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Rencontre avec Marie-Sissi Labrèche

Crédit: Denis Girard

Crédit: Denis Girard

Avec son dernier roman, La vie sur Mars, la pétillante Marie-Sissi Labrèche explore non pas la planète rouge, mais l’astre de la maternité et la lune qui gravite autour, la famille.

Sophie Marcotte

«Ben oui, ta mère ment pour faire plaisir à sa belle-famille. C’est ça, la civilisation.» Cet extrait de La vie sur Mars (Leméac, 2014), nouveau-né de Marie-Sissi Labrèche, donne le ton. Délaissant les méandres du mal de vivre et de la folie explorés dans ses précédentes œuvres (Borderline, La brèche…), l’auteure décortique ici la maternité et la vie de famille avec un humour incisif, sans manquer de traiter de thèmes sérieux comme le mensonge, la culpabilité et l’héritage.

«Quand j’étais enceinte, j’ai commencé à écrire des lettres à mon garçon. Je voulais lui faire un album photo, mais en mots, raconte Marie-Sissi Labrèche, heureuse maman de Charlie, 4 ans. Mais je suis écrivaine, donc le projet a bifurqué vers la fiction… et même la science-fiction!» Le récit est campé en 2035. Neil, jeune Québécois égaré de 25 ans, s’envole vers le village de Raon-l’Étape, en France, où son écrivaine de mère vient d’être trouvée morte. Il y découvrira un manuscrit laissé par la défunte et la vérité sur son passé. Dans cette sorte de journal intime non censuré adressé à son fils, Fédora fait le récit de sa rencontre avec le futur papa, de sa grossesse et des premières années de vie de son « petit ourson chocolaté».

Celle qui a fait sa marque dans le créneau de l’autofiction mélange encore ici le vrai et le faux. Difficile de ne pas la reconnaître dans le personnage de Fédora, écrivaine rongée par d’innombrables peurs et mariée à un scientifique d’origine française.  «Il y a des bouts de moi dans le roman, bien sûr, mais c’est très exagéré.» Le passage de l’accouchement est presque authentique, cependant: Marie-Sissi Labrèche a réellement mis cinq jours avant de finalement donner naissance, par césarienne. «Je saignais du nez, je vomissais, j’avais un spasme dorsal… C’était épouvantable!»

Malgré sa plongée en eaux plus lumineuses, l’auteure s’est gardée de brosser un tableau pastel de la maternité et de la famille. Elle en révèle des côtés sombres: l’angoisse de Fédora à l’idée d’ensevelir son fils sous son anxiété, l’insensibilité de son mari, le caractère envahissant de son beau-père, les sacrifices qu’elle fait pour son Neil… Le personnage de Fédora brise aussi un tabou en avouant parfois s’ennuyer lors de ses journées passées à la maison avec son bambin. Encore ici, on est dans le vrai. «Il faut le dire, des fois, c’est plate en maudit le quotidien avec un tout-petit. Je l’adore, mon bébé, mais se lancer une petite voiture pendant une heure, c’est pénible. Les éducatrices en garderie sont vraiment des saintes!» conclut Marie-Sissi Labrèche, sans pudeur et avec un rire libérateur.

Source: Enfants Québec, février/mars 2015

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