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Camps de vacances – Prêt, pas prêt, j’y vais?

Crédit: Camp Val-Estrie

Crédit: Camp Val-Estrie

Un séjour en camp peut représenter des vacances de rêve pour un enfant. Mais lui comme vous n’y êtes pas forcément prêts ! Ces bons conseils vous aideront à prendre votre décision. Nathalie Côté

La crainte que l’enfant s’ennuie, les doutes quant à l’encadrement des campeurs : voilà ce qui préoccupe principalement les parents lorsque vient le temps de laisser leur petit passer quelques nuitées dans un camp de vacances. « Sur les sites Internet, tout a toujours l’air super, mais qu’en est-il dans la réalité ? se demande Frédérique Léger-Provost. Une semaine, c’est long si l’enfant n’est pas bien ! » Cette maman hésite encore à y inscrire ses jumeaux de 6 ans pour l’été prochain, d’autant qu’ils vont déjà passer deux semaines chez leur papa… et qu’elle-même n’est pas sûre de vouloir être loin d’eux une semaine de plus.

Certains enfants sont aussi réticents. Ariane, 6 ans, et Xavier, 7 ans, étaient enthousiastes à l’idée d’aller en camp de vacances… jusqu’à ce qu’ils réalisent que leurs parents ne seraient pas de l’aventure. Être abandonnés pendant une semaine ? Pas question pour eux !

 

Crédit: Andy vathis

Crédit: Andy vathis

Le plaisir de l’activité avant tout
Pour que l’expérience soit aussi positive que possible, l’idéal est évidemment de miser sur les goûts de l’enfant. Plutôt que de lui soumettre le simple projet de « partir en camp de vacances », pourquoi ne pas lui demander ce qu’il penserait de pratiquer avec un groupe d’autres enfants l’activité qui le passionne : l’équitation, le tennis, le soccer, la musique ? « On peut commencer par discuter avec lui de l’aventure qu’il souhaite vivre, lui montrer des photos du camp sur le site Internet, puis participer à la journée portes ouvertes, suggère Éric Beauchemin, directeur général de l’Association des camps certifiés du Québec. S’il a l’occasion de partir avec un autre jeune qu’il connaît, ce peut aussi être très motivant. » Il pourra également vérifier avec ses parents le nombre de campeurs, les activités offertes ou encore la durée des séjours, qui varie d’un établissement à un autre.

Comme sa petite Élyse était âgée de seulement 5 ans et demi, Cynthia Paradis a opté pour un camp de vacances traditionnel situé près de chez elle. « Cela me rassurait de savoir que je pourrais aller la chercher rapidement s’il y avait le moindre problème », explique-t-elle. Quant à la fillette, elle était très excitée en apprenant qu’elle allait chanter avec de nouveaux amis autour d’un feu de camp !

 

Crédit: Gilles St-Laurent

Crédit: Gilles St-Laurent

Une séparation qui s’apprivoise
Une fois l’idée acceptée et l’établissement choisi, il n’est pas toujours facile, pour le parent comme pour l’enfant, de mettre de côté les inquiétudes. L’Association des camps certifiés du Québec en est bien consciente. « Rassurons-nous, la grande majorité des enfants s’adapte bien, dit Éric Beauchemin. Les moniteurs ont l’habitude, ils les distraient, et les petites angoisses passent très rapidement. » Sur son site Internet, l’organisme vante aussi les normes strictes auxquelles ses membres doivent se soumettre pour garantir la sécurité et le bien-être des jeunes campeurs. Cependant, cela ne suffit pas toujours à apaiser les craintes .

Ancienne campeuse et monitrice, Cynthia Paradis avait bien préparé sa petite fille à la séparation. Ensemble, elles avaient visité le camp, en avaient beaucoup parlé, et la fillette n’était partie que deux jours, accompagnée d’une amie de son âge. Mais le lendemain de son arrivée, l’ennui l’a gagnée. Elle a appelé sa mère en larmes. « Sa monitrice m’a conseillé de ne pas aller la chercher, raconte Mme Paradis. Le reste de la journée s’est effectivement bien déroulé, mais j’avoue avoir eu le cœur serré en l’entendant sangloter. Je pense qu’elle était tout simplement trop jeune. Nous tenterons sûrement de nouveau l’expérience l’été de ses 7 ans. »

Pour Samuel, 11 ans, ce fut l’inverse. Après avoir été totalement rongé par l’anxiété pendant la semaine précédente, il était blanc comme un drap lors du départ. « J’étais tellement inquiète que j’en pleurais ! raconte sa mère, Valérie De Muylder. J’ai envoyé un courriel au camp pour m’assurer qu’il allait bien à l’arrivée. » Et c’était le cas. Aujourd’hui, le garçon parle de sa nuit dans une « forteresse » et de ses amis avec des étoiles dans les yeux. Il compte bien retourner au camp l’été prochain, cette fois dans le programme « Vélocross BMX ».

