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J’ai testé… La course à pied en famille

Crédit: Nathalie Côté

Crédit: Nathalie Côté

Comment nous sommes passés de 0 à 5 km en 3 mois
Inspirés par leur père, qui venait de faire un marathon, ma fille de 7 ans et mon fils de 8 ans ont exprimé le désir de prendre part à des courses. Leur but ? Avoir une médaille (de participation !) autour du cou… J’ai profité de leur enthousiasme pour commencer un entraînement avec eux. Nathalie Côté

La première fois que nous sommes sortis courir, j’ai choisi de suivre le rythme naturel des enfants. Notre seul objectif était de nous amuser ! Et le plaisir me semblait incompatible avec un programme d’entraînement précis. Premier constat : bien qu’à peine un an le séparait de sa sœur, mon fils était de loin le plus rapide. Je devais calmer ses ardeurs et encourager la plus jeune. Nous avons donc convenu qu’ils s’entraîneraient séparément. Deuxième constat : comme tous les petits, ils avaient tendance à s’élancer comme des fusées… pour être complètement essoufflés au bout de quelques mètres ! J’ai dû les inciter à se retenir un peu afin de pouvoir courir plus longtemps.

Par la suite, afin de motiver mes enfants, je leur ai laissé le maximum de liberté dans l’organisation de leurs entraînements. Ce sont eux qui décidaient du trajet à emprunter, tant que leurs choix étaient raisonnables. J’essayais néanmoins de les convaincre de demeurer à proximité des parcs. Nous pouvions ainsi boire aux fontaines plutôt que de traîner des bouteilles d’eau. C’était souvent l’occasion d’une bonne détente, car nous en profitions pour nous arroser ! Cette petite pause était généralement la bienvenue. D’ailleurs, de courtes périodes de marche entrecoupaient régulièrement notre course, surtout au début. Mais plus les jours passaient, moins elles étaient nécessaires.

Avant chaque départ, mon fils analysait son parcours sérieusement et tentait d’en estimer la distance et la durée – ce qui ne l’a pas empêché de s’arrêter une fois au milieu d’un entraînement pour jouer avec des amis rencontrés en chemin ! Sa sœur et lui sont devenus accros à l’application RunKeeper, dont la voix féminine, au long de la course, nous informait du trajet parcouru et de notre rythme. Tout pour plaire à mes jeunes branchés !

Dans les premiers temps, j’envisageais de courir avec mes enfants tous les deux jours. Mais plusieurs obstacles se sont dressés sur notre route : pluie, canicule, vacances, conflits d’ho-raires… et repas trop copieux. En effet, s’entraîner après avoir avalé une bonne assiette de côtes levées, c’est une mauvaise idée. Point de côté assuré ! Le jour où nous avons commis cette erreur, ma fille et moi sommes revenues en riant de notre déconfiture (et en marchant). La motivation faisait également défaut par moments. J’ai parfois dû promettre que nous terminerions la séance d’entraînement dans les jeux, au parc, ou encore au bar laitier. À l’occasion, j’ai aussi laissé tomber, tout simplement.

À vos marques !
Nous nous sommes enfin inscrits à une « vraie » course. Un événement annuel où l’objectif était de courir ou de marcher pendant 20 minutes. Nous avons opté pour le trajet de 2,5 km. Pas de médailles pour les vainqueurs, mais des casquettes gratuites pour les participants. Mes enfants étaient très excités. Et ils n’étaient pas les seuls, les familles étaient nombreuses. Des petits d’à peine 4 ans se préparaient à courir, leur couvre-chef neuf vissé sur la tête. Une musique entraînante jouait à tue-tête, et l’ambiance était à la fête. Le seul hic : la chaleur. Le thermomètre indiquait 28 °C. Avec l’humidité, la température ressentie atteignait 38 °C. On suait avant même d’avoir commencé.

C’est au son d’une puissante sirène que la course s’est mise en branle. Mademoiselle était avec moi, alors que Fiston était avec son père. Ma petite athlète avait de la difficulté à supporter la chaleur. Elle s’arrêtait pour boire tous les 200 mètres. Sur le parcours, policiers et bénévoles l’applaudissaient et lui criaient des mots d’encouragement. Elle avait les joues rougies par l’effort, se plaignait de la température, mais elle a persévéré. Nous avons fini le trajet en 24 minutes, et c’est avec une grande fierté qu’elle a franchi le fil d’arrivée. Mon fils, lui, motivé par la présence d’autres coureurs, allait plus vite que jamais malgré la chaleur suffocante. Il a fait la distance en 17 minutes à peine ! Il claironnait, à l’usage de qui voulait l’entendre, qu’il aurait été capable de courir encore bien plus longtemps !

Défi 5 km
Encouragés par le succès de cette première expérience, nous avons décidé de récidiver… en mettant la barre plus haut. Nos petits champions parviendraient-ils à courir 5 km ? Au début de l’aventure, j’aurais trouvé cette distance in-sensée. Mais après quelques semaines d’entraînement, l’objectif me semblait tout à fait réalisable. Pour notre deuxième course, la température a été agréable, et l’ambiance, survoltée. Des centaines de participants s’entassaient derrière la ligne de départ. Nous avons égrené les dernières secondes en chœur, puis nous nous sommes mis à avancer doucement. Les enfants étaient très impressionnés.

Nous avions toutefois sous-estimé l’importance des côtes du parcours. C’était tout un défi pour notre famille habituée à courir sur le plat. De fait, après 2 km, ma fille a commencé à se démotiver. Elle geignait, et a même évoqué la possibilité de tout abandonner. J’ai tenté de lui remonter le moral de mon mieux. C’est seulement vers le milieu de la course qu’elle a finalement retrouvé sa bonne humeur. Une amitié spontanée entre elle et une fillette rencontrée au point d’eau n’y était sans doute pas étrangère. Les encouragements de la foule de plus en plus nombreuse ont probablement eu un effet également.

Malgré le niveau de difficulté, mes enfants ont battu leurs records personnels respectifs : 33 minutes pour Fiston et 40 minutes pour Mademoiselle ! Une fois franchie la ligne d’arrivée, des bénévoles nous attendaient pour nous passer une médaille autour du cou. Les petits étaient très fiers d’eux… et nous aussi !

Mon bilan
Notre fils a vraiment eu la piqûre de la course. Il s’est d’ailleurs inscrit au club de son école. Il rêve de marathons, mais il devra attendre d’être un peu (beaucoup !) plus grand. Sa sœur, elle, a plutôt choisi un autre sport. Au total, l’expérience a été positive. Avec un entraînement plus rigoureux et davantage de discipline, nous aurions sans doute réalisé de meilleures performances. Mais aurions-nous eu autant de plaisir ? J’en doute. Je suis heureuse que mes enfants aient découvert les vertus de l’effort et de la persévérance. C’était parfois difficile, mais ils ont continué. C’est une magnifique leçon de vie.

Source: Enfants Québec, juillet-août 2015

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