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De belles nuits à tous les âges

Crédit: Istockphoto

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Naturel et évident, le dodo? Loin de là! Voici comment aider votre enfant à apprivoiser le sommeil. Par Assia Kettani

0 à 6 mois
L’horloge biologique s’installe
«La période de 0 à 3 mois est une période d’adaptation, rappelle Sylvie Galarneau, éducatrice spécialisée et auteure de Fais dodo mon trésor. Il faut laisser le rythme s’établir.» L’horloge interne du bébé l’amènera, petit à petit, à espacer ses tétées et à distinguer le jour de la nuit. Vers 6 semaines, la plupart des enfants expérimenteront leur première «nuit» de six heures d’affilée. Ce sera le moment idéal pour mettre en place un rituel du coucher, qui servira pour de longues années à venir. «Une routine faite du même enchaînement –le repas, le bain, les mêmes gestes répétés, les mêmes paroles –, un environnement calme et sombre, l’habitude d’être dans son propre lit pour entamer sa nuit, voilà les conditions qui aideront rapidement l’enfant à s’endormir de façon autonome», affirme cette spécialiste.

L’écueil à éviter: celui de lier l’endormissement à un rituel difficile à maintenir. «À 4 mois, un bébé peut connaître des problèmes de sommeil parce qu’il est accoutumé à s’endormir au sein, au biberon, avec la suce ou dans les bras d’un des parents, explique Evelyne Martello, infirmière clinicienne à l’Hôpital Rivière-des-Prairies. Il est devenu dépendant des adultes pour trouver le sommeil et, lors de ses réveils nocturnes, il recherche naturellement les mêmes conditions.»

Des solutions? «Coucher le bébé éveillé dans son lit, l’encourager à prendre son pouce ou un doudou qu’il peut facilement saisir, conseille Mme Martello. Il sera aussi souhaitable de le nourrir avant le bain plutôt qu’après, afin qu’il n’associe pas le sommeil avec la tétée.»

Lors des réveils nocturnes, il est par ailleurs recommandé de ne pas se précipiter. «Si le bébé a bu il y a une heure à peine, il faut lui laisser la chance de se rendormir seul», estime Evelyne Martello.

6 mois à 2 ans
Des hauts… et des bas!
Avec le début de la garderie et le retour au travail, l’heure du coucher devient parfois plus difficile! Dans son livre Enfin je dors… et mes parents aussi, Evelyne Martello cite plusieurs techniques: celle de la chaise, par exemple, consiste à s’asseoir près du lit de l’enfant jusqu’à ce qu’il soit assoupi, ou presque. Chaque soir, la chaise est reculée afin que l’enfant s’habitue à s’endormir seul.

La nuit, l’enfant n’est cependant pas à l’abri des bobos courants: les poussées dentaires ou les rhumes peuvent venir tout désorganiser! Que faire? «Dans ces cas-là, il faut bien sûr aller voir le petit, le réconforter, le soulager, le moucher s’il est congestionné, dit Sylvie Galarneau. Mais une fois le bobo passé, il importe de revenir le plus vite possible à la normale.» Attention toutefois: la faim et les dents sont deux causes au «dos large». Comment s’assurer qu’il s’agit bien de cela? «Ce que l’enfant a pu manifester pendant la journée est un bon indicateur, dit Mme Galarneau. Un bambin n’a pas mal aux dents seulement la nuit!»

Peut-être a-t-il faim? Là encore, nos spécialistes invitent à rechercher ailleurs la raison de son réveil nocturne. «À cet âge, explique l’éducatrice, sa ration calorique quotidienne est suffisante, et il n’a plus besoin d’un supplément la nuit.»

2 à 6 ans
L’âge terrible?
Avec l’entrée dans le terrible two, le sommeil des enfants risque d’être affecté par leur désir d’indépendance. Il peut donc être utile de les responsabiliser et de jouer sur leur chance de faire «comme les grands», notamment lorsqu’ils passent du petit au grand lit. «On peut leur accorder des “privilèges de grands”, comme de choisir leur pyjama ou leur histoire», dit Sylvie Galarneau. Et si le rituel du coucher se prolonge à n’en plus finir – la faute au dernier bisou, pipi, verre d’eau ou autre –, Evelyne Martello propose quant à elle des techniques de renforcement positif. L’une d’elles, nommée «ticket modérateur», consiste à laisser des figurines près du lit de l’enfant, à en ôter une chaque fois qu’il se lève, et à lui promettre une récompense en fonction du nombre de figurines restantes à la fin de la semaine. Dans le cas où, malgré ces efforts, le sommeil reste difficile à trouver, Mme Martello est d’avis de vérifier si les siestes ne seraient pas en cause: «Au-delà de 3 ans, indique-t-elle, des siestes de deux heures par jour peuvent nuire à l’endormissement. Les parents peuvent alors les écourter, ou même les supprimer les fins de semaine.»

D’autre part, les peurs nocturnes peuvent devenir plus importantes à cet âge. Sylvie Galarneau déconseille néanmoins de faire dormir l’enfant dans le lit de ses parents. «Ce serait lui confirmer qu’il a raison d’avoir peur et qu’il ne doit pas rester seul», dit-elle. Une petite veilleuse installée dans sa chambre et une attention particulière aux émissions qu’il regarde à la télévision peuvent s’avérer bénéfiques.

Les peurs et cauchemars communs sont différents des terreurs nocturnes. Survenant plus tôt dans la nuit que les cauchemars, ces dernières poussent l’enfant encore endormi à s’agiter, à crier, à se débattre et éventuellement à se lever. Les causes de ces terreurs impressionnantes ne sont pas toujours identifiables, aussi est-il difficile de leur trouver un remède. «On peut se pencher sur le niveau de stress ou d’anxiété de l’enfant, ou sur les événements récents de sa vie, avance Sylvie Galarneau. On a parfois observé que ces terreurs se produisaient lorsque l’enfant était très fatigué.»

6 à 12 ans 
Attention aux éléments  perturbateurs!
À l’approche de l’adolescence, le temps de sommeil diminue peu à peu: l’enfant qui s’endormait à 20 heures veut progressivement se coucher à 21 heures, puis à 22 heures. «S’il se lève comme d’habitude le matin, passe de bonnes journées et arrive à se concentrer, c’est sans problème, commente Evelyne Martello. Avec les changements hormonaux de la puberté, il est normal de se coucher plus tard.»

En revanche, plusieurs éléments extérieurs peuvent perturber le sommeil. «À ces âges, la télévision reste nocive. La lumière des écrans stimule le cerveau et fait baisser la production de l’hormone du sommeil, dit l’infirmière. D’autres causes entrent aussi en jeu et sont quelquefois difficiles à contrôler. Certains enfants, quand ils ont eu beaucoup de devoirs à faire le soir, ont du mal à décrocher.»

Parfois encore, un «décalage horaire» s’installe: l’enfant se couche plus tard et récupère la fin de semaine en se levant tard. Ce décalage, en persistant, sera source de fatigue. «En ce cas, il faut faire lever l’enfant assez tôt le matin, préconise Evelyne Martello, surtout le dimanche, afin qu’il puisse s’endormir de bonne heure le soir et ne pas démarrer sa semaine du mauvais pied.»

C’est enfin dans cette tranche d’âge que les parents pourront se préoccuper de l’énurésie, qui touche surtout les garçons. Puisque l’âge de l’acquisition du contrôle nocturne se situe entre 2 et 4 ans, mais parfois un peu au-delà, il n’y a aucune raison d’envisager un traitement avant 6 ans. L’auteure et éducatrice Sylvie Galarneau voit dans l’énurésie tardive un besoin d’attention qui peut surgir après un bouleversement, comme celui d’une naissance ou d’une rupture. «Passer un moment de qualité avec ses parents avant de dormir peut aider l’enfant à mieux se contrôler», soutient-elle. Parmi les autres solutions, on évoque en priorité l’entraînement vésical (consistant à se retenir volontairement dans la journée), une consommation réduite de boissons le soir et le lever au cours de la nuit, tout en sachant que la motivation de l’enfant reste le facteur clé. 

Source: Enfants Québec, octobre 2013

Commentaires

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5 commentaires

Caroline

« À 4 mois, un bébé peut connaître des problèmes de sommeil parce qu’il est accoutumé à s’endormir au sein, au biberon, avec la suce ou dans les bras d’un des parents »

Faut peu connaître l’évolution de l’être humain pour penser que l’endormissement au sein ou dans les bras est une mauvaise chose… ;) L’être humain a survécu grâce à l’allaitement de nuit et au cododo. Et même l’adulte ne dort *naturellement* pas 8 heures en ligne…

On peut essayer de forcer nos petits à dormir de facon « artificielle »… Ou on peut profiter de notre congé de maternité pour établir un super lien d’attachement et une production de lait optimale. ;)

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