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Choisir votre préparation à l’accouchement

Crédit: Istockphoto

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Yoga, chant prénatal, préparation affective à la naissance, hypnose, méthode Bonapace… comment choisir le cours prénatal qui vous convient ? 

Yoga
Le yoga prénatal peut être commencé dès la 12e semaine, à raison d’une heure par semaine. Il peut aussi être pratiqué en couple.  Au niveau du corps, les bienfaits sont multiples: les postures et les exercices d’assouplissement défont les tensions mais soulagent aussi les inconforts. «Les postures aident à se renforcer et s’assouplir, à faire de la place au bébé dans l’utérus, ainsi qu’à soulager les nausées, les maux de tête, les maux de dos et les jambes lourdes», confirme Mélanie Hotte, animatrice de yoga prénatal et postnatal au centre de maternité Toi et Moi.

Sur le plan respiratoire, le yoga est l’antistress par excellence! «C’est un entraînement mental qui pourra assurément servir le jour de l’accouchement, indique l’animatrice. En nous demandant de maintenir des postures, le yoga rythme notre respiration, donc l’arrivée d’oxygène, et nous aide à garder un point de concentration. C’est ce qui permettra à notre esprit de se focaliser davantage sur notre respiration et moins sur la douleur. Par ailleurs, cette méthode recourt abondamment à la visualisation, empruntée à l’hypnothérapie.»

Ce qu’elles en ont pensé

Crédit:  Journal la Revue

Crédit: Journal la Revue

Pascale, maman de Sabrina, 8 ans, de Gregory, 4 ans, et de Charles-Étienne, 3 ans « J’avais entendu de nombreuses histoires d’accouchement où les mamans perdent le contrôle. La panique qui s’installe, la douleur qui prend le dessus et la situation qui devient infernale… Or, je peux dire que, pour mes trois grossesses et malgré quelques difficultés (hypertension, prééclampsie, provocation), tout s’est déroulé dans le calme. Le yoga et mes respirations m’ont permis de garder le contrôle, dans un esprit zen. »

 

 

Crédit: Vincent Labonté

Crédit: Vincent Labonté

Mélissa, maman de Loïc, 2 ans, et de Corinne, 3 mois « Le yoga m’a souvent rendu service lorsque je traversais des moments difficiles, je me suis donc dit qu’il pourrait m’aider pendant une grossesse, qui serait sans doute une période un peu stressante. J’y ai pris goût et, effectivement, j’en ai tiré un grand bénéfice, surtout grâce aux techniques de respiration. Je recommande le yoga prénatal à toutes les femmes enceintes, spécialement à celles qui ont tendance à être stressées ou anxieuses ! »

 

 

 

Crédit: Julie Chartier

Crédit: Julie Chartier

Amélie, maman de Charles, 5 ans, de Louis, 2 ans, et d’Évelyne, 6 mois « En plus de l’hypnose, j’ai fait du yoga prénatal afin de m’offrir de petits épisodes d’activité calme, qui me donneraient l’occasion de me “recentrer” sur mon état de future maman. Pour mes trois grossesses, j’ai commencé mes cours vers la 16e semaine, en suivant une séance par semaine jusqu’à l’accouchement. J’ai apprécié le bien-être physique et psychologique que cette activité m’a procuré, surtout en ce qui a trait aux étirements et aux exercices visant à libérer les tensions. Je me sentais toujours plus légère et détendue à la fin d’une séance, et les bienfaits se faisaient sentir encore pendant quelques jours. C’est une pratique que j’ai aussi utilisée dans le confort de la maison lorsque j’avais des douleurs dans le dos. Enfin, lors d’un de mes accouchements, le yoga m’a permis de me concentrer sur ma respiration afin de favoriser la rotation du bébé, qui se présentait par le siège jusqu’à la 33e semaine de gestation. »

 

Chant prénatal
« C’est une activité qui procure des bienfaits autant pendant la grossesse et l’accouchement que pendant la période postnatale », dit Aurélie Gutapfel, animatrice de chant prénatal au Cordon musical, à Montréal. D’abord, parce que le chant enrichit le contact avec le bébé, qui le perçoit in utero et y réagit. « Le son de la voix maternelle, se propageant dans le liquide amniotique, vibre et fait l’effet d’un massage sur la peau du bébé, explique Mme Gutapfel. Dès la 15e semaine, il le perçoit, non par l’oreille mais directement par l’épiderme. » Ensuite, parce que, en plus du plaisir qu’on en retire, chanter oblige à approfondir sa respiration et à « placer » son souffle le plus bas possible. « Lors de l’accouchement, cette technique aidera la maman à contrôler sa respiration, l’une des clés de la gestion de la douleur, note l’animatrice. Les vocalises incitent les muscles — de l’abdomen, de la mâchoire — à se détendre. Le corps s’oxygène alors mieux et sécrète davantage d’endorphines. » Enfin, parce que, dès la naissance, le chant a une grande valeur apaisante. Les séances de chant prénatal sont habituellement à commencer autour de la 15e semaine de grossesse, et les papas y sont les bienvenus.

