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Choisir la vie

Sophie Gosselin_petiteLa deuxième fois que je suis devenue maman, c’est qu’à choisir entre la vie et la mort, j’ai opté pour la première des deux options. J’ai choisi d’avoir mon enfant toute seule. Sophie Gosselin

J’ai choisi la vie même si mon conjoint des huit dernières années, le papa de notre merveilleux garçon de 3 ans et demi, a décidé de me quitter pour une autre femme âgée de 10 ans de moins que moi. Alors que mon ventre était rond de 5 mois déjà.

Ce n’est pas ma vie que je remettais en question. C’est celle du bébé que je portais que je mettais en doute. Parce qu’à bien y penser, ce n’est pas un bébé que je désirais, mais une famille. Et cette option n’existait plus pour moi. Lorsque les repères s’écroulent, que le phare s’éteint et que plus rien ne tient, respirer devient difficile. Penser clairement encore plus.

Lorsqu’une amie m’a demandé ce que je ferais si le père de mon enfant était mort plutôt que parti, j’ai réalisé que de choisir l’avortement ne punirait personne d’autre que moi. Et s’il y a bien une chose dont je n’avais pas besoin à ce moment de ma vie, c’était bien d’une seconde punition. Je savais qu’ouvrir la porte à la mort serait le début d’une longue série de pentes descendantes, tout aussi effrayantes que le fait d’avoir un second enfant seule. C’est donc terrorisée face à l’avenir que j’ai laissé la vie entrer à nouveau dans la mienne.

J’ai préféré espérer que le futur pourrait sans doute devenir à nouveau agréable. Je suis allée acheter des petits pyjamas. Parce que mon bébé avait besoin de sentir qu’il était attendu. Désiré. Voulu. Espéré. J’ai mis ma peine dans un petit tiroir en espérant que bébé ne souffrirait pas trop de mes effondrements. Parce que couchée en petite boule sur le plancher à pleurer sa vie, ce n’est pas nécessairement le monde émotif que l’on souhaite pour faire grandir un enfant en son sein. Mon choix imposait dorénavant que je marche droit, assumée, fière et forte.

J’ai bien été entourée durant ma grossesse. Il m’était difficile de prendre la décision de qui serait la meilleure personne pour m’accompagner lors de mon accouchement. Parce que rendu là, j’étais seule, j’ai décidé d’accoucher toute seule, sans proche à qui faire plaisir, ou d’autres à décevoir. J’ai engagé une accompagnante à la naissance pour me préparer à vivre cette aventure.

Mes contractions ont débuté à 21h20, un jour avant ma date prévue d’accouchement. J’étais prête à délivrer ce petit être de son cocon tout chaud, parce que mon cœur et ma maison l’attendaient impatiemment. J’ai attendu 5 heures en silence que les contractions arrivent aux 5 minutes avant d’appeler mon accompagnante, Marie-Josée.

Elle m’a conduite à l’hôpital et m’a aidé à apprivoiser mon corps en perte de contrôle. C’est grâce à elle que j’ai affronté, une à une, les contractions qui tranquillement me préparaient à ouvrir la voie à mon petit bébé. Pas une fois je n’ai douté de mes capacités à mettre cet enfant au monde sans épidurale. Parce que j’avais besoin d’aller jusqu’au bout de moi pour ne plus douter de mes forces.

Il est arrivé à 8h50 du matin. Une petite boule de soie. Une petite boule de moi. De nous. Parce que je n’ai peut-être pas choisi d’être séparée, mais j’avais choisi l’homme qui allait être son papa. Et que je le veuille ou non, il fera toujours parti de ma vie.

Je veux me remercier d’avoir choisi la vie. Parce que la vie ça guérit tout. Tranquillement. Mais sûrement. Merci à mes fils, Clément et Jules.

 

Commentaires

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3 commentaires

Marie-Claude

Quel beau témoignage ma belle Sophie! Tu es une femme extraordinaire, je suis fière de toi, NOUS sommes fiers de toi! xxx

Yvonne

Bonjour Sophie. J’ai lu avec attention et émotion votre histoire. J’ai ressenti un « déjà vu » que j’ai vécu voilà presque 23 ans. J’allais quitter mon conjoint quand j’ai découvert que j’attendais….des jumelles! J’ai déménagé un mois avant l’accouchement pour pouvoir accoucher dans la paix et la joie. Ce fut un choix difficile….que je n’ai jamais regretté, même apès tout ce temps. J’ai élevé seule mes 5 filles et aujourd’hui grand-mère de quatre petits enfants merveilleux, je ne peux qu’abonder dans votre sens: choisir la VIE est le meilleur choix qu’on peut exercer pour soi d’abord, puis pour ceux qui nous entourent. Je vous souhaite amour, bonheur et sérénité!

Suzy

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