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Et si on suivait une thérapie?

Photo: Shutterstock

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Consulter pourrait-il aider ou même sauver votre relation? Le point sur la thérapie de couple, au-delà des tabous et des préjugés.

Julie Chaumont

«Un jour, après une énorme crise, j’ai posé un ultimatum: c’est la thérapie de couple ou la séparation.» Annie était en couple avec son conjoint depuis 11 ans. Leur fils avait 5 ans et leur fille en avait 3. «Plus rien ne fonctionnait: nos sentiments, notre sexualité, notre façon de gérer le budget et les sorties… J’avais une “écœurantite aiguë”! résume-t-elle. On ne savait même plus si on s’aimait encore. Mais ce que nous avions construit au fil des années – la maison, la vie de famille et nos différents repères –, tout ça, on savait qu’on ne voulait pas le perdre.»

Comme Annie et son conjoint, bien des couples attendent que le vase déborde avant de consulter un professionnel des relations conjugales. Or, les spécialistes recommandent de prendre rendez-vous dès qu’un conflit tarde à être réglé, qu’il devient difficile de communiquer ou que des sentiments de frustration et de colère s’installent dans notre vie quotidienne. «Plus les gens attendent, plus la charge émotionnelle est forte. Les partenaires ont eu le temps de se blesser, d’accumuler des émotions dures, de la déception et du ressentiment», explique François St Père, psychologue et médiateur familial.

Comprendre et s’entendre
Les raisons d’aller consulter sont variées: éviter de répéter certaines erreurs du passé, surmonter une infidélité, mieux gérer les responsabilités liées à la vie quotidienne et familiale, faire le point sur ses sentiments…

Dans tous les cas, la thérapie de couple vise à améliorer la communication et à ramener un équilibre dans la relation. Ce qui se passe derrière la porte close varie légèrement d’un professionnel à l’autre. Mais habituellement, les conjoints sont amenés à trouver des terrains d’entente et des compromis grâce à la parole et à l’écoute. «Pendant les séances, on parle beaucoup de l’image que chacun a de la relation ainsi que de ses attentes. On essaie de combler les désirs des deux partenaires en suggérant de petits compromis qui peuvent faire une grande différence: accorder plus de temps à l’autre après sa journée de travail ou prendre le temps d’effectuer une sortie par semaine avec son conjoint», dit Marc Ravart, psychologue et sexologue. Celui-ci termine toujours ses rencontres en proposant à ses clients de poser un geste agréable, par exemple se serrer dans leurs bras ou se dire quelques mots doux. Son but: rappeler aux conjoints qu’ils s’aiment malgré les épreuves qu’ils traversent.

«Notre psychologue a dressé un portrait de notre personnalité à partir d’un questionnaire. Celui-ci a démontré que j’étais très altruiste et que j’avais beaucoup de compassion, alors que c’était totalement le contraire pour mon conjoint, qui a zéro compassion. Ça m’a aidée à comprendre un paquet d’affaires!» raconte Annie. Six mois plus tard, la compréhension, l’entente et l’acceptation ont permis à Annie et à son conjoint de se retrouver. Mais ce n’est pas toujours le cas.

Faire face à la rupture
Pour Véronique, qui avait accepté d’entamer une thérapie de couple à la demande de son conjoint, la rencontre avec une thérapeute a plutôt confirmé ses doutes. «Je ne ressentais plus d’amour pour lui, mais plutôt une forme d’amitié. Cet “ami” rentrait tard, ne faisait pas de ménage, ne s’occupait pratiquement pas de notre fille. Cette dynamique ne me convenait pas», relate-t-elle. La thérapie n’a duré que quatre séances. «Même si la thérapeute essayait de nous donner des moyens pour mieux vivre au quotidien, mon manque d’amour était trop présent.» À la suite d’une grosse dispute, le couple a finalement décidé de se séparer. Véronique avoue avoir ressenti un grand soulagement.

«La thérapie n’est pas un processus en escalier où on monte une marche à chacune des rencontres. Ça se peut qu’on régresse, qu’il y ait des plateaux», précise François St Père. Et la réussite n’est pas garantie. «Si un couple est au bord de la rupture, la thérapie n’aura pas l’objectif ni la prétention de le sauver. Le thérapeute servira plutôt de miroir afin de montrer à chacun ce à quoi il doit faire face. Quand on est en thérapie, on ne peut plus se mettre la tête dans le sable», constate la sexologue Josée Lebœuf.

Une démarche à faire à deux
Comme son nom l’indique, la thérapie de couple se fait à deux. Les enfants sont rarement appelés à y participer. Après quelques consultations, il peut s’avérer utile qu’un conjoint poursuive le chemin en solo afin de régler des problèmes plus profonds ou plus personnels.

