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Activités parascolaires: un peu, à la folie, pas du tout ?

Crédit: Shutterstock

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Après leurs journées à l’école ou à la garderie, de nombreux enfants enchaînent avec une ou plusieurs activités parascolaires. Est-ce bénéfique ?

Zoé, 6 ans, suit des cours de gymnastique et de natation une fois par semaine depuis l’âge de 6 mois. L’an passé, sa maman l’a inscrite à l’initiation au violon, instrument pour lequel elle a développé une véritable passion. Cette année, elle aimerait également commencer le karaté et s’inscrire à un stage de hockey. Cette élève de 1re année en fait-elle trop ?

Professeure agréée en psychoéducation à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval, Anne-Sophie Denault mène des recherches sur l’impact des activités parascolaires sur la réussite scolaire et sociale des élèves. Elle a pu observer que les jeunes qui y prennent part sur une base volontaire développent de meilleures habiletés relationnelles, obtiennent de meilleurs résultats scolaires et ont moins de problèmes de comportement. « Certes, ce sont des activités encadrées où les apprentissages occupent une place importante, mais contrairement à l’école, elles se déroulent dans un contexte ludique. Et cela s’avère très bénéfique pour les jeunes participants. Pendant qu’ils s’amusent, ils sont appelés à faire des efforts, à respecter des règles ou à travailler en équipe », relate-t-elle.

Psychoéducatrice au Centre intégré de santé et de ser-vices sociaux de la Montérégie-Centre, Nicole Savard a elle aussi plusieurs bons mots pour les activités se déroulant hors du cadre scolaire ou de la garderie. « Les enfants retirent des avantages de ces occupations au même titre que les adultes. Ça nous fait le plus grand bien d’avoir des activités en dehors de la maison et du travail ! » Pour un jeune qui éprouve des difficultés à l’école, pratiquer une activité dans laquelle il se sent compétent peut même augmenter son estime de soi, selon l’ex-perte. «En ayant un sentiment de réus-site, il se sentira valorisé. La confiance qu’il acquiert alors peut avoir des répercussions favorables à l’école.»

Un équilibre délicat
Le secret du succès demeure cependant le plaisir. « Il existe une minorité d’enfants pour qui la pratique intensive d’une discipline est une source d’épanouissement, reconnaît Nicole Malenfant, professeure en éducation à l’enfance au Cégep Édouard-Montpetit. Mais il faut que le désir de performance vienne d’eux-mêmes et non d’une pression parentale. Les activités parascolaires devraient d’a-bord et avant tout servir à décrocher, et non à performer. Si l’enfant perçoit ces activités comme des obligations au même titre que l’école, son intérêt risque fortement de s’émousser. »

Nicole Savard invite les parents à ne pas négliger les bienfaits du temps libre. « L’en-fant doit aussi profiter de temps pour goûter à une cer-taine liberté : pour être avec ses amis, pour jouer dehors et aussi pour se retrouver seul et laisser son esprit vagabonder, dit-elle. C’est de cette façon qu’il développera sa créativité et sa débrouillardise. Cela ne signifie pas qu’il faut toujours les laisser à eux-mêmes, seulement qu’un encadrement constant n’est pas souhaitable. »

Pour atteindre cet équilibre, il n’y a pas de formule ni de vérité absolue, selon les expertes interrogées. Alors que certains enfants seront heureux et épanouis sans suivre de cours, d’autres trouveront au contraire leur bonheur en multipliant les heures d’activités hors de la maison.

Faire les bons choix
Quand les enfants sont très jeunes, les parents peuvent les guider dans l’exploration de leurs intérêts. Avant d’inscrire un enfant à des cours, Nicole Savard conseille de multiplier les expériences (aller à la piscine, jouer au soccer dans le parc, prendre part à un atelier ponctuel de musique, etc.). « Le but est d’essayer plein de choses avec l’enfant pour s’amuser et observer ce qui l’intéresse. À partir de 5 ou 6 ans, il sera en mesure d’exprimer ses envies. »

Si on constate que son enfant n’est pas vraiment emballé par une activité, ou que celle-ci semble lui procurer plus de soucis que de plaisir, il faut d’abord tenter de comprendre pourquoi. La clé est de rester à l’écoute. « Il se peut que ce soit la nature de l’activité qui lui déplaise, avance Mme Savard, mais le problème réside peut-être aussi dans une mésentente avec un autre enfant, un mauvais encadrement des instructeurs ou une plage horaire qui ne lui convient pas. On devrait toujours donner le droit à l’enfant de décider s’il veut ou non poursuivre une activité. Il est toutefois préférable de tenter de lui faire terminer la session en cours, question de lui apprendre que lorsqu’on entame quelque chose, il faut aller jusqu’au bout. »

Pas de presse ! Difficile de résister aux comparaisons et à l’esprit de compétition qui règne dans le monde de la parentalité. Que mon enfant n’ait pas encore suivi de cours de natation à 6 ans signifie-t-il qu’il a manqué le bateau ? Il est vrai que certaines disciplines, comme la gymnastique de compétition, requièrent un entraînement hâtif. Toutefois, plusieurs professeurs assurent qu’il n’y a pas d’âge pour plonger dans la pratique de nouvelles disciplines, et que même les adultes ne devraient pas hésiter à s’y lancer, surtout lorsque la perspective est purement récréative. « Même si le cerveau humain est plus réceptif en bas âge pour certains apprentissages, comme celui de la musique, cela ne veut pas dire qu’il sera ensuite trop tard, explique Nicole Malenfant, professeure en éducation à l’enfance et musicienne de formation. Un enfant très motivé à s’initier à la musique à 9 ans sera beaucoup plus apte à se discipliner pour les répétitions et beaucoup plus autonome qu’un enfant de 5 ans. »

Source: Enfants Québec, septembre 2015

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