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Grossesse et chirurgie esthétique

Crédit: Shutterstock

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Prête  pour un mommy makeover ?

Seins mous, vergetures, ventre flasque… De plus en plus de femmes ont recours à la chirurgie esthétique pour effacer les traces de leurs grossesses.  Julie Chaumont

Chaque jour, devant son miroir, Karine soupirait. Elle ne voyait que deux petits seins, à peine capables de combler le bonnet A de son nouveau soutien-gorge. L’allaitement de ses deux enfants lui avait gonflé le cœur… mais vidé la poitrine. En avril 2014, Karine décide de passer sous le bistouri. Avec un bonnet B désormais bien rempli, elle n’a aucun regret concernant son augmentation mammaire. « Je me sens mieux dans mon corps et ça a des répercussions positives dans notre intimité, à mon conjoint et moi », confie-t-elle.

Comme elle, de plus en plus de mamans ont recours à la chirurgie esthétique pour retrouver leur corps prébébé. « La demande est énorme », affirme le Dr Éric Bensimon, chirurgien plasticien et président de l’Association des spécialistes en chirurgie plastique et esthétique du Québec. Même son de cloche à la Clinique de chirurgie plastique et esthétique de la Cité, à Québec, où travaille la Dre Céline Roberge, également directrice du programme de chirurgie esthétique à l’Université Laval. « Ça fait 15 ans que je pratique et la tendance est à la hausse. Les mères qui veulent retrouver leur corps prégrossesse représentent environ le tiers de ma clientèle. »

Honnêtement, qui n’y a jamais pensé ?

Une chirurgie… ou deux, ou trois
Annie Sicard a subi une abdominoplastie en 2002. Elle avait 32 ans, trois enfants et pesait 140 livres (63,5 kg). Un surplus de peau sur le ventre et de nombreuses vergetures avaient résulté de sa deuxième grossesse, au cours de laquelle elle avait pris 45 livres (20 kg). « Magasiner des pantalons était devenu un enfer. Mon ventre tombant ne m’avantageait jamais. Je le détestais de toute mon âme », raconte-t-elle. Elle a emprunté sur l’hypothèque les 6 500 $ nécessaires pour l’opération, malgré les commentaires blessants de son entourage. « Une amie m’a dit : “Je ne comprends pas pourquoi ton chirurgien ne t’a pas dit de perdre du poids.” » Pourtant, une perte de poids n’aurait pas donné à Annie un ventre plat. « S’il y a beaucoup de vergetures et de peau molle, une femme a beau s’entraîner et avoir les abdominaux les plus solides au monde, la peau ne redeviendra jamais comme avant », explique le Dr Bensimon.

Chez nos voisins du sud, le terme mommy makeover est utilisé pour désigner les multiples interventions qu’une femme peut subir pour retrouver son corps prégrossesse. Augmentation mammaire, redrapage mammaire (avec ou sans prothèses), abdominoplastie (redrapage de l’abdomen) et liposuccion sont offerts en duo ou en trio. Ici, l’idée commence à faire son chemin. « C’est avantageux de combiner les chirurgies car il y a une seule convalescence et ça coûte moins cher. Cependant, je dis toujours à mes patientes que ce n’est pas juste l’argent qui compte. Il faut être prête, dans sa tête, à subir plusieurs opérations en même temps », affirme Céline Roberge.

Des attentes réalistes
Si elle peut parfois être salvatrice, la chirurgie esthétique n’est pas toujours la solution, prévient la psychologue Annie Aimé, professeure à l’Université du Québec en Outaouais. Dans le cadre de son travail chez Imavi, une clinique multidisciplinaire spécialisée notamment dans les troubles de l’image corporelle, elle a pu constater que certaines femmes ayant subi plusieurs chirurgies ne se sentaient pas mieux pour autant. « Une femme qui, au départ, se sentait bien dans sa peau, qui a aimé avoir des enfants, mais qui n’arrive pas à accepter son corps postgrossesse est sans doute une bonne candidate pour la chirurgie. C’est différent pour quelqu’un qui ne s’est jamais apprécié », dit-elle.

La consultation avec le chirurgien aide à remettre les pendules à l’heure. « Certaines femmes n’ont pas la physionomie pour ressembler aux photos qu’elles apportent dans mon bureau », souligne Céline Roberge, qui ne se gêne pas pour présenter des modèles plus réalistes à ses patientes.

Avant de passer sous le bistouri…
En aucun cas il ne s’agit d’un moyen d’éliminer les kilos en trop. D’ailleurs, il n’est pas rare qu’un chirurgien exige que sa patiente maigrisse avant de subir son opération. « C’est très rare qu’on accepte d’opérer une femme qui pèse 200 livres (91 kg). On va lui demander de perdre du poids avant de nous recontacter », précise la chirurgienne. Il est également préférable d’être certaine d’avoir terminé sa famille avant de passer sous le bistouri.

En plus d’avoir atteint son poids idéal, une femme qui désire une abdominoplastie, une augmentation mammaire ou un redrapage avec prothèses doit être non fumeuse depuis au moins un mois, mieux encore trois. « Une patiente qui fume a un risque de nécrose ou de mort des tissus beaucoup trop important. Le taux de complications est de plus de 50 % », explique la Dre Roberge, qui a déjà refusé une patiente couchée sur la table d’opération parce qu’elle sentait la cigarette.

