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S.O.S. difficultés scolaires

Photo: Shutterstock

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Résultats scolaires en baisse, démotivation, retard pour acquérir certaines notions… Comment intervenir pour soutenir son enfant efficacement? Voici des conseils d’experts et d’enseignants pour y voir plus clair.

Catherine Mainville-M.

Par où commencer?
La première chose à faire, c’est de consulter l’enseignant de votre enfant afin de discuter de ses difficultés. «Idéalement, le professeur proposera d’observer le comportement de votre enfant en classe. Il pourra ensuite vous aiguiller quant à la forme d’aide appropriée, voire vous recommander un intervenant en particulier», dit Marie-Lou Caisse, orthopédagogue au primaire pour la Commission scolaire Marie-Victorin.

Est-il possible d’obtenir de l’aide à l’école?
«Certains élèves ne sont pas assez en difficulté pour recevoir de l’aide de façon systématique, mais juste assez pour accumuler du retard d’année en année, constate Marie-Claude Béliveau, orthopédagogue et psychoéducatrice au CHU Sainte-Justine. Malheureusement, ils développent alors souvent des problèmes d’anxiété et de stress de performance qui font que les rééducations ne fonctionnent plus.» Ainsi, même si votre enfant ne peut profiter d’un suivi auprès des spécialistes de son école, il demeure important d’agir avant que la situation s’aggrave. «Dans tous les cas, vous pouvez demander à ce que votre enfant bénéficie de séances de récupération », recommande Rémi Côté, psychologue scolaire. Dirigées par les enseignants en dehors des heures de classe, ces périodes de rattrapage volontaire ou obligatoire sont destinées aux élèves qui éprouvent certaines difficultés dans une matière en général ou par rapport à une notion précise. «La récupération permet au professeur de présenter la matière de diverses façons tout en offrant de nouveaux exercices, fait valoir Marie-Pier Cadieux, enseignante de 6e année à l’école Saint-Charles de Saint-Charles-sur-Richelieu. En plus petit groupe, l’élève a la possibilité d’échanger avec ses pairs et d’acquérir de nouvelles techniques pour comprendre la matière et surmonter les obstacles.»

Comment puis-je aider mon enfant à la maison?
«En cas de difficultés légères, le parent peut demander conseil à l’enseignant afin d’obtenir des idées d’exercices à faire, ou même de jeux ou d’applications avec lesquels son enfant et lui pourront s’amuser ensemble et, idéalement, surmonter les écueils», suggère Marie-Lou Caisse. En ce qui concerne les devoirs, Marie-Claude Béliveau recommande que les parents s’en dissocient, quitte à chercher de l’aide extérieure. Inscrire son enfant à l’aide aux devoirs de son école est une option à considérer. «Pour l’enfant, il y a des gains secondaires à rester dépendant de son parent. En disant qu’il ne comprend pas, il s’assure que celui-ci reste près de lui. Mais une fois à l’école, le parent n’est plus là pour l’aider.»

Est-ce une bonne idée d’engager un tuteur? Comment le choisir?
Pour les élèves qui ont du retard ou qui se heurtent à des embûches dans une ou plusieurs matières, travailler avec un tuteur peut donner d’excellents résultats. «Le tuteur peut adapter ses explications à la façon d’apprendre de l’élève», dit Marie-Pier Cadieux. Certaines écoles ont des listes de tuteurs ou d’entreprises de tutorat qu’elles recommandent. Il est également possible de communiquer avec les facultés d’éducation des universités, qui soumettront la demande à des étudiants en enseignement. Autrement, la plupart des entreprises spécialisées s’affichent sur Internet. Le psychologue scolaire Rémi Côté conseille toutefois d’opter pour celles dont les tuteurs sont supervisés par un orthopédagogue.

« les difficultés sont grandes, plus vous aurez intérêt à vous tourner vers une personne d’expérience, près du milieu de l’enseignement ou qui fait régulièrement du tutorat, conseille Alexandra Bertrand, enseignante de 6e année à l’école Douville de Saint-Hyacinthe. Si vous engagez un enseignant à la retraite, mieux vaut opter pour une personne qui fait encore de la suppléance. Elle sera davantage au fait du programme ainsi que des méthodes d’enseignement et d’évaluation actuelles», indique-t-elle. «Idéalement, le tuteur devrait être en contact avec l’enseignant afin de s’assurer que l’enfant ne travaille pas avec des méthodes d’apprentissage inadéquates qui pourraient lui nuire en classe», ajoute Brigitte Hamel, enseignante de 4e année à l’école Jolivent de Belœil.