Ce qu’ils en ont pensé

Crédit: Carol Kavanagh

Crédit: Carol Kavanagh

Catherine, maman de Zachary, 5 ans, et de Raphaël, 4 ans « J’ai toujours eu envie de chanter. Alors, même si j’étais excessivement gênée au début, je me suis lancée. J’ai compris que l’idée n’était pas d’atteindre absolument la “note parfaite”, mais plutôt d’être bien et en communication avec mon bébé. Zachary réagissait incroyablement et, rapidement, j’ai découvert sa chanson préférée, d’origine japonaise. Ses mouvements étaient nettement différents. Quand il est né à l’hôpital, je lui ai chanté cette chanson en signe de bienvenue. Même à quelques mètres de moi, il a incliné la tête et cherchait ma voix. Pendant ses premiers mois, cette chanson a continué à le calmer. Pour moi, le chant prénatal a été une révélation. Même au bureau, tandis que j’étais enceinte et travaillais dans un environnement excessivement stressant — une agence de publicité —, chanter m’a aidée à me relaxer. »

Crédit: Meg Design

Crédit: Meg Design

Sarah et Jean-Simon, parents d’Elohan, 2 ans
Sarah : « Cette préparation a été un moyen d’associer mes deux passions, le chant et le monde de la maternité. J’ai donc entrepris cette méthode dès le 3e mois de grossesse. Durant l’accouchement, les sons que j’émettais m’ont permis de me détendre et de me “libérer”, plus particulièrement les sons graves. Par la suite, alors que j’avais dû accoucher par césarienne, le chant est resté une belle thérapie. Quand je me suis retrouvée seule avec mon fils, peu après mon réveil, je l’ai contemplé et je lui ai chanté, fébrile, quelques notes. Surprise, je l’ai vu réagir comme s’il cherchait à voir d’où provenaient ces sons, et c’est à cet instant-là qu’il a ouvert les yeux pour la première fois. Je ne l’oublierai jamais. J’ai réalisé qu’Elohan avait mémorisé ces chansons et qu’il reconnaîtrait sûrement ma voix parmi des milliers d’autres. Cela m’a confortée dans mon nouveau rôle de mère. »
Jean-Simon : « Étant moi-même musicien et ayant déjà fait de la musicothérapie auprès d’enfants, je savais que la musique apportait de nombreux bienfaits au cerveau et au corps. Mais pendant ces neuf mois, j’ai eu la certitude que la connexion musicale établie pendant la grossesse allait se poursuivre après la naissance. Ce fut le cas. Dès ses premières semaines, Elohan était un enfant très facile à sécuriser seulement par la voix ou le chant. »

 

Préparation affective à la naissance et haptonomie
La préparation affective à la naissance est plus courante au Québec que l’haptonomie proprement dite — dont l’appellation vient d’Europe —, mais elle s’inspire en grande partie des techniques de celle-ci. Dès le premier trimestre de la grossesse, l’haptonomie consiste à entrer en étroite interaction avec le bébé in utero, par le toucher et par la voix.

« Tous les bébés du monde cherchent à prendre contact avec leur entourage, dit Annie Bhérer, animatrice de cours prénataux. Tous les parents du monde y répondent spontanément aussi. Or, cette préparation affective propose des outils concrets pour établir une relation avec le bébé, de sorte qu’il se sente en sécurité et reconnu, grâce à des touchers particuliers, à des jeux et à des petits rendez-vous qui y sont consacrés. »

Le suivi commence idéalement entre la 12e et la 14e semaine de grossesse, et il s’échelonne sur 6 à 10 rencontres. Chaque rencontre est individuelle, prévue pour une praticienne et un couple à la fois.

Ce qu’ils en ont pensé

Crédit: Virginie Deroubalx

Crédit: Virginie Deroubalx

Virginie et Cyrille, parents de Zélie, 2 ans et demi
Virginie : « Je me souviendrai toujours de notre première séance d’haptonomie, au 5e mois de grossesse. J’étais allongée confortablement, comme sur une table de massage, et mon accompagnante m’a invitée à poser mes deux mains à plat sur le bas de mon ventre. J’ai fait des petites pressions en “appelant” mon bébé. Et il a répondu, aussi fou que cela puisse paraître. Ensuite, l’accompagnante a initié Cyrille. Cette première fois, nous avions du mal à y croire ! Nous avons recommencé le soir chez nous, avant d’aller dormir, et nous en avons fait une routine que nous avons répétée de nombreux soirs.
Cyrille : «Pouvoir sentir notre futur enfant et jouer avec lui est un magnifique moment de partage à trois. Je pense aussi que l’accouchement en a été encore plus serein.»

Crédit: Véronique Chantal

Crédit: Véronique Chantal

Catherine et Charles-André, parents de Charlotte, 3 ans, et de Juliette, 6 mois
Catherine : « Je ne pensais pas qu’à ce stade, le bébé pouvait répondre, ni qu’il pouvait se rendre compte que nous étions là. Pour nous, cette méthode a rendu concrète ma grossesse, alors qu’elle ne l’était pas encore complètement. Nous étions deux au départ, plus un ventre qui grossissait, puis nous sommes devenus trois. Finalement, le but numéro un est bien de dire à notre bébé que nous sommes là pour lui et que, le jour de l’accouchement, nous allons aussi le lui démontrer ! »
Charles-André : « Pour le père, qui est davantage spectateur, cette méthode offre vraiment une occasion de participer activement et de façon proche. »

Crédit: Nicolas Ouellet

Crédit: Nicolas Ouellet

Claudia et Martin, parents de Lili-Jeanne, 4 ans, et de Samuelle et Delphine, 2 ans
Claudia : « Pendant l’accouchement, nous avons pu maintenir un lien privilégié avec notre bébé et lui parler, comme par une petite voix intérieure, faisant en sorte qu’il ne se sente pas seul dans cette épreuve. Même avec nos jumelles, qui sont finalement arrivées par césarienne, nous avions fait beaucoup de petits jeux in utero, ce qui a certainement contribué à me faire sentir très près d’elles pendant l’intervention. »
Martin : « Grâce à cette préparation, j’ai pris vraiment conscience qu’il y avait là une petite personne. Sinon, la grossesse m’aurait semblé être avant tout une condition de la mère. »

 

Hypnose
Se basant sur l’idée que la peur et la tension, lors de l’accouchement, sont en grande partie responsables de la douleur, l’hypnose tente de réduire celle-ci par la relaxation profonde, l’autosuggestion et la visualisation. « L’hypnose ressemble à l’état dans lequel nous sommes juste avant de nous endormir, explique Ilona Fritsch, hypnothérapeute et formatrice à HypnoNaissance. Dans cet état très confortable, où nous sommes encore conscients, nous utilisons des suggestions positives. » Contrairement aux idées reçues, la future maman capte alors tout ce qui se passe et s’en souvient même par la suite.

Si l’objectif est que la femme enceinte parvienne seule à l’autohypnose, le conjoint qui a suivi la formation avec elle pourra l’y aider. « On emploie d’abord la respiration pour se détendre, puis la relaxation progressive, de la tête jusqu’au bout des orteils, précise Mme Fritsch. Ensuite, on visualise la naissance souhaitée, ainsi que son bébé en bonne santé. Pendant la contraction, on fixera, par exemple, son esprit sur un lieu reposant. » Dans ces conditions, la thérapeute souligne que le taux de péridurale chez les mamans est en moyenne de moins de 20 %.

Ce qu’elles en ont pensé

 

Crédit: Julie Chartier

Crédit: Julie Chartier

Amélie : « J’ai fait quatre séances de formation avec mon accompagnante, puis j’ai écouté régulièrement les CD d’entraînement en autohypnose, jusqu’à l’accouchement. Cela m’a permis de rester détendue et de me focaliser plus aisément sur mes exercices de respiration. Quand j’avais l’impression de perdre le contrôle de ma douleur ou que je me sentais plus anxieuse, je reprenais mon CD d’autohypnose afin de rester concentrée sur mes objectifs… et j’ai réussi un bel accouchement. J’ai finalement été soutenue par mon accompagnante et mon iPod ! »

 

Crédit: Raphaëlle Lemire

Crédit: Raphaëlle Lemire

Audrée-Jade, maman de Louri, 3 ans, et d’Éloir, 1 an « Je n’avais pas nécessairement l’intention d’accoucher sans péridurale, mais en tout cas celle d’aller chercher des moyens de mieux gérer la douleur. Nous avons commencé ce programme vers la 30e semaine de grossesse et rencontré notre hypnothérapeute quatre fois. Nous avions également un document à lire et des CD de méditation et de suggestion (un par rencontre, plus un pour l’accouchement). Je devais faire des exercices — très courts — plusieurs fois par jour, et écouter le CD une fois quotidiennement jusqu’à l’accouchement. C’est une préparation un peu exigeante, mais qui en vaut la peine ! Personnellement, le plus grand effet de cette formation a été de me donner confiance en moi et en mes capacités d’accoucher. Je n’avais pas le sentiment de subir ce qui m’arrivait, mais d’y participer. »

Crédit: Éric bergevin

Crédit: Éric bergevin

Mylène, maman de Maxime, 3 ans, et d’Étienne, 6 mois « J’avais lu sur le sujet, et j’ai consulté à peine cinq semaines avant d’accoucher. Le but était de mettre en place un scénario d’autohypnose qui pourrait s’installer naturellement quand le travail commencerait, pour calmer mes angoisses et surtout me permettre de mieux gérer la douleur. Dans ce petit scénario, je me voyais sentir les contractions dans la tranquillité, partager ce moment avec mon mari dans la paix et l’amour, puis accoucher comme une chatte, doucement. Et ça a fonctionné ! Comme je fais aussi du yoga, l’hypnose m’a notamment permis d’associer l’intensité d’une contraction à celle d’une difficile position d’étirement que je pratiquais déjà dans cette autre discipline. Cela a considérablement diminué ma peur, tout en m’aidant à respirer plus paisiblement et à réduire ma douleur. »

 

Méthode Bonapace
Mise au point en 1989 par Julie Bonapace, cette méthode propose spécifiquement de soulager la douleur de l’accouchement grâce à une participation active du futur papa. « C’est finalement un coffre à outils, bâti sur les connaissances scientifiques de la douleur », explique l’auteure de la méthode en détaillant les trois outils essentiels qu’il contient : d’abord un massage non douloureux, entre les contractions, au cours duquel l’homme masse sa conjointe dans le bas du dos, sur l’abdomen et sur les cuisses ; puis, au moment des contractions, un massage douloureux pendant lequel le partenaire exerce une pression avec ses doigts sur quelques points d’acupuncture ; enfin, différents exercices de respiration, de relaxation et d’imagerie mentale.

« Le principe repose sur le fait que le cerveau, lorsqu’il détecte une nouvelle douleur, envoie davantage d’endorphines dans tout le corps, ce qui soulage la douleur des contractions », indique Julie Bonapace, précisant que sa méthode peut servir tout au long du travail, que la maman opte ou non pour l’épidurale. Souvent expliquée lors des cours prénataux classiques, elle a l’avantage d’être facile à apprendre. « C’est peu d’efforts pour beaucoup de résultats, dit Mme Bonapace, puisque les gestes peuvent s’acquérir en quatre ou cinq heures à peine. »

Ce qu’ils en ont pensé

Crédit: Vincent Labonté

Crédit: Vincent Labonté

Mélissa : « J’ai entrepris cette méthode entre 32e et la 35e semaine pour mes deux grossesses. Mon conjoint et moi avons lu le livre de Julie Bonapace et pratiqué les techniques prescrites pendant les semaines qui ont précédé l’accouchement. Il me faisait les massages suggérés, en insistant sur les points de pression. Cela m’a permis de tenir 22 heures sans épidurale au premier accouchement et… de ne même pas la demander au second ! »

 

 

Claudia- Victor GaribayClaudia et Victor, parents d’Olivia, 18 mois
Claudia : « Je ne suis pas très ésotérique, donc j’ai aimé le côté physique, pratico-pratique, de cette méthode. J’avais le sentiment d’avoir des outils concrets, dont il me resterait à me servir au bon moment et au besoin. Mon conjoint a massé mes points de pression à partir du moment où je n’étais plus capable de gérer la douleur seule, jusqu’à la poussée. S’il tardait un peu à le faire, la douleur des contractions était vraiment insupportable. Je l’ai donc gardé très occupé ! »
Victor : « J’aurais été désemparé devant l’accouchement si je n’avais pas été aussi informé et préparé à intervenir. J’ai l’impression d’avoir été le soutien principal de ma conjointe, et que nous avons presque fait le travail à deux pour mettre notre petite Olivia au monde… »

Source: Enfants Québec, avril 2013

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