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Attention, peaux sensibles!

Crédit: Shutterstock

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Crèmes, shampoings et savons pour enfants… quels sont les ingrédients à surveiller pour protéger la peau des enfants? Frédérique David

« Sans parabènes », « hypoallergénique », « pour peau sensible »… Les indications abondent sur les crèmes, les shampoings et les savons pour enfants… Mais peut-on s’y fier ? Au cours des dernières années, plusieurs études et reportages ont montré du doigt des produits hygiéniques destinés aux enfants en raison de leur toxicité. Par exemple, on a découvert dans de nombreux produits de toilette pour bébés du formaldéhyde (dérivé du formol), une substance considérée comme un agent cancérigène par le Centre international de recherche sur le cancer, et pourtant tolérée dans les produits cosmétiques. Comment est-ce possible ?

« Avant qu’un produit cosmétique soit mis sur le marché en Europe, il doit faire l’objet de tests cliniques et de tests de toxicité. Ce n’est pas le cas au Canada », déplore Mikaela Teris, chimiste et cosmétologue à MNK Recherches, un laboratoire privé qui œuvre dans le domaine de la recherche et développement de formulations. Contrairement aux produits naturels et aux médicaments, qui ont besoin de l’approbation de Santé Canada pour être vendus sur le marché, les fabricants et exportateurs de produits cosmétiques doivent seulement fournir la liste des ingrédients que contient leur produit dans les 10 jours suivant le début de sa mise en vente. Seule exception, les crèmes solaires, qui sont soumises aux mêmes règles que les médicaments.

« La réglementation en vigueur au Canada n’est pas assez sévère pour encadrer cet énorme secteur d’activité », estime Réjean Lemay, pharmacien et chargé de cours à la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal. En outre, il s’inquiète des nombreuses zones grises de la législation canadienne en ce qui concerne l’étiquetage, également moins réglementé qu’en Europe. « On ne peut pas savoir la quantité exacte des ingrédients des formules en lisant les étiquettes », constate-t-il.

Formule enfants ?
Sur les tablettes, les consommateurs ont accès à un très grand nombre de produits « pour enfants ». Mais selon les deux experts, si on se fie à leur composition chimique, peu d’entre eux sont réellement adaptés à leur peau délicate, qui requiert des soins spécifiques. « La peau d’un enfant n’est pas aussi mature que celle d’un adulte et elle est plus mince, ce qui la rend plus sensible aux produits et aux agressions extérieures, explique Réjean Lemay. Il faut être prudent, particulièrement avec les bébés et les jeunes enfants. »

Inutile de se fier aux indications des emballages qui promettent des formules « plus douces » ou spécialement conçues pour les enfants, car ces précisions relèvent du marketing. « Ce n’est pas parce qu’un produit est sur une tablette de pharmacie qu’il est sécuritaire pour un enfant, prévient Réjean Lemay. La qualité d’un produit ne dépend pas non plus de son coût, ni de sa marque. Il faut bien comprendre que le risque zéro n’existe pas ; l’enfant peut développer une allergie de contact avec n’importe quel produit. »

Aux nombreux parents qui associent la liste des ingrédients d’un produit à un casse-tête chinois, le pharmacien rappelle que la meilleure façon de s’y retrouver est de demander conseil à un professionnel de la santé. « Et quand vous utilisez un nouveau produit, mieux vaut toujours le tester en appliquant une petite quantité au creux du poignet de l’enfant. Faites attention, les ingrédients peuvent changer d’une année à l’autre dans un même produit », mentionne-t-il.

Voici quelques recommandations pour limiter les risques quand vous choisissez un produit dermo-cosmétique :

Méfiez-vous des produits ayant une longue liste d’ingrédients
Shampoings, bains moussants, gels douches, crèmes et autres nettoyants sont composés d’un certain nombre d’ingrédients actifs. Il s’agit de produits chimiques aux rôles variés : mouillant, nettoyant, moussant, dispersant, émulsionnant ou détergent… « Ils peuvent toutefois être irritants pour la peau, particulièrement pour ceux qui sont affectés par la dermatite atopique, communément appelée eczéma », souligne Réjean Lemay. Il recommande donc de choisir des produits qui en contiennent moins, pour limiter les risques.