Dans quels cas devrait-on consulter un orthopédagogue?
Selon le psychologue scolaire Rémi Côté, il est recommandé de consulter en orthopédagogie lorsque les notes de notre enfant ne s’améliorent pas en dépit des périodes de récupération ou, pire, lorsque l’enseignant indique qu’il doit adapter les consignes et la matière pour lui permettre de suivre. L’orthopédagogue peut travailler avec tous les élèves : ceux qui rencontrent de simples embûches avec la lecture et la résolution de problèmes mathématiques, mais aussi ceux dont les difficultés sont dues à un trouble du déficit de l’attention ou d’apprentissage. Contrairement au tuteur, cet expert est formé pour dépister, évaluer et corriger les difficultés et troubles d’apprentissage. «Il peut également aider l’élève qui manque de confiance en lui à trouver des stratégies pour s’améliorer», ajoute Marie-Claude Béliveau. «Il est important de se renseigner sur la formation de l’orthopédagogue choisi, prévient Marie-Lou Caisse. Au privé, l’intervenant devrait idéalement avoir une maîtrise. Comme le titre n’est pas protégé par un ordre professionnel, le parent s’assure ainsi que l’intervenant est qualifié.»

Dans quels cas devrait-on consulter un orthophoniste?
Bien que, en milieu scolaire, les orthophonistes travaillent davantage avec les élèves de 1re année et de maternelle, «il arrive que certains troubles du langage oral ou écrit ou de la parole soient diagnostiqués au 2e ou au 3e cycle du primaire», selon Yvon Blais, orthophoniste en cabinet privé. L’expertise des orthophonistes est également requise pour traiter les troubles logico-mathématiques et la dyscalculie. Si vous doutez de la nature des difficultés de votre enfant, Yvon Blais vous conseille de communiquer avec un orthophoniste qui vous dira s’il est pertinent de faire un dépistage.

Comment savoir qu’on a choisi le bon intervenant ?
Selon Marie-Claude Béliveau, l’attitude de l’enfant est toujours le meilleur indicateur de la justesse de votre choix. «Si votre enfant refuse d’aller rencontrer l’intervenant, ce n’est pas nécessairement parce qu’il est capricieux. Peut-être que ça ne fonctionne tout simplement pas avec cette personne, en raison de sa personnalité ou des stratégies utilisées.» Il est également primordial que la relation entre le parent et l’intervenant soit bonne, sans quoi la confiance ne sera pas au rendez-vous. «Donnez-vous trois rencontres, suggère Mme Béliveau. Au terme de celles-ci, vous pourrez déterminer avec votre enfant s’il vaut la peine de continuer.»

Ressources

Source: Enfants Québec, février/mars 2015

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Un commentaire

rabetsarafara Elisa

J’ai une fille qui vient d’avoir 12 ans le 31 décembre dernier. J’ai besoin de conseils pour elle. Il parâit qu’elle a un peu souffert pendant ma grossesse, manque d’oxygène car la corde ombilicale était un peu courte. Elle est née normalement mais mon eau était teintée et nous avons pris toutes les deux des antibiotiques pendant quelques jours. Elle est maintenant en classe de CM2. Les enfants de son âge sont déjà en 5ème car elle a raté deux fois le passage. Elle est très en forme physiquement, dynamique et souriante, mais son problème est sa mémoire. Elle assimile vite mais oublie facilement. Mais ce qui m’étonne un peu, ce qu’elle se souvient des choses qui se sont passées depuis des années, quand elle avait 5 ou 6 ans. Elle n’arrive pas à faire un calcul mental, elle a toujours besoin de compter avec les doigts pour faire ses opérations. Elle fréquente toujours la même école depuis qu’elle était en Petite section jusqu’à ce jour, mais son école n’a rien à dire. Son père fait tout de son mieux pour répéter ce qu’elle vient d’apprendre à l’école, car il a beaucoup de temps libres. Mais moi, je travaille à plein temps et n’arrive à la maison que tard le soir. J’ai besoin de conseil car je suis tellement triste en voyant les autres enfants de son âge épanouis. Aidez-moi, s’il vous plaît. Est-ce que c’est déjà trop tard pour nous pour commencer un traitement?

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