Bien informée, chaque femme peut prendre une décision éclairée et décider jusqu’à quel point elle peut apprendre à accepter les marques qu’ont pu laisser ses grossesses. « Je n’ai pas besoin de seins mous, de vergetures ou de bedaine pendante pour me rappeler que j’ai porté la vie. J’ai ces signes dans la face tous les jours, ils sont présentement en train de courir », dit Karine. Même chose pour Annie : « J’ai eu des nausées et des douleurs. J’ai vécu pendant deux semaines dans mon La-Z-Boy et mon bas-ventre est demeuré insensible pendant plus d’un an. Malgré tout, je le referais n’importe quand. »

 

Comment trouver le bon chirurgien ?

  1.  Demander des références à son entourage.
  2.  Valider l’expérience du chirurgien sur les sites du Collège des médecins et de l’Association des spécialistes en chirurgie plastique et esthétique du Québec.
  3.  Rencontrer deux ou trois chirurgiens en consultation afin de mesurer le degré de confiance qui s’établit.

 

Les principales interventions postgrossesse

Abdominoplastie

Pour qui Celles qui ont un poids normal, mais un excès de peau flasque sur le ventre.

C’est quoi Par deux longues incisions (d’une hanche à l’autre et autour du nombril), l’excès de peau et de graisse dans la partie moyenne ou inférieure de l’abdomen est retiré, la musculature est resserrée et l’abdomen est rajeuni (les replis cutanés, cicatrices et vergetures sont diminués).

Durée de l’intervention 2 à 3 heures

Postchirurgie Un drain est mis en place pour quelques jours et le port d’une gaine élastique est obligatoire pendant quatre semaines afin de diminuer l’enflure et l’accumulation de liquide sous la peau. Selon la forme physique de la patiente, on compte de deux à quatre semaines pour la reprise des activités quotidiennes et le retour au travail.

Complications possibles Hématome (accumulation de sang sous la peau), sérome (accumulation de sérum sous la peau) et engourdissement de la peau. Un drainage peut être nécessaire pour évacuer les accumulations.

Coût 8 500 $ *

Résultat Un ventre plus plat… et de longues cicatrices. Bien qu’elles s’atténuent avec le temps et soient généralement cachées par la petite culotte ou le bas de bikini, elles ne disparaîtront jamais. Leur largeur, leur hauteur et leur couleur finales sont imprévisibles.

 

Redrapage mammaire ou mastopexie (avec ou sans implants)

Pour qui Celles qui désirent améliorer la forme et le tonus de leurs seins ou repositionner le mamelon.

C’est quoi Au moyen d’incisions (généralement trois), l’excédent de peau est enlevé, et le mamelon et l’aréole sont remontés. Cette intervention permet également de réduire la taille de l’aréole. Peut être accompagné d’une augmentation ou d’une réduction mammaire.

Durée de l’intervention 1 h 30

Postchirurgie Un soutien-gorge de compression doit être porté jour et nuit pendant quelques semaines. Le retour au travail est généralement possible après environ deux semaines. Les exercices qui demandent de la force physique doivent être évités pour au moins six semaines et on doit s’abstenir de pratiquer plusieurs sports (tennis, course à pied, etc.) pendant trois mois. Les ecchymoses disparaissent au bout de deux à trois semaines, alors que les incisions restent rouges pendant plusieurs mois et n’auront leur aspect définitif qu’après un an.

Complications possibles Outre les saignements, infections et réactions à l’anesthésie, les deux seins pourraient être de taille inégale, ou les aréoles à une hauteur différente. Il est également possible d’avoir une perte de sensation aux mamelons.

Coût 7 500 $ *. Avec implants : 10 000 $ *

Résultat Une poitrine avec du tonus, aux contours plus fermes.

 

Augmentation mammaire

Pour qui Celles qui désirent augmenter le volume et le tonus de leurs seins.

C’est quoi À l’aide d’implants d’eau saline stérile ou en gel de silicone, la taille des seins est restaurée ou augmentée. Les implants peuvent être placés sous le muscle pectoral ou entre le muscle et le tissu mammaire.

Durée de l’intervention 1 heure

Postchirurgie Le port d’un soutien-gorge de maintien est obligatoire jour et nuit pendant une à deux semaines. La reprise des activités et du travail se fait graduellement dans les jours et semaines suivant l’opération. Pas d’exercice ou d’efforts sportifs pendant six semaines. L’enflure peut durer plus d’un mois.

Complications possibles
En plus des infections et des réactions à l’anesthésie, un hématome (accumulation de sang) peut nécessiter un drainage chirurgical et des changements peuvent survenir dans la sensibilité des mamelons et des seins. Les implants peuvent également rendre l’interprétation des mammographies plus difficile.

À noter Vous devrez faire remplacer vos implants au moins une fois, peut-être plus, car ils se détériorent et se brisent avec le temps.

Coût 8 500 $ *

Résultat Une poitrine plus généreuse, d’aspect plus jeune.

* Les prix incluent les taxes et sont donnés à titre indicatif seulement. 

 

Source: Enfants Québec, octobre 2015

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