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La vie est un sport extrême

Crédit: Julia Marois

«Attention!» «Doucement!» «Attends-moi!»

Combien de fois par jour répétez-vous ces sages injonctions à vos bambins?

Moi, j’ai parfois l’impression d’être un disque rayé, épuisé.

Petit Guillaume n’a jamais appris à ramper. Il a commencé par grimper. Aux murs. Aux rideaux du salon. Le long des étagères de la bibliothèque.

Un matin, il s’est redressé pour pousser sa petite auto en plastique, il a pris de la vitesse… et il s’est mis à courir. Depuis, malgré mes cris de protestation, je ne crois pas qu’il ait vraiment essayé de ralentir. Et moi, je cours derrière lui, bien sûr.

Tel un petit bulldozer à deux pattes, il fonce tout droit, sans jamais regarder devant lui, semble-t-il. Il tombe et se relève, collectionnant au passage bleus, bosses et égratignures – rien de plus grave heureusement… touchons du bois. C’est moi qui crie quand il se cogne. Lui, il ne pleure presque jamais!

Guillaume n’a pas de temps à perdre. Il veut aller plus loin, plus haut, plus viiiiiite. Il y a tant à explorer, vous comprenez. Par exemple, en posant une chaise et plusieurs coussins sur la table du salon, il est possible de faire une échelle. Ensuite, en tendant la main, on peut s’accrocher à la lampe et, qui sait, de là, se balancer pour rejoindre le chat dans sa cachette en haut de l’armoire… Pourquoi pas?

Vous pensez que j’exagère. Malheureusement non. Ce projet, mon petit équilibriste de 2 ans et demi l’a déjà mis en pratique. Je l’ai attrapé au vol alors qu’il venait d’atteindre le lustre.

Sur la photo de son premier jour à la garderie, mon fils a le nez écorché. La veille, il avait effectué sa première virée en skate acrobatique – « emprunté » à un ado, au parc, alors que j’avais le dos tourné.

Son éducatrice l’a déjà surpris en train d’essayer de sauter de table en table, jouant à imiter l’homme-araignée alors qu’il tisse sa toile entre les gratte-ciel de New York.

Suspendu dans un équilibre précaire à l’échelle de corde du bateau corsaire du parc à jeux, c’est lui que j’entends claironner: «En avant, bébé pirate!» Cela me ferait bien rire si je n’étais pas paralysée de peur.

Parfois, j’aimerais pouvoir faire porter à Guillaume un casque et des protections molletonnées en permanence. Ou alors, fermer les yeux pour ne pas voir où il va atterrir. Mais c’est impossible, n’est-ce pas? Il faut que je le laisse expérimenter et faire des chutes. Et il faut que je sois à ses côtés pour le relever… même si j’ai le souffle coupé.

Source: Enfants Québec, juillet-août 2014

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