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Réunion parent-prof – Mode d’emploi

 

Crédit: Shutterstock

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Avec le premier bulletin vient le tête-à-tête avec l’enseignant de notre enfant. Des enseignantes et des mamans partagent leurs conseils afin que cette rencontre soit des plus profitables.

Catherine Mainville-M.

Pourquoi y aller?
«Pour certains parents, tout ce qu’il y a à savoir sur la scolarité de leur enfant se trouve dans le bulletin. Or, la rencontre parent-prof va bien au-delà des notes, dit Marie-Christine Bélisle, enseignante de 2e année à l’école Alfred-DesRochers, à Sherbrooke. C’est un moment souvent unique dans l’année, qui permet au parent de connaître le fonctionnement de la classe, de poser des questions, d’exposer ses inquiétudes et de savoir comment se comporte son enfant à l’extérieur de la maison.» Pour Gaby Lacoursière, maman de quatre enfants, ces rencontres ont aussi un but éducatif: «En y allant, j’envoie le message à mes enfants que l’école et l’avis de leur enseignant sont importants pour moi.»

Comment se préparer?
Afin de ne rien oublier et de maximiser les 15 minutes qui nous sont habituellement allouées, il vaut mieux noter nos questions à l’avance. «Plus les questions seront précises, plus les parents auront un portrait exact de la situation», souligne Brigitte Hamel, enseignante de 4e année à l’école Jolivent, à Belœil. Une bonne manière de trouver les points à aborder – et d’éviter les mauvaises surprises! – est d’éplucher les évaluations qui nous ont été envoyées depuis le début de l’année, conseille Geneviève M. Labelle, maman de Béatrice, 8 ans. Ainsi, plutôt que de demander comment va notre enfant de façon générale, on pourra s’informer de ses efforts en lecture ou de son comportement avec ses camarades de classe.

Quelles sont les attentes des enseignants?
Comme l’année est encore jeune, la plupart des enseignants cherchent avant tout à mieux connaître leurs élèves. En guise de préambule, le parent pourra dresser un portrait complet de son enfant, en parlant de son parcours et de sa vie familiale, sans omettre ses difficultés s’il y a lieu. Inutile de l’idéaliser! «Il ne faut pas avoir peur que l’élève soit étiqueté, assure Chantal Sabourin, enseignante de 1re année à l’école du Jardin-Bienville, à Saint-Hubert. Au contraire, en révélant les faiblesses de notre enfant, on permettra à l’enseignant d’adapter son approche.» N’hésitez pas à discuter de l’organisation à la maison. «Si, par exemple, un parent manque de temps pour aider son enfant à faire ses devoirs, c’est le moment d’en parler, précise Alexandra Bertrand, enseignante de 6e année à l’école Douville, à Saint-Hyacinthe. L’élève pourrait faire ses devoirs le midi ou bénéficier d’aide aux devoirs.»

Pour sa part, Marie-Christine Bélisle veut savoir comment ses élèves de 2e année se sentent à l’école. Ont-ils envie de venir le matin ? Sont-ils épuisés à leur retour? Comment vont les devoirs et les leçons? «Cela me permet de voir si j’en demande trop», dit-elle.

Avec ou sans son enfant?
Sur ce point, la façon de faire varie d’un enseignant à l’autre, et d’un parent à l’autre. Il n’y a aucune règle générale, il faut vous faire confiance. Par exemple, pour l’enseignante Alexandra Bertrand, le principal intéressé devrait être présent. «Que les commentaires soient positifs ou négatifs, il est important que tout le monde entende la même chose, fait-elle valoir. Du même coup, l’enfant peut participer à la recherche de solutions.» Nancy Lessard, maman de Noah, 5 ans, et Mathilde, 9 ans, considère elle aussi la présence de l’enfant comme positive. «C’est très valorisant pour ma fille d’entendre les commentaires élogieux de son enseignante. Cela l’encourage toujours à maintenir ses efforts.»

À l’opposé, Geneviève M. Labelle préfère que sa fille demeure à la maison. «Pour moi, il s’agit d’une conversation entre adultes. Si Béatrice était là, j’aurais tendance à filtrer mes propos afin de la protéger.» L’enseignante Marie-Christine Bélisle recommande de considérer l’âge de l’élève. «À 7 ans, l’enfant peut facilement être blessé; il est délicat de lui dire qu’il n’écoute pas ou que son écriture n’est pas belle. Lorsqu’on est seul avec le parent, il est beaucoup plus facile de dire les vraies choses.»

Un ou deux parents?
«Comme mon conjoint et moi ne retenons pas les mêmes choses, y aller en couple nous permet de mémoriser davantage d’information», témoigne Nancy Lessard. «La présence des deux parents vaut particulièrement pour les couples séparés, indique l’enseignante Chantal Sabourin. De cette façon, les deux parents ont la même information, ce qui permet de réduire les risques de conflits et d’assurer le suivi de ce qui est fait à l’école.»

Comment faire fructifier cette rencontre à long terme?
Selon l’enseignante Brigitte Hamel, le meilleur moyen de tirer profit de cette rencontre annuelle est de prendre des notes afin d’appliquer les solutions élaborées tout au long de l’année. On peut aussi en profiter pour demander des références de livres, d’applications ou de sites Web pour soutenir notre enfant.

Attention aux émotions! Rencontrer l’enseignant de notre enfant, c’est accepter d’entendre le meilleur, mais aussi parfois le pire. Il est toutefois important de garder en tête que ces commentaires se veulent constructifs, insiste Chantal Sabourin. «Certains parents se sentent agressés lorsqu’on soulève un point plus négatif. Or, notre but n’est pas de détruire l’enfant, mais de l’aider à évoluer en travaillant de pair avec les parents», assure l’enseignante. «Même s’il est difficile de constater que notre enfant vit des difficultés à l’école, il est important de demeurer ouvert et rationnel afin de passer rapidement à l’action pour l’aider», ajoute l’enseignante Alexandra Bertrand.

Nouvelle année, nouveau départ Ça n’a pas cliqué avec l’enseignant de l’année précédente? On met tout ça derrière nous et on profite de cette rencontre pour partir sur de nouvelles bases, conseille Alexandra Bertrand, enseignante de 6e année. Surtout, évitez de critiquer le dernier enseignant, recommande Brigitte Hamel, qui enseigne en 4e année. «Cette rencontre est pour l’enfant et doit donc porter sur lui. Tout le reste n’a pas sa place.»

Source: Enfants Québec, novembre 2014

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