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Ils veulent faire des sports extrêmes

Crédit: Sutterstock

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Nos enfants sont de plus en plus attirés par ces sports qui leur permettent d’aller toujours plus haut et toujours plus vite. Comment les accompagner… quand on n’arrive plus à les suivre?

Par Véronique Champagne

Samuelle, 5 ans, fait de la planche à roulettes. Paul, 9 ans, de la descente de bosses en vélo. Maude, 12 ans, a déjà essayé la tyrolienne au-dessus d’un canyon, et le deltaplane en tandem. Elle attend d’être assez grande pour faire du parachutisme et du saut à l’élastique. Ces petits sportifs extrêmes ne sont pas marginaux. Les activités non conventionnelles procurant de hautes doses d’adrénaline ont la cote, et pas seulement auprès des grands. D’ailleurs, du haut de ses 10 ans, Maxime trouve qu’il est bien assez âgé pour s’entraîner à faire des figures acrobatiques sur sa planche et rêve de participer à sa première compétition de big air (une discipline qui se pratique en s’élançant depuis une rampe géante). Sur Internet, il admire les exploits de ses planchistes préférés aux X Games – une compétition annuelle de sports extrêmes aux États-Unis –, dont certains ont à peine quelques années de plus que lui. «Il y a un gars, Tom Schaar, qui a gagné sa première médaille d’or quand il avait 12 ans, contre des vieux d’au moins 18 ans !, explique Maxime. Aujourd’hui, il a 14 ans. Il est vraiment trop hot, il réussit même à faire des sauts à 1080 degrés!» Peu impressionnée, Judith, la maman de Maxime, se réjouit pour sa part que de telles compétitions ne soient pas organisées au Québec. Elle n’interdit cependant pas à son fils de pratiquer son sport favori. «Nous avons insisté pour qu’il suive des cours avec un instructeur privé, dit-elle. Il a appris à vérifier et à ajuster son équipement de protection, à s’échauffer avant l’entraînement, à tomber de manière sûre. Nous lui défendons seulement de s’exercer ailleurs qu’au skate-park et nous exigeons que ce soit sous la surveillance d’un adulte… mais nous ne pouvons pas l’empêcher de sauter!»

C’est du sport!
Il est difficile d’arrêter un enfant lorsqu’il est passionné par une activité… même si l’on craint pour sa sécurité. Selon la Dre Debbie Friedman, directrice du Service de traumatologie à l’Hôpital de Montréal pour enfants, il n’est d’ailleurs pas souhaitable de freiner les ambitions sportives de nos amateurs de prouesses extrêmes. «Tout est une question d’équilibre, souligne-t-elle. Il faut encourager les enfants à être actifs, à cause des bénéfices physiques, psychologiques et sociaux des sports, et à savoir quels sont les risques des activités qu’ils choisissent de pratiquer. » Également directrice du Système canadien hospitalier d’information et de recherche en prévention des traumatismes (SCHIRPT) et professeure adjointe en pédiatrie à l’Université McGill, la Dre Friedman connaît bien les blessures dues aux pratiques sportives… mais elle ne condamne pas les sports extrêmes pour autant. « À l’exception des activités carrément stupides, comme de patiner en se faisant tirer par une voiture, je ne crois pas que certains sports soient plus dangereux que d’autres, dit-elle. C’est surtout le contexte qui l’est.» Elle illustre son propos par un exemple: «Un trampoline utilisé dans un gymnase, sous surveillance, en suivant les consignes et en adoptant les bons mouvements, est relativement sécuritaire pour un enfant… Mais quand ils sont six à sauter en même temps sur un trampoline installé dans une cour, sans personne pour les surveiller, c’est un scénario idéal pour les blessures.»

Patience et entraînement
Pour permettre des exploits spectaculaires, la plupart des sports demandent une bonne maîtrise technique. «Les enfants, surtout les plus jeunes, ont rarement développé les habiletés nécessaires aux prouesses», commente la directrice en traumatologie. Avant de faire leurs premières pirouettes en planche à roulettes, ils devront déjà apprendre à garder leur équilibre lorsque la planche est simplement en mouvement – ce qui est passablement moins excitant que les acrobaties qui les ont peut-être attirés vers ce sport!

En outre, même si un enfant est capable sur le plan physique de s’adonner à une activité, il peut encore manquer de maturité pour prendre rapidement les décisions adéquates. Par exemple, en vélo de montagne, il devra évaluer le terrain, ajuster sa descente en fonction des surprises du sol, et aussi estimer la vitesse des autres usagers de même que leurs réactions. Voilà qui lui fera beaucoup de variables à analyser! Il est d’ail-leurs préférable de ne pas se fier à son âge pour déterminer ses aptitudes à participer à une activité. «Votre enfant arrive-t-il à se poser les bonnes questions pour faire les bons choix? C’est sur-tout cela qu’il faut prendre en compte, recommande la psychoéducatrice Sté-phanie Deslauriers. Les enfants sont moins conscients que nous de leurs limites et de leurs forces, ils se connaissent moins. C’est le rôle des parents de les encadrer pour leur sécurité, mais également de sorte que leur expérience reste aussi positive que favorable au développement de leur estime personnelle.»

Faire confiance aux pros
«Rien de tel que le regard objectif d’un expert compétent pour rassurer un parent inquiet», croit Stéphanie Deslauriers, qui suggère d’inscrire les petits amateurs de sports extrêmes à des cours ou dans des clubs spécialisés pour leur initiation. «Il s’agit de leur donner la liberté de bouger comme ils le souhaitent, mais dans un certain cadre. Les balises doivent être sécurisantes pour les parents comme pour les enfants.»

De plus en plus de centres sportifs comprennent à présent des sections ou des infrastructures spécifiquement adaptées à la taille et aux capacités des jeunes participants: les bosses de BMX seront plus petites, les sentiers de vélo de montagne, moins accidentés, et l’accompagnateur de rafting choisira un parcours aux rapides moins périlleux… sans pourtant éliminer les sensations fortes ni le plaisir escompté. «Il est très réconfortant de voir nos jeunes intrépides s’amuser dans un environnement conçu pour eux», reconnaît Judith, qui passe presque tous ses dimanches au skatepark depuis que son fils Maxime a 5 ans. «Mais je préfère prévenir les jeunes parents : si votre enfant est un cascadeur dans l’âme, il va rapidement demander à essayer les terrains réservés aux grands… Bonne chance!»

Source: Enfants Québec, septembre 2014

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