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Que faire pour arrêter la violence fraternelle?

«Ma fille de 7 ans est très jalouse de sa grande sœur. Elle la blesse souvent physiquement, et l’a même déjà menacée avec un couteau. Que faire pour arrêter cette violence?» Martine, Varennes

Il est extrêmement difficile, dans le cadre restreint de cette chronique, de poser un diagnostic ou de vous donner les meilleurs conseils. Pour saisir les causes sous-jacentes de cette violence, il nous faudrait connaître la dynamique familiale, évaluer quel rôle y joue la grande sœur, savoir depuis combien de temps dure cette situation, déterminer s’il s’agit d’un problème développemental, d’un trouble de l’attachement, d’un TDAH, etc.

Une chose est sûre: il faut intervenir. Ces comportements révèlent peut-être une grande détresse ou une incapacité. Une sœur est parfois le reflet de ce qu’on n’est pas. On se compare à elle. On envie ce dont elle a hérité. La colère que votre cadette ressent envers son aînée peut en fait traduire ce qu’elle éprouve pour elle-même. Et cette colère, elle pourrait un jour la retourner contre sa propre personne.

Les risques associés à l’impulsivité que vous décrivez justifient une consultation urgente. Il faut que votre fille soit évaluée. Contactez votre CSSS ou un psychologue en cabinet privé (ordrepsy.qc.ca). Dans toute la Montérégie, les CSSS offrent les services d’équipes de professionnels en santé mentale infantile – et si vous ne pouvez les obtenir rapidement, parlez-en sans hésitation à votre médecin.

En attendant, essayez de bien cibler les comportements à changer. Soulignez les efforts que votre fille fait pour s’améliorer, plutôt que de la punir lorsqu’elle agit mal. Valorisez ses bons gestes. Et portez attention à votre fille aînée: peut-être joue-t-elle un rôle, conscient ou non, dans les agissements de sa sœur.

Trucs de pro
Quatre clés pour contrer la rivalité dans une fratrie :
1. Éviter de comparer les enfants entre eux.
2. S’abstenir de prendre parti.
3. Encourager ce qui rend chaque enfant unique – sa force particulière. Trouver une activité calme ou agréable par laquelle chaque enfant peut se valoriser et ainsi développer son estime de soi.
4. Valoriser les bons choix et les compromis relevant des valeurs souhaitées: l’entraide, les tâches ou activités en collaboration, les manifestations de fraternité (de protection mutuelle, par exemple).

Propos recueillis par Marie-Claude Fortin

Source: Enfants Québec, mai-juin 2014

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