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4 enfants, un boulot et…du temps pour soi!

Illustration: Shutterstock

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Comment prendre du « temps pour soi » quand on n’a pas assez de 24 heures dans une journée? Isabelle Cuchet, mère de quatre enfants et éditrice adjointe du magazine Enfants Québec, a accepté de servir de cobaye. Sa mission? S’offrir un petit plaisir par jour pendant une semaine.

Je me plains souvent. Parfois, j’en ai un peu honte. Après 13 années de routine familiale et quatre enfants, on pourrait croire que j’ai gagné en sagesse, mais non. «Je ne suis pas ton chauffeur de taxi», dis-je à l’un quand il me demande de le conduire chez un ami ou à un cours de sport. «Je ne suis pas ton prof!» à l’autre qui voudrait se faire réexpliquer sa leçon. «Je ne suis pas cuistot», à mon chum lorsque ni lui ni moi n’avons envie de cuisiner. Il m’arrive aussi de claironner à la ronde: «Je ne suis pas votre femme de ménage!»

Concrètement, mes jérémiades ne changent pas grand-chose au comportement de mon conjoint et de mes enfants. J’ai donc décidé de tester une nouvelle approche, positive celle-là: me prendre en main et m’offrir un petit plaisir chaque jour, en gardant du temps pour moi, par-delà mon travail, mon chum, mes enfants et mes tâches domestiques. Si j’accomplis cet exploit, j’aurai certainement beaucoup plus de patience.

Sur papier, l’idée paraît intéressante. Pourtant, presque immédiatement après avoir commencé à dresser la liste de mes envies, je sens le stress monter… Comment vais-je faire pour trouver un peu de temps pour moi alors que je cours toute la journée ? Mais pas question de me mettre de pression. J’ajoute rapidement comme règle à ma résolution que le temps pour moi peut être n’importe quoi : un moment de lecture, l’achat d’un bouquet de fleurs… La durée importe peu, pourvu qu’il y ait du plaisir!

Une semaine parfaite?

 Jour 1  Mon optimisme a repris le dessus. Enfin, je vais me remettre au sport, moi qui ne trouve jamais le temps de m’activer (et qui m’en plains souvent). Au travail, au lieu de prendre une vraie pause repas pour dîner, j’avale un sandwich et file à la piscine. Ah, le délice de me glisser dans l’eau! Je sens les muscles de mes cuisses souffrir à cause des palmes que j’essaie pour la première fois. Mon esprit se laisse bercer. Je suis un fœtus dans le ventre de sa mère… Je patauge dans le bonheur.

 Jour 2  Je suis encore sur mon petit nuage. Inutile de réfléchir ce matin, mon plaisir de la journée est déjà planifié : je suis réquisitionnée pour une séance de magasinage avec ma fille de 13 ans. Elle m’a demandé de l’accompagner afin de choisir une robe pour une fête à laquelle elle est invitée. Je ne serai pas seule avec moi-même, mais je décide que cela compte quand même pour mon défi, car je suis très contente de partager ce moment avec elle… En une demi-heure, nous dénichons la robe convoitée. Je trouve ma fille très belle, et je craque moi aussi pour une petite robe faite juste pour moi. Cette journée aura été celle des dépenses… Mais je me sermonne intérieurement: pas de culpabilité ! J’ai bien le droit, puisque cette sortie entre filles participe à l’atteinte de mon objectif: me sentir bien dans ma peau.

 Jour 3  J’ai mal dormi, et la bonne humeur des deux derniers jours m’a abandonnée. Une grosse journée de travail m’attend, qui sera suivie par d’interminables déplacements automobiles pour accompagner mes enfants au cours d’accordéon, à celui de ping-pong, au soccer… Où vais-je trouver quelque chose à faire pour moi dans tout ça? Et de toute façon, de quoi pourrai-je bien avoir envie? Tout ce qui m’attire, c’est l’idée de me coucher tôt ce soir. Eh bien, ce sera ça, ma « chose pour moi » du jour, et tant pis si ce n’est pas très glamour. Accepter avec simplicité le plaisir de ne plus rien faire, ni la vaisselle ni les lunchs du lendemain, en demandant à mon chum d’assumer ces tâches, c’est déjà pas si mal.

 Jour 4  Journée sans accroc, avec de petites satisfactions au travail. Les enfants n’ont pas d’activités en soirée, je peux faire ce que je veux. Je retourne une heure à la piscine, cette fois avec une copine. C’est encore plus agréable. Décidément, je me demande comment j’ai fait pour arrêter de nager pendant si longtemps.

 Jour 5  Au déjeuner, j’ouvre un pot de confiture de fraises fabriquée cet été avec ma petite dernière. Je l’étale sur mon pain grillé. C’est un délice ! Ma fille et moi nous congratulons pour notre œuvre. Mon chum et mes trois plus grands confortent notre sentiment en vidant le reste du pot tout neuf sur leurs propres tartines. J’ai ma journée !

 Jour 6  C’est samedi. Nous devons apporter la voiture au garage, faire l’épicerie, conduire les enfants à droite et à gauche… J’ajoute pourtant une ligne à mon agenda et me lève un peu plus tôt que prévu pour jouer au tennis avec mon chum et nos deux fils de 12 et 9 ans. Même si nous ne disputerons jamais la coupe Rogers, nous passons un excellent moment tous les quatre. Ça valait la peine de mettre le réveil!

L’heure du bilan

 Jour 7  Dimanche, journée détente. Des amis nous proposent une balade en forêt. Il fait beau, la journée est parfaite. Tout le monde a l’air heureux… Je n’ai pas besoin d’en rajouter. En fin d’après-midi, nous arrêtons dans un café pour nous réchauffer. En tournant ma cuillère dans mon café au lait, je passe ma semaine en revue. J’ai relevé mon défi de m’offrir un moment pour moi par jour. Me suis-je plainte autant de fois que la semaine précédente? Peut-être que oui. Quand ma fille aînée m’a demandé de la reconduire chez une amie alors que je voulais finaliser un dossier pour le travail et que je devais préparer le souper. Quand mes deux garçons se sont chamaillés un peu trop fort pour une histoire de places à table. Quand j’ai découvert le capharnaüm de la chambre de ma petite dernière en allant lui lire une histoire. Mais si je regarde en arrière, je m’aperçois qu’il s’est aussi passé plein de belles choses. Ce qui me fait plaisir, surtout, c’est de réaliser que je n’ai pas forcé le destin tant que ça. Soyons francs: des choses pour moi, j’en fais presque tous les jours. Il suffit que je m’en rende compte. Pas besoin de faire une liste.

Source: Enfants Québec, février/mars 2015

Commentaires

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Un commentaire

martine

Très intéressant comme article, mais quand est-il d’une maman monoparentale qui a la garde exclusive et travaille (avec seulement 30 minutes pour luncher) ??? Malheureusement la réalité en est autrement pour moi. Je me dis que ce « temps pour soi » sera pour plus tard.

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