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Accueillir un chien Mira

Crédit: Album personnel

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Grande passionnée d’animaux, Christine Greusard a décidé de s’impliquer auprès de la Fondation Mira avec son mari, Daniel et leurs enfants, Mia et Adam. En 2012, ils se sont occupés de Sari, futur chien-guide.

Christine Greusard a été interpellée par la mission de la Fondation Mira dès sa création au début des années 1980. Elle a toujours souhaité s’impliquer pour la cause. Mais c’est seulement plusieurs années plus tard qu’elle et sa famille se sont portées volontaires pour accueillir des chiots. En 2012, quand Sari est entré dans la vie de Christine, de son mari Daniel et de leurs enfants Mia et Adam, alors âgés de 10 et 11 ans, le clan en était à sa quatrième expérience comme famille d’accueil. Alors qu’ils auraient pu baisser les bras, ils ont plutôt fait preuve de persévérance en se lançant à nouveau dans l’aventure. « L’issue de la démarche n’est pas toujours heureuse, indique Mme Greusard. Dans notre cas, les deux premiers chiens, Papou et Forêt, n’avaient pas le caractère pour se qualifier à l’évaluation de Mira, et Azala, la petite femelle que nous avons hébergée ensuite, est décédée à 5 mois, à la suite d’une chirurgie. » Lorsqu’un chien échoue aux tests de classement, Mira offre en priorité à la famille d’accueil de l’acheter ; c’est ce que Christine a fait avec Forêt.

Un compagnon de passage
Quand Sari, un petit labernois (un croisement entre le labrador et le bouvier bernois), s’est joint à la famille qui partageait déjà son toit avec trois chiens (Faye et Tchad, deux épagneuls français, et Forêt), il n’avait que 9 semaines. C’est dire à quel point la boule de poils était mignonne ! Malgré cela, Mia et Adam n’ont d’abord pas vu d’un très bon œil l’arrivée d’un chien supplémentaire. Celle-ci rimait surtout avec encore plus de responsabilités, eux qui avaient déjà le mandat de nourrir les animaux, de veiller à ce qu’ils aient toujours de l’eau et de les sortir pour leur faire faire leurs besoins. Mais le découragement a vite fait place à l’enchantement. « Ils ont rapidement pris plaisir à la présence de Sari, un chien absolument charmant. Quand leurs amis venaient à la maison, ils s’intéressaient au fait qu’on avait un chien Mira. Ils nous posaient beaucoup de questions. Mes enfants ont donc réalisé que c’était cool et en étaient bien fiers ! »

En plus d’apprendre au chien les commandes de base et la propreté, l’une des obligations de la famille d’accueil consiste à l’exposer au plus grand nombre de situations possible. Ainsi, durant 15 mois, Sari a été de toutes les sorties familiales, que ce soit au centre commercial, dans les transports en commun, au cinéma ou à l’épicerie. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’un chien portant un foulard rouge de la Fondation Mira attire l’attention. « Au début, je devais sans cesse rappeler aux enfants de faire preuve de patience, car les gens nous arrêtaient, nous interrogeaient et voulaient toucher le chien. Rapidement, ils ont commencé d’eux-mêmes à leur expliquer pourquoi on s’occupait de ce chien et ce que cela impliquait. Une fois, nous étions dans un petit restaurant et un homme a dit à mes enfants que ce n’était pas un endroit approprié pour un chien. Mon fils m’a beaucoup impressionnée, car spontanément, il lui a tenu tête en défendant très bien notre cause. »

Dire au revoir
L’adage « toute bonne chose a une fin » s’applique particulièrement bien à la réalité des familles d’accueil. Car au terme du processus, les chiens quittent leur foyer temporaire pour entamer un entraînement qui leur permettra de venir en aide à leur futur maître. « Quand j’ai annoncé aux enfants que Sari allait nous quitter, ils ont eu de la peine, mais ç’a été beaucoup plus difficile pour moi, raconte Christine Greusard. Je me rappellerai toujours les derniers instants ; je l’ai regardé dans les yeux et je lui ai dit : “Travaille bien, mon garçon.” Je lui ai donné un gros bec et j’ai déposé sa laisse dans la main de l’entraîneur. Je savais que c’était fini. »

Sari à l’œuvre
Trois ans après en avoir fait la demande auprès de Mira, les parents de Lorik ont pu offrir à leur fils le plus beau des cadeaux : la présence bienveillante de Sari. Voilà donc un peu plus d’un an que le chien ne quitte pas d’une semelle son maître de 8 ans, atteint d’un trouble envahissant du développement et de troubles adjacents d’anxiété, d’opposition, de déficit d’attention et d’hyperactivité. « Ça a complètement transformé sa vie, explique Marie-Claude, sa mère. Dès la première rencontre, ç’a été l’amour avec un grand A entre les deux. Grâce à Sari, Lorik n’a plus peur d’aller se coucher, il est beaucoup moins angoissé lorsqu’il est en société et il prend même sa douche seul, ce qu’il n’avait jamais accepté de faire auparavant. » En plus de lui procurer de la confiance, le valeureux toutou est capable de sentir l’arrivée imminente des crises de Lorik et d’en aviser ses parents.

La mission de Mira
La Fondation Mira fournit gratuitement des chiens-guides à des personnes souffrant de déficiences visuelles ou motrices et à des enfants atteints de troubles envahissants du développement, dont l’autisme. L’objectif : accroître leur autonomie tout en répondant à leurs besoins en adaptation et en réadaptation. Pendant leurs premiers mois de vie, les chiots de la Fondation sont accueillis par des familles qui les élèvent et les soignent avant qu’ils soient en âge de commencer leur entraînement de chien-guide. Un défi à double tranchant : d’un côté, il y a le plaisir d’élever un joli toutou, mais de l’autre, il faudra un jour savoir s’en détacher. Info : mira.ca

Clémence Risler  

Source: Enfants Québec, juillet-août 2015

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