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Mea culpa

Mylène et son fils Isaac, 3 mois - Crédit:  Dbphotographie

Mylène et son fils Isaac, 3 mois – Crédit: Dbphotographie

On m’avait pourtant bien avertie: «Tu verras, travailler avec les enfants et avoir un enfant, ce n’est pas du tout la même chose.» 

Mylène Boutin

Je comprends maintenant ce que cela voulait dire! Je suis éducatrice depuis environ sept ans et j’ai principalement travaillé en pouponnière. Les bébés, je connais ça! J’en ai vu de toutes sortes, avec différents caractères, différents parents, différentes cultures. J’ai su m’y adapter. Puis, j’ai eu mon garçon… Du jour au lendemain, j’avais complètement oublié ce que c’était, un bébé. Je me suis sentie gauche, incompétente, dénuée de connaissances. L’amour que j’avais pour ce petit être était si fort que j’en oubliais tout! Ma crainte qu’il lui arrive le moindre mal inhibait toute ma capacité de raisonner.

Je suis maintenant maman.

J’ai vu des mères venir déposer leur bébé en pleurs à la garderie et se sentir angoissées de devoir me le laisser pour la journée. J’ai su les consoler. Puis, j’ai eu mon garçon… Même si j’arrivais à comprendre les émotions intenses qu’elles ressentaient, je ne les saisis vraiment que maintenant: la tristesse de devoir se séparer, l’inquiétude quand on se demande si la personne qui va s’occuper de notre petit saura bien comprendre ses pleurs et être là pour lui.

J’ai jugé, à mon grand malheur, des mamans qui donnaient tout à leur enfant pour acheter la paix et éviter une crise. Je trouvais que certaines n’imposaient pas assez de limites et que d’autres laissaient passer n’importe quoi. Puis, j’ai eu mon garçon… Oh que ses pleurs me rendent triste ! Je voudrais tellement tout faire pour lui éviter douleur et malheur! Je me sens mal si je n’arrive pas à le comprendre. Pourtant, je sais que je ne pourrai pas toujours tout faire pour lui…

Je pensais que c’était facile, avoir des enfants. Que tout se placerait tout seul, que je saurais toujours comment intervenir. Après tout, j’avais de l’expérience! Mais j’avais oublié le facteur émotionnel. Celui qui nous rend complètement dingue et qui nous empêche de réfléchir rationnellement. Je n’aurais jamais cru que toutes les joies que je vivais quotidiennement à mon travail pouvaient être décuplées. Les sourires de mon trésor me rendent mille fois plus heureuse que n’importe quel sourire de bébé. Et ses peines, mille fois plus triste que n’importe quelle peine que j’ai dû consoler.

Je suis maintenant maman.

Tu es le trésor qui ensoleille ma vie depuis maintenant sept mois, qui me fait repousser mes limites, qui m’apprend à mieux me connaître et pour qui je donnerais ma vie sans hésiter. Je t’aime plus fort que tout!

Source: Enfants Québec, novembre 2014

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