Les histoires comme celles de Samuel et d’Élyse sont fréquentes, normales, et elles ne doivent pas alarmer les parents. Le mieux qu’ils aient à faire, outre se rappeler que la plupart des établissements sont habitués à accueillir les campeurs dès 6 ou 7 ans, est de tenir compte de la personnalité de leur enfant et des signaux qu’il leur envoie. « S’il s’accroche à votre jambe dès que vous sortez sans lui, le camp de jour serait préférable pour une première expérience », ajoute M. Beauchemin. Même chose pour le jeune que les nouveautés et les changements de routine dérangent beaucoup. « Il faudra attendre plus longtemps avant d’envoyer cet enfant-là dans un camp, et peut-être même y renoncer, indique pour sa part Nadia Gagnier, psychologue. Tous les enfants ne sont pas faits pour aller en camp de vacances. »

Par contre, si l’enfant est confiant, fonceur, et qu’il n’a pas de difficulté à s’adapter, il tirera beaucoup de bénéfices de son séjour. « Certains ont besoin de plus de préparation, mais ils pourront néanmoins y faire une expérience positive », dit la psychologue. Et, une fois la décision prise, si le petit fait une crise de larmes au moment du départ ? On prend sur soi et on s’en va ! « En le ramenant à la maison, vous lui confirmeriez qu’il a raison d’avoir peur, souligne Nadia Gagnier. Souvent, il pleurera au moment de la séparation et sera très heureux ensuite. Vous pouvez d’ailleurs le prévenir que cela risque de se produire. Sa réaction en sera réduite de moitié, car il ne se sentira pas “anormal” en ayant de la peine. » Dans les rares cas où l’enfant ne s’adapte réellement pas, un responsable du camp téléphone aux parents afin qu’ils viennent le chercher.

Une expérience enrichissante
À la fin du camp, bien des parents disent retrouver un enfant « transformé ». Leur impression est confirmée par des chercheurs de l’Université de Waterloo, dans une étude réalisée auprès de 1 300 campeurs, selon laquelle les deux tiers des jeunes manifestent davantage d’autonomie et de confiance en eux à leur retour. Un nombre équivalent montre une attitude plus favorable à l’égard de l’activité physique, et environ 70 % y auraient développé leur intelligence émotionnelle, soit leur capacité à reconnaître leurs propres émotions et celles des autres. « Au retour de Samuel, j’ai trouvé qu’il avait pris de la maturité, dit Valérie De Muylder. Le camp lui a fait du bien. »

De l’avis général, les enfants rentreraient également de leur camp de vacances plus débrouillards. Dynamisés par le groupe et les moniteurs, ils ont pu acquérir des habiletés nouvelles : diriger une embarcation, faire de l’escalade, pratiquer le tir à l’arc… « Ces succès permettent souvent à des enfants qui ont des difficultés scolaires de reprendre de l’assurance », constate M. Beauchemin. La maman de Samuel raconte que celui-ci a appris à faire des feux de camp et qu’il en était bien fier !

Les jeunes handicapés peuvent aussi profiter grandement des camps spécialement conçus pour eux, comme le note Nadia Gagnier. « Faire des activités comme les autres enfants est “normalisant” pour ces enfants, dit-elle. Et l’occasion d’en rencontrer qui sont dans la même situation qu’eux contribue à briser leur sentiment de solitude. »

 Pour rassurer parents et enfants
Les établissements membres de l’Association des camps certifiés du Québec doivent répondre à une série de normes.

En voici quelques-unes :

  • Le personnel : un maximum de 35 % de moniteurs âgés de 17 ans est autorisé. Les autres doivent avoir 18 ans et plus. Une formation de 60 heures aura été offerte à chacun d’eux. Le personnel comporte au minimum une personne formée en premiers soins pour 25 jeunes. Les antécédents judiciaires de tous les employés sont vérifiés.
  • La nourriture : le menu est approuvé par une diététiste.
  • La nuit : les dortoirs, tentes et chambrettes regroupent uniquement des enfants du même sexe, et un moniteur dort avec eux.
  • La communication avec les enfants : généralement, les camps ne permettent pas aux enfants de téléphoner ni d’envoyer des courriels, ce qui demanderait une logistique trop lourde. Par contre, certains offrent aux parents la possibilité de faire parvenir des courriels à leurs petits.
  • Urgences : une liste de mesures d’urgence en cas de maladie, d’incendie ou de disparition d’un enfant est obligatoire. Le personnel est aussi formé pour intervenir dans ces situations.
  • La sécurité dans et sur l’eau : lors de la baignade, la présence de sauveteurs titulaires d’une certification est obligatoire. Le port de la veste de flottaison l’est aussi à bord des embarcations. Des analyses doivent avoir confirmé la qualité de l’eau.

 

Source: Enfants Québec, avril 2013

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