Choisissez des formules sans parfum, sans alcool et sans huiles essentielles
Les parfums peuvent déclencher des allergies et de l’asthme. « Ils ne sont pas toujours indiqués sur le produit, précise le pharmacien. Et ce ne sont pas nécessairement les mots fragrance ou parfum qui sont utilisés sur l’étiquette, mais d’au-tres termes plus difficiles à identifier pour le consommateur. Par contre, on sent leur présence quand on ouvre le pot ! »

Les produits à base d’alcool sont à bannir puisque cet ingrédient peut assécher et irriter la peau. « Attention aux crèmes solaires sous forme de vaporisateur, avertit Réjean Lemay. Elles contiennent parfois de l’alcool. »

Les experts recommandent également de choisir des produits sans huiles essentielles. « Beaucoup de gens y sont allergiques, met en garde Mikaela Teris. Ce n’est pas parce que c’est naturel que c’est forcément bon ! »

Privilégiez les crèmes hydratantes à base de céramides
L’hydratation de la peau est conseillée à tout âge, car l’eau contient du chlore qui a tendance à assécher l’épiderme. « On peut hydrater la peau dès les premiers jours de vie », mentionne la Dre Danielle Marcoux, dermatologue à l’Hôpital Sainte-Justine et professeure à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal. La peau des enfants atteints de dermatite atopique ou de ceux qui ont la peau sèche contient moins de céramides. Il s’agit de composants essentiels de la couche externe de l’épiderme qui aident à préserver l’hydratation. «C’est pourquoi il est préférable de choisir une crème hydratante à base de céramides d’origine végétale ou synthétique pour les enfants », conseille Réjean Lemay.

Mythe ou réalité ?
Il faut choisir des produits sans agents de conservation
FAUX. « Sans agents de conservation, un pot ou un tube de crème ouvert va se désagréger et se contaminer plus rapidement, ce qui peut provoquer des infections fongiques. Il faut donc le jeter un mois après l’ouverture, ce que peu de gens font ! » mentionne le pharmacien Réjean Lemay. Parmi les agents de conservation les plus fréquemment utilisés en cosmétique, les parabènes ont suscité la controverse ces dernières années. S’ils sont présents naturellement (en faible concentration) dans certains aliments comme l’orge, les fraises ou les oignons, ceux qui sont utilisés dans les produits de beauté sont issus de préparations synthétiques dérivées de la pétrochimie. La législation européenne limite désormais la concentration de parabènes dans les produits de beauté, mais ce n’est pas le cas au Canada, aucune étude n’ayant pu prouver formellement qu’ils présentaient un réel danger pour les êtres humains.

L’indication « hypoallergénique » est un gage de sécurité
VRAI ET FAUX. « Lorsque la mention “hypoallergénique” est indiquée sur un produit, cela signifie qu’il y a moins de risques d’allergie, mais cela ne veut pas dire que le risque est nul, précise Réjean Lemay. L’enfant peut être allergique à l’iode, au collagène ou à la vitamine E, par exemple. »

Il faut privilégier les ingrédients naturels
FAUX. « Les produits naturels ne sont pas meilleurs pour la santé, affirme Réjean Lemay. Certains, comme le beurre de karité ou la cire d’abeille, sont de bons émollients. D’autres produits naturels d’origine animale, comme l’huile d’émeu ou la lanoline (un dérivé de la laine du mouton), sont souvent allergisants. Ce n’est pas non plus parce qu’un produit est bio qu’il est fiable à 100 %. »

 

logo dermatologueLe logo de l’ACD L’emballage de certains produits dermatologiques est orné du logo de l’Association canadienne de dermatologie (ACD). La présence du logo signifie que ces produits sont sans parfums, présentent un faible risque d’irritation et ne contiennent aucun des allergènes les plus courants. « La liste des ingrédients et les tests faits sur ces produits ont été revus et approuvés par des dermatologues », précise la Dre Danielle Marcoux. Cette évaluation n’est pas obligatoire ; ce sont les fabricants qui la demandent. En cas d’approbation, ils doivent verser une contribution pour afficher le logo de l’ACD sur leurs produits.

 

 

 

Source: Enfants Québec, juillet-août 2015

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Mira

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