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Comment leur faire aimer… les maths

Crédit: Shutterstock

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Ah, les maths… matière mal-aimée par excellence ! Et si on domptait la bête en famille pour rendre les chiffres amusants ? Clémence Risler

Bonne nouvelle ! Les experts s’accordent pour dire que la bosse des maths n’existe pas. Pas besoin d’être un génie pour performer dans cette matière, l’amour des maths se construit une équation à la fois. Voici des conseils d’experts pour encourager votre enfant à faire fonctionner sa matière grise.

On a tous besoin des maths Faire l’épicerie, quitter la maison à la bonne heure pour un rendez-vous, planifier des rénovations d’envergure ou simplement préparer un gâteau… La maîtrise des chiffres s’avère essentielle au quotidien. Être organisé, pouvoir résoudre des problèmes de différentes natures, se questionner devant des embûches et aller au bout de ses projets, voilà des atouts fort appréciables, développés par ricochet grâce à… l’apprentissage des maths ! Car au-delà des additions et des soustractions, c’est tout un système logique qui se met en place.

Quand l’amour des maths devient une affaire de famille Mère de trois enfants âgés de 2 à 10 ans, et enseignante de mathématiques au cégep, Mélanie a toujours eu l’esprit tourné vers les sciences. « Mon père était chimiste et nous regardions religieusement Découverte le dimanche. Et du plus loin que je me souvienne, j’ai tou-jours été dans les premiers de classe en maths ! Mon plus vieux montre déjà un intérêt pour ces matières. Il est très attiré par tout ce qui est visualisation 3D. Il est déjà capable de dessiner des objets de différents points de vue. » Comment a-t-elle réussi à transmettre sa passion pour les défis de logique à son fils ? Elle croit que c’est grâce à l’approche par le jeu. « Et il est très important de varier les méthodes pour que les enfants ne se lassent pas, observe-t-elle. Je lui ai aussi acheté un petit cahier d’exercices de maths, et il s’amuse beaucoup à en faire, même sur une base tout à fait volontaire. »

Oui, ils sont capables ! L’orthopédagogue Myriam Gagnon croit qu’il n’est jamais trop tôt pour développer un rapport harmonieux avec les maths. Première étape : encourager l’autonomie des petits. « Aujourd’hui, l’enseignement des mathématiques mise sur le processus de résolution de pro-blèmes. Les enfants ont donc intérêt à apprendre très tôt à trouver des solutions par eux-mêmes et à aiguiser leur débrouillardise. Laissez-les explorer leur environnement sans toujours faire les choses pour eux. Par exemple, n’intervenez pas trop vite lorsque bébé a de la difficulté à insérer un bloc dans une cavité ou à faire un casse-tête. »

Apprendre en s’amusant
Des activités pour aiguiser le sens logique et apprendre à intégrer le calcul, il en existe des centaines. En voici quelques-unes :

Avec les petits

  1. Comptez les céréales au déjeuner, les fruits que vous mettez dans votre panier à l’épicerie, le nombre de brosses à dents dans la salle de bain…
  2. Explorez des concepts comme la reconnaissance des formes, la séquence (placer des objets du plus petit au plus grand), le jumelage (faire des associations « pareils/pas pareils ») ou la mesure (combien de fois entre cette chaussure dans la longueur du tapis).
  3.  Profitez des précieux alliés que sont les nombreuses comptines numériques (1, 2, 3, nous irons au bois) et les livres thématiques.
  4.  Amusez-vous avec des jeux de construction comme les blocs Lego.

Dès la maternelle, on adopte…

  1. Les jeux de société comme Monopoly, Mastermind, GoGetter, Camouflage, Serpents et échelles ainsi que les jeux de cartes ou de dés. Laissez les enfants faire le compte du pointage !
  2.  Les jeux de rôles comme le magasin où il faut fabriquer de l’argent et procéder à des transactions.
  3.  Le bricolage : les enfants doivent gérer la quantité de matériel pour arriver à leur but.
  4.  La cuisine : l’enfant doit lire la recette et mesurer les ingrédients. Pour un défi supplémentaire, doublez ou triplez la recette !