Devant un partenaire récalcitrant à l’idée d’aller consulter, le psychologue et sexologue Marc Ravart propose de souligner les bienfaits qu’une telle démarche pourrait apporter au sein du couple. «Si la thérapie fait peur à votre conjoint, vous pouvez évoquer avec lui les répercussions positives qu’elle pourrait avoir pour votre couple, comme un rapprochement ou une meilleure atmosphère au quotidien… Mais vous ne pourrez en aucun cas le forcer à participer.»

 

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Quel expert choisir?
Selon François St Père, une thérapie de couple dure en moyenne six rencontres, mais plusieurs facteurs comme la motivation et la personnalité des conjoints, le motif de la consultation ou l’existence de traumatismes antérieurs peuvent influencer son déroulement. Règle générale, les rencontres durent une heure et ont lieu une fois par semaine. «La variable la plus importante dans une thérapie de couple est la relation entre le professionnel et ses clients», affirme-t-il. Les conjoints doivent être à l’aise avec ce dernier et sentir qu’ils peuvent se livrer en toute confiance.

Voici une courte présentation des différents experts dont vous pouvez solliciter les services:

Le psychologue
Spécialiste du comportement humain et des mécanismes qui régissent les sentiments et les idées, le psychologue possède une maîtrise ou un doctorat en psychologie. Il utilise des techniques d’entrevue et, parfois, des tests psychologiques pour orienter ses clients vers la résolution de leurs problèmes. Tous les psychologues ne font pas de la thérapie de couple. Le site de l’Ordre des psychologues du Québec compte un moteur de recherche pour trouver la perle rare en fonction des problèmes vécus et du lieu de résidence.

Le thérapeute conjugal et familial
Ce professionnel possède une formation universitaire ainsi qu’une expertise en thérapie conjugale et familiale, mais il n’est pas psychologue ou psychothérapeute. Pour lui, le client n’est pas l’individu, mais la relation elle-même. «Chaque individu, dans un couple, est vu comme un rouage de l’engrenage d’une montre. Il a une façon de tourner, de se comporter et, à un moment donné, cet engrenage peut se briser. Le couple est un système où chacun a sa part de responsabilité», explique Julie J. Brousseau, thérapeute conjugale et familiale, directrice et fondatrice du Centre de thérapie pour couples et familles de l’Outaouais.

Le sexologue
Les outils et les approches thérapeutiques d’un sexologue sont sensiblement les mêmes que ceux des psychologues. La différence, c’est le motif de consultation. Un couple qui n’arrive pas à s’entendre sur l’éducation des enfants ou le partage des tâches ménagères a peu de chances de franchir la porte d’un cabinet de sexologue. En revanche, un couple où la femme n’éprouve plus de désir après un accouchement ou dans lequel un homme vit des frustrations sur le plan sexuel trouvera chez cet expert du couple la thérapie qui lui convient. « Les sexologues ont les compétences nécessaires pour faire de la thérapie générale. Nous nous occupons de la sexualité, mais aussi de la vie amoureuse », affirme Josée Lebœuf, sexologue psychothérapeute.

Le médiateur familial
Les rencontres avec ce professionnel servent à définir ou redéfinir un contrat de vie commune. Cette convention signée et notariée peut contenir divers éléments d’entente, comme la liste des responsabilités ménagères et financières de chacun, le montant d’une compensation pour un conjoint qui a sacrifié sa carrière pour rester à la maison auprès des enfants ou les détails de ce qu’il adviendra des biens et des enfants en cas de séparation. Mais contrairement à la croyance populaire, son rôle ne consiste pas seulement à régler les modalités d’une séparation. «Si un couple vit un conflit, il peut contacter un médiateur», affirme Me Jean-François Chabot, médiateur, avocat et président de l’Association de médiation familiale du Québec. «Mais attention, le médiateur n’est pas un thérapeute. Son rôle n’est pas d’accompagner un couple à long terme pour provoquer des changements de comportement», précise-t-il. Pour en savoir plus ou pour trouver un médiateur près de chez vous: mediationquebec.ca.

Source: Enfants Québec, février/mars 2015

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Un commentaire

Richard thibodeau

Je suis séparé de la mere de ma fille de 13 ans qui habite chez sa mère et il y a un gros conflit entre elles Je suis tres inquiet pour ma fille. A qui m adresser car je suis sans emploi alors pas un sous pour consulter merci. Un père qui doit faire l arbitre quand moi même est pas bien présentement.

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