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La fois où je suis devenue maman

Crédit: Album personnel

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Il me restait encore quatre semaines.

J’avais dressé des listes pour ne rien oublier. J’avais un emploi du temps strict à respecter. Des gens à voir. Des choses à faire. Tout était soigneusement planifié. Un dimanche soir de juillet, assise à mon bureau, je cochais les tâches accomplies le jour même et forgeais un nouveau plan de match pour le lendemain :

– Aujourd’hui nous avons monté le lit. Demain il faut accrocher les étagères dans la chambre, aller acheter des couches, nettoyer les vitres du salon, cuisiner une lasagne à congeler en prévision des premières semaines…

– Il est déjà minuit. Et si tu allais dormir ? a suggéré mon conjoint. Tu sais, ce n’est pas parce qu’on a installé le lit que le petit va se précipiter pour arriver cette nuit.

Je me suis levée… et j’ai perdu les eaux. Mon conjoint m’a regardée, incrédule. J’ai appelé la maternité, catastrophée : pas question d’accoucher cette nuit, je n’étais vraiment pas prête… Mon shower devait avoir lieu trois jours plus tard et je n’avais pas fait mon sac… « Madame, si vous avez perdu les eaux, vous avez trois heures pour vous rendre à l’hôpital. On vous attend », m’a laconiquement indiqué l’infirmière.

C’était la panique. La maison était dans un état déplorable et je n’avais même pas de couches pour le bébé… sauf celles du joli « gâteau » confectionné par mes collègues pour célébrer mon dernier jour de travail. J’ai déchiré les rubans et je les ai mises dans un sac pêle-mêle avec d’autres affaires plus ou moins utiles, choisies complètement au hasard. Mon conjoint et moi sommes montés dans un taxi, en route vers la plus longue nuit de notre vie.

Quatorze heures et bien des douleurs plus tard, je suis devenue mère. J’ai oublié mes listes, mon emploi du temps, mes choses à faire. À mon retour de l’hôpital, des copains et la famille sont passés me porter de bons petits plats et des boîtes de couches. Une précieuse amie est venue bercer mon fils pour que mon conjoint et moi puissions dormir quelques heures et en a profité pour faire un peu de ménage, accrocher les étagères dans la chambre du bébé et assembler la chaise berçante. Trois semaines plus tard, tout était enfin prêt… ou presque. Moi, il m’a fallu plusieurs mois pour me remettre de cette nuit-là et des bouleversements qu’elle a apportés dans ma vie. D’ailleurs, ma maison est longtemps restée dans un état proche du chaos… et aujourd’hui encore, plus de trois ans plus tard, son rangement laisse vraiment à désirer !

 

Source: Enfants Québec, avril 2015

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