À l’école
Valoriser l’effort Puisque les mathématiques d’aujourd’hui mettent beaucoup plus l’accent sur la démarche que sur le résultat final, soit davantage sur le raisonnement que sur les techniques de calcul, il est important de valoriser l’effort, et pas seulement la réussite. Dans cet esprit, Élisabeth Boily, orthopédagogue pour l’entreprise de tutorat Math et mots monde (mmmonde.com), suggère de ne pas corriger l’enfant trop rapidement quand vous l’aidez à faire ses devoirs, mais plutôt de l’amener à se rendre compte par lui-même qu’il fait fausse route. Une bonne façon de le faire est de lui demander d’exprimer à haute voix ses réflexions.

Trois conseils d’une ancienne « nulle en maths »… devenue prof ! Geneviève Pellerin est enseignante au 3e cycle du primaire et a aussi été conseillère pédagogique en mathématiques. Enfant, ce n’était pourtant pas sa matière préférée ! C’est seulement à l’âge de 33 ans qu’elle a vaincu ses blocages par rapport aux chiffres et aux opérations, lorsqu’elle est retournée à l’université en vue de parfaire ses connaissances en pédagogie. Elle nous livre ses trucs pour que l’apprentissage de cette matière se déroule le mieux possible :

1. Respecter le rythme de l’enfant « Souvent, les parents veulent que leur enfant soit déjà à l’aise avec des concepts au moment où on va en parler en classe, mais ce n’est pas une bonne idée, car les choses ne seront pas expliquées de la même manière. Les maths d’aujourd’hui n’ont rien à voir avec celles du temps où nous étions sur les bancs d’école. L’enseignant pourra vous éclairer sur les épreuves de fin d’année et les acquis que l’enfant doit développer. »

2. Comprendre d’où viennent les blocages « Si votre enfant a de la difficulté en maths, il faut comprendre pourquoi. Il est possible que vous lui ayez inconsciemment transmis votre propre hantise de cette matière. En cas de difficulté à comprendre certaines notions, n’hésitez pas à tirer profit des ressources offertes par l’école, comme l’aide aux devoirs ou les services d’orthopédagogie. »

3. Aider l’enfant à développer ses propres techniques « Votre enfant a de la difficulté à apprendre ses tables de multiplication par cœur ? Vous pouvez l’aider à développer des petites stratégies qui lui permettront de raisonner autrement pour calculer. S’appuyer sur des images ou des objets à manipuler peut être la clé dans certains cas. La décomposition est une autre avenue à explorer : par exemple, si “7 x 8” pose problème, mais que “7 x 7” est bien mémorisé, l’enfant peut partir de ce résultat (7 x 7 = 49) et y additionner 7 pour trouver la bonne réponse. Il ne faut pas hésiter à jouer avec les nombres pour parvenir à cerner la meilleure approche pour lui. »

 

Les dangers de la réalité virtuelle   Le monde virtuel regorge de jeux permettant de jongler avec les chiffres. Si certaines applications pour téléphones et tablettes présentent du contenu de qualité, les spécialistes conseillent de ne les utiliser que de temps à autre, en complément à d’autres méthodes plus concrètes. « Les enfants qui connaissent des difficultés ont besoin que les concepts mathématiques soient concrètement transposés dans leur réalité, note l’orthophoniste Anne Lafay. Les jeux qui nécessitent de vraies manipulations, avec des bâtonnets, des jetons, des pièces de monnaie, ainsi que les bouliers apporteront un plus grand soutien. »

livre histoire sur dyscalculiteLa dyscalculie démystifiée  Aussi courante que la dyslexie, dont souffre 5 à 6 % de la population, la dyscalculie demeure toutefois méconnue. Ce trouble concerne les difficultés d’ordre neurologique à l’égard des chiffres et des calculs. Comme les dyslexiques, les dyscalculiques pourront parvenir à bien cheminer à l’école, puis en société, mais avec l’encadrement approprié. Selon les cas, cette aide pourra provenir d’un orthopédagogue, d’un ergothérapeute, d’un orthophoniste ou d’un neuropsychologue. Orthopho-niste de formation, Anne Lafay a fait paraître l’an dernier le livre Mathis n’aime pas les maths ! (éd. Dominique et compagnie), qui raconte la journée d’un jeune garçon dyscalculique. Il adore la lecture, mais dans sa tête les nombres se mélangent sans cesse. Grâce à beaucoup de persévérance et à quelques stratégies, il parviendra malgré tout à surmonter ses difficultés.

Source: Enfants Québec, septembre 2015

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