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Les études en expérimentation paternelle de Boucar Diouf

Crédit: Boucar-diouf.com

Crédit: Boucar-diouf.com

Papa d’Anthony, 7 ans, et Joëllie, 3 ans, Boucar Diouf nous livre les premières conclusions de ses études en expérimentation paternelle.

Biologiste, humoriste et animateur de télévision, Boucar Diouf est actuellement en tournée au Québec pour présenter son spectacle Pour une raison X ou Y, dans lequel il traite entre autres de « l’art d’élever un bébé humain ».

Vivre sans dormir, c’est possible !
J’ai développé une stratégie de « zombification » pour survivre aux carences de sommeil. Je suis debout, mais mon cerveau ne fonctionne pas. Ce sont mes réflexes qui me font avancer. Mes paupières sont vitrifiées, je suis comme un fantôme de Boucar. Ça marche bien en général, mais faites attention, ça peut devenir dangereux à la longue. Si vous êtes près de craquer, je vous recommande la technique de « la chambre individuelle avec vue sur la belle-mère ». Invitez votre belle-mère à dormir chez vous pendant les premiers mois du bébé : une troisième personne qui vient en renfort, ça fait du bien. Un bébé, ça s’élève en gang, il faut bien s’entourer.

2 Vivre sans sexe, c’est possible !
À sa naissance, le bébé devient le compétiteur du papa ; c’est un ménage à trois qui s’instaure. Quand la femme allaite, elle sécrète de la prolactine, une hormone incompatible avec la testostérone : c’est l’arme du bébé contre la libido. Le mari est écarté pour un bout de temps ! Il faut être patient… La maman n’a pas à « se forcer » pour faire plaisir à son conjoint. La sexualité change et il faut s’adapter. Et quand les enfants grandissent, la seule solution, c’est de profiter d’un épisode de Toupie et Binou à la télé.

3 Supporter les pleurs du bébé, c’est possible !
J’ai trouvé ça très difficile. J’ai inventé des chansons, j’ai bercé mes enfants pendant des heures… J’aurais fait n’importe quoi pour les apaiser. Mais souvent, c’est impossible de décoder ce qui ne va pas, de savoir s’ils ont faim, s’ils sont fatigués, s’ils sont malades… C’est très angoissant. Quand le bébé humain vient au monde, seulement 10 % de son cerveau est en activité, il ne peut pas communiquer. Sa seule stratégie pour survivre, ce sont ses hurlements. Ses pleurs sont connectés au cœur de ses parents pour les pousser à réagir, à essayer de trouver ce qui ne va pas. Et ça marche : ils sont forcés de s’occuper de lui !

4 Garder une vie sociale, c’est possible !
Quand on devient papa, on ne peut plus décider de nos sorties spontanément, rejoindre les gars au 5 à 7 quand ça nous tente. Après qu’on a refusé trois ou quatre invitations de suite, nos chums appellent moins, c’est inévitable. Mais ça ne veut pas dire qu’on ne peut plus faire la fête. Pour organiser un party, suivez l’exemple des canards : mettez tous les enfants au milieu et dansez autour d’eux !

5 Survivre à l’accouchement de sa blonde, c’est possible !
C’est très récent, la présence des hommes dans les salles d’accouchement. Au Sénégal, ça ne se peut absolument pas, et même au Québec, ce n’est pas encore tout à fait naturel. On se sent inutile, on voit notre blonde souffrir et la seule chose qu’on peut faire, c’est lui donner la main. Mais attention, ça peut être dangereux ! Il faut rester alerte : elle va peut-être la mordre parce qu’elle nous en veut de l’avoir mise dans cette situation !

6 Être un papa heureux, c’est possible !
Pour savoir si on sera un bon père, il faut attendre d’être grand-père : si tes propres enfants t’amènent leurs enfants, ça veut dire que tu as probablement fait une bonne job ! Pour le papa, le bébé reste longtemps un « colocataire ». Au début, on ne sait pas trop comment considérer cet individu « en phase limace » qui vit avec nous. Mais quand il commence à babiller, à faire de vrais sourires, tout change. C’est le début de la communication avec un autre être intelligent et c’est le début de la paternité. Quand ton enfant reconnaît ton existence, qu’il sait que tu fais partie de sa gang et qu’il te regarde comme tel, alors tu te sens vraiment papa.

Source: Enfants Québec, avril 2015

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