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Mon accouchement éclair!

Crédit: Chantale Légaré, photographe

Crédit: Chantale Légaré photographe

Trois mamans nous racontent leur accouchement éclair… digne d’un film hollywoodien!

Par Sarah Poulin-Chartrand et Mariève Paradis

Marie-Ève et Aube
« Je prenais un bain, un soir, à la fin de ma grossesse. J’avais quelques contractions — toutes les sept minutes, mais rien de bien stressant. J’ai quand même téléphoné à ma mère pour qu’elle vienne s’occuper de notre aîné. Seulement, en sortant du bain, les contractions sont soudain devenues très douloureuses. J’étais incapable de m’asseoir, incapable de mettre mon pantalon…

Puis, j’ai eu une grosse contraction et j’ai pensé : “Si je perds les eaux, j’accouche.” La poche des eaux a crevé à cet instant précis! Mon conjoint a juste eu le temps de mettre le chien dans la garde-robe, et de m’enlever mon pantalon qui n’était qu’à moitié enfilé. La tête était presque sortie. C’est là que notre fille, Aube, a déboulé dans les bras de son papa!

Ma mère a appelé les services d’urgence quand elle a entendu le bébé crier. Je me suis allongée par terre, mon conjoint a clampé le cordon avec un lacet de soulier et, après l’arrivée des ambulanciers, c’est aussi lui qui a fini de le sectionner. J’étais certaine que personne ne me croirait, alors j’ai demandé à ma mère de prendre des photos!

Après coup, je me suis dit que cela aurait pu être dangereux, que mon conjoint aurait pu nous perdre toutes les deux. Mais cette expérience m’a également appris que j’étais capable d’accoucher toute seule, malgré toute la pression sociale et le sentiment général que les accouchements en milieu hospitalier sont les plus sécuritaires.

Mon troisième accouchement s’est aussi déroulé à la maison, et ces deux naissances m’ont procuré une telle confiance en moi que j’ai voulu en aider d’autres à vivre cette expérience. Je suis désormais accompagnante auprès de femmes qui accouchent. »

 

Crédit: Jean-Luc Bessette

Crédit: Jean-Luc Bessette

Isabelle et Arielle
«Après un premier accouchement de 22 heures, je souhaitais que l’arrivée de mon deuxième enfant soit un peu plus rapide. On peut dire que mon vœu a été exaucé au-delà de mes espérances!

Quatre jours avant la date prévue pour mon accouchement, j’ai eu une première contraction le soir, vers 21 heures. Elle était très faible. Vers 23 heures, j’ai appelé ma mère pour qu’elle vienne chercher notre aîné. Quand elle est arrivée, à 23 h 40, les contractions étaient plus intenses — déjà toutes les cinq minutes. Puis j’ai téléphoné à la maternité de l’hôpital, à Québec, et on m’a dit: “Venez vite !”

Au bout d’un court instant en voiture, j’ai demandé à mon mari d’accélérer, parce que le bébé arrivait. Même quand j’ai commencé à sentir le besoin de pousser, je voulais qu’il continue à rouler. Mais à peine quelques kilomètres plus tard, en mettant la main dans mon pantalon, j’ai réalisé que mon périnée était bombé. J’ai crié à mon mari: “Arrête-toi ! On ne se rend pas, la tête est en train de sortir!”

J’ai baissé mon pantalon, la tête est sortie, et ma fille, Arielle, est née 15 secondes plus tard. Elle n’a pas crié, pas pleuré, elle était calme, les yeux ouverts. Mon instinct me disait que tout allait bien. J’ai passé mon doigt dans sa bouche et regardé dans son nez. Mon mari a sorti une couverture du coffre. Je me suis dit qu’il faudrait que la petite crie, alors je l’ai un peu écartée de mon ventre et, après quelques secondes, elle s’est mise à crier. Nous avons décidé de nous rendre directement à l’hôpital plutôt que d’attendre une ambulance. Une fois sur place, nous avons été pris en charge assez rapidement.

Cela a été mon plus bel accouchement, il m’a apporté une telle confiance en mes capacités de donner naissance! Personne ne m’a dit quoi faire ni comment le faire. C’est ma fille qui a fait le travail, j’ai seulement suivi son rythme… Aujourd’hui, j’attends mon quatrième enfant et ma petite Arielle a déjà… 5 ans et demi!» 

Crédit: François Poulin

Crédit: François Poulin

Marie-Claude et Sarah-Maude
«Le 2 novembre dernier au petit matin, à presque 39 semaines de grossesse, j’ai commencé à avoir de petites contractions. Je croyais que ce n’était qu’une étape antérieure au travail parce qu’elles ne duraient pas plus de 20 secondes. Vers 16 h 30, encore capable de parler, j’ai fait quelques appels, dont un pour annuler un rendez-vous. Et… j’allais accoucher une heure plus tard!

Les contractions sont devenues de plus en plus intenses. François, mon conjoint, revenait de la garderie avec notre aîné, Arnaud. Je l’ai appelé pour qu’il se dépêche. Ensuite, j’ai voulu me rendre dans ma chambre parce que je ne voulais pas que mon garçon me voie souffrir autant. Mais j’ai perdu mes eaux avant d’y parvenir. J’ai paniqué, je sentais la tête descendre et j’étais toute seule!

Je suis donc allée à la salle de bains, et mon conjoint est arrivé à ce moment-là, précisément quand la tête du bébé atteignait la hauteur de mes genoux… Il a attrapé notre fille alors qu’il avait encore son manteau sur le dos!

Je n’ai pas eu le temps de penser aux choses qui auraient pu arriver… Il ne m’est même jamais venu à l’esprit d’appeler le 911! Je m’étais beaucoup informée sur l’accouchement naturel et les moyens de gérer la douleur. J’ai compris avec cette naissance que j’étais capable d’accoucher et qu’il me suffisait de rester à l’écoute de mon bébé, dans la position qui me convenait.»

Bébé arrive… maintenant!

Nous aimerions toutes que nos scénarios imaginés pour le grand jour se réalisent dans leurs moindres détails. Mais si, comme pour Marie-Ève, Isabelle et Marie-Claude, les événements se bousculent et surviennent plus vite que prévu, voici quelques conseils:

  • Appelez le professionnel qui vous a suivie pendant la grossesse (médecin de l’hôpital ou sage-femme).
  • Appelez le 911, où un téléphoniste vous guidera à distance tout au long de l’accouchement, jusqu’à ce que les services d’urgence arrivent.
  • Si une autre personne est présente sur les lieux, elle peut préparer une grande serviette propre, des ciseaux, un antiseptique, et se laver les mains soigneusement.
  • Une fois que la tête du bébé est sortie, il faut la soutenir et accompagner naturellement l’expulsion du reste du corps, sans tirer sur la tête ni sur le cordon. Gardez le bébé au chaud en «peau à peau», sous une couverture.
  • Si vous n’avez pas de poire à succion à portée de main, vous pouvez pencher le bébé sur le côté (ne pas le laisser sur le dos) pour laisser s’écouler les sécrétions susceptibles de se trouver dans son nez et sa bouche.
  • Il n’est pas urgent de couper le cordon ombilical, même si le placenta est déjà sorti. Pour stopper la circulation sanguine avant de couper le cordon, vous pouvez utiliser un lacet.
  • Vérifiez que la maman ne perd pas beaucoup de sang. Si elle en perd effectivement beaucoup, massez son ventre et assurez-vous que celui-ci est dur (cela veut dire que l’utérus se contracte bien) en attendant l’arrivée des secours.

Merci à Marie-Ève Saint-Laurent, présidente de l’Ordre des sages-femmes du Québec et à Dave Landry, premier répondant, pompier à la Ville de Montréal. 

Source: Enfants Québec, mai-juin  2013

 

Commentaires

commentaires

Un commentaire

Luca

de9je0 e0 la maternite9 quand on trovuera une puer e0 l’e9coute syste9matiquement (et pas qui t’asse8ne ses dictats) et des SF qui sont e0 l’e9coute des douleurs post-accouchements ignobles dont personne ne parle (tu dois eatre heu-reuse, pas voir mal comme un chien, voyons)…Je me souviens, toujours pas endormie e0 4H du mat, en train de mendier n’importe quoi pour faire cesser mes maux de bide…grrr

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