qui m’a fait vibrer plus d’une fois, et pour tout ce qu’elle a accompli en littérature jeunesse, mon domaine de prédilection. Je suis donc heureuse de la rencontrer à son chalet, un lieu qu’elle affectionne particulièrement et où elle aime écrire, nager en habit de plongée, contempler la nature et se détendre. À mon arrivée, un nain de jardin m’accueille. Il est couché par terre et lit un livre. Puis c’est au tour de Timothée le yorkshire de me souhaiter la bienvenue. Alertée par son chien, Dominique ouvre la porte. Souriante, elle me fait la bise et m’invite gentiment à entrer. Le chalet sent bon ; Dominique cuisine pour sa tribu. Alors qu’elle enfourne ses pacanes au miel, un écriteau sur une porte de chambre attire mon attention : « La lecture nuit gravement à l’ignorance. » Décidément, l’auteure affiche partout sa passion du livre !

Lire depuis l’enfance
Dominique et moi prenons place dans la véranda qui lui sert de bureau. Beau temps, mauvais temps, elle s’y installe pour écrire. Au moment où je la rencontre, elle scénarise Pour que tienne la terre. Après La mystérieuse mademoiselle C., L’incomparable mademoiselle C., Un hiver de tourmente et Maïna, ce roman constitue sa cinquième œuvre adaptée pour l’écran.

Rapidement, nous parlons de l’un de ses sujets préférés, la lecture. « Je suis née dans la petite ville de Hawkesbury, en Ontario, et quand j’étais enfant, la bibliothèque municipale était grande comme une armoire à balai. Petite, je n’avais donc pas accès à beaucoup de livres. Heureusement que ma grand-maman Flavi m’a raconté les contes de Perrault et d’Andersen, et La belle et la bête. Ma mère a aussi joué un grand rôle dans mon amour de la littérature. Si Flavi m’a fait goûter au bonheur d’une histoire racontée, maman m’a appris la puissance des mots. Elle était professeure de diction. Elle utilisait la poésie pour enseigner. Enfant, j’ai donc appris à réciter des poèmes. Mon préféré était Le pélican d’Alfred de Musset. J’étais émerveillée de découvrir que les mots pouvaient chanter et peindre. »

Cette passion pour les mots, elle s’est fixé l’objectif de la transmettre. Depuis qu’elle a publié son premier roman, Valentine picotée (éd. Québec Amérique), en 1991, Dominique fait des tournées dans les écoles. Elle affirme que la première a changé sa vie à tout jamais. Non seulement elle s’est sentie comme une star (Madonna, rien de moins !), mais elle s’est rendu compte qu’elle devait témoigner de la puissance des livres pour enfants et adolescents. « Les jeunes sont intenses et volubiles. Mais dès qu’on ouvre un livre, c’est le silence total. Ils plongent dans l’histoire qu’on leur raconte, ils deviennent tel ou tel personnage, ils vivent toute une gamme d’émotions. On ne peut minimiser l’impact qu’ont les mots dans leur vie. »

Une grand-mère et sa tribu
Enfant d’une famille de quatre, Dominique a toujours voulu une famille nombreuse. « Quand j’ai su que je n’allais pas avoir un quatrième enfant, j’ai commencé à remplir une armoire pour mes petits-enfants. Mon souhait de devenir grand-mère s’est réalisé il y a six ans, alors que je combattais un cancer. La veille de ma chirurgie, mon fils m’a dit : “Maman, j’ai quelque chose à te dire.” J’ai cru qu’il allait m’annoncer que ma chirurgie était encore une fois reportée. Quand il m’a soufflé à l’oreille que sa blonde était enceinte, j’ai ressenti une joie fulgurante ! La joie, c’est comme un buvard qui absorbe tous les malheurs. »

Alors que nous passons au salon, Dominique m’explique qu’elle adore son rôle de grand-mère car il lui permet de revivre l’un des plus grands bonheurs de sa maternité : raconter des histoires. « Comme je l’ai fait avec mes enfants, je fais la lecture à mes deux petites-filles, Élodie et Florence. Quand on se voit, on dévore à peu près cinq albums et on en discute. On classe ensuite les livres dans les catégories “bon”, “moyen” et “pourri”. »

Au moment où Dominique prononce cette phrase, la sonnette retentit. Élodie et Florence sont là, accompagnées de leur maman, avec en main des cadeaux pour leur grand-mère : des dessins d’arbres à fleurs et un bracelet de cheville. Les rires fusent, la bonne humeur est palpable. Les fillettes sont excitées car elles dormiront chez Dominique ce soir. Elles ont hâte d’enfiler leur maillot et de plonger dans le lac. Je leur demande si elles ont d’abord envie que leur grand-maman leur lise une histoire. « Oui ! » répondent-elles à l’unisson. Toutes les trois, elles s’installent sur le divan, au milieu des coussins. Dominique entame la lecture de son album Le printemps des elfes (éd. Dominique et compagnie). Florence et Élodie ont les yeux rivés sur les images et écoutent la voix douce de Dominique. Sur leur visage, je vois passer plusieurs émotions, dont la tristesse lorsque l’héroïne, Éliade, n’arrive pas à s’envoler, et la joie lorsqu’elle y parvient. Les fillettes applaudissent ce moment puis embrassent leur grand-mère. « On va dans l’eau maintenant ? »

À ce joyeux clan s’ajoutera bientôt un nouveau bébé. Ce sera un garçon et Dominique se fera une joie de lui lire toutes sortes d’histoires, ses classiques comme ses nouveautés, Le dragon qui mangeait des fesses de princesses et C’est l’histoire d’un ours (éd.Dominique et compagnie), où un ours en cage réussit à s’évader… grâce à l’imagination et à la lecture !

Naissance d’une écrivaine
Dominique a commencé à écrire à l’âge de 18 ans pour Vidéo-Presse, un magazine jeunesse d’intérêt général. Puis elle a collaboré pendant plus de 15 ans à L’actualité, Châtelaine et Le Devoir, où elle a fait des entrevues, des reportages et des critiques de livres pour enfants. Professeure en littérature jeunesse, c’est après avoir lu plus de 3000 albums pour enfants qu’elle a rédigé son premier ouvrage, La bibliothèque des enfants (réédité chez Québec Amérique), un répertoire critique des meilleurs albums et livres jeunesse du monde entier. Un jour, alors qu’elle accordait une entrevue à Lurelu à propos de son travail en littérature jeunesse, on lui a demandé : « Pourquoi vous n’écrivez pas de roman ? » « Jamais ! » a-t-elle répondu. « J’avais lu tellement de livres pour enfants que je ne voyais pas ce que je pouvais apporter à la littérature. De plus, j’étais tombée sur de véritables bijoux… et sur de moins bons livres ! Je ne savais pas où je me situerais si je tentais l’aventure de l’écriture. » Et pourtant ! En 1991 paraît Valentine picotée, couronné livre préféré au palmarès de l’année par l’organisme Communication-Jeunesse, qui lui décernera également par la suite un prix Coups de cœur. C’est pour consoler son fils Alexis que Dominique avait inventé cette histoire qu’elle racontait à sa marmaille : Alexis, Simon et Marie. Les enfants, alors âgés de 4, 6 et 8 ans et enchantés par l’histoire, ont poussé leur mère à l’écrire. « J’ai envoyé mon texte sous pseudonyme. Comme j’étais connue pour mes critiques littéraires, je ne voulais pas qu’on me publie à cause de ma renommée. J’ai accompagné le manuscrit d’une lettre disant que Valentine picotée était une création de l’un de mes étudiants. Quand j’ai su que le texte allait être publié, j’ai voulu garder mon pseudonyme. Mais lorsque mon éditeur m’a dit que je ne pourrais pas faire la tournée des écoles avec un pseudonyme, il m’a convaincue de signer sous mon vrai nom. » À ce jour, Dominique a écrit plus de 60 livres : des albums, des romans pour jeunes et pour adultes, et des livres pratiques.

Les favoris d’Élodie et Florence
Élodie, 4 ans, et Florence, 6 ans, adorent les livres de leur grand-mère. Parmi leurs préférés, elles mentionnent Le printemps des elfes. Florence l’apprécie car elle aimerait, tout comme l’héroïne Éliade, avoir des ailes. Élodie l’aime beaucoup car Éliade est une princesse. Elle chérit également Aujourd’hui, peut-être… (éd. Dominique et compagnie) parce que le personnage principal ressemble à une princesse. De son côté, Florence affectionne aussi Vieux Thomas et la petite fée (éd. Dominique et compagnie) et Lustucru, le loup qui pue (éd. Dominique et compagnie).

Nouveau
Le secret des dragons
Cet automne, le tome 4 de la série Le secret des dragons est publié aux éditions Dominique et compagnie. Dans le premier tome, Lili fête ses 12 ans. Tout le monde est présent pour son anniversaire, sauf son oncle Thibert. De plus, ce dernier lui offre un cadeau vraiment moche : une roche ! Mais est-ce vraiment une roche ? « L’origine de cette histoire vient d’un vrai fantasme, raconte Dominique Demers. À l’âge de 9 ans, je rêvais d’avoir un dragon qui sortirait d’un œuf ! »

Source: Enfants Québec, novembre 2015

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