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Histoires de feu de camp

Feux camps enfants

Crédit: Shutterstock

Une semaine en camp, c’est plus que des vacances… c’est un rituel de passage. Voici de belles histoires de famille à raconter aux petits campeurs.

La tradition a commencé il y a plus d’un siècle, sur les rives de lacs parmi les plus beaux du Québec. En 1894, à l’initiative du YMCA de Montréal, ils ont été 28 jeunes garçons à découvrir les joies du plein air pendant 15 jours sur l’île du lac Saint-Joseph. Le tout premier camp de vacances du Québec était né ! L’apparition massive de camps francophones a dû toutefois attendre après la Deuxième Guerre mondiale. Dans les années 1950 et 1960, nombre de communautés religieuses, de collèges classiques et d’institutions fondèrent effectivement des camps qui marquèrent plusieurs générations. «Au fil des ans, j’ai vu le regard de quantité de parents et de grands-parents s’illuminer lors des journées portes ouvertes, parce qu’ils se remémoraient ce qu’ils avaient vécu enfants, dit Christine Martin, coordonnatrice des activités et employée depuis 30 ans au camp Le P’tit bonheur, dans les Laurentides, fondé en 1962 par le père Marcel de la Sablon-nière. C’est comme s’il s’agissait d’une expérience hors du temps.»

Une tradition familiale Née en 1939, Adrienne Rainville désirait plus que tout aller en colonie de vacances lorsqu’elle était fillette, mais elle devait travailler à la ferme de ses parents. Une fois devenue mère, elle fit en sorte que ses 4 enfants et, après eux, ses 12 petits-enfants connaissent les joies des séjours en pleine nature. Son rêve de petite fille, grand-maman Adrienne le vit maintenant chaque été en tant que bénévole au camp Mariste, qui a vu passer de nombreux contingents de jeunes depuis sa fondation par les Frères maristes en 1957. «C’est l’endroit où je me sens le mieux au monde», témoigne la dame de 73 ans. Au cours du temps, tous les membres de la famille Rainville s’y sont bâti des souvenirs: anciennes monitrices, les filles Rainville ont commencé à louer le chalet voisin le jour où leurs propres enfants sont devenus campeurs. «Mon expérience de campeuse, je l’ai vécue avec mon frère, ma sœur, mes cousins et mes cousines à mes côtés, relate Camille, petite-fille d’Adrienne. Mes parents n’étaient pas bien loin, et je croisais occasionnellement ma grand-mère qui s’occupait du lavage ou de la bibliothèque, et que tout le monde appelait affectueusement “Comptine”. C’était rassurant pour moi de les savoir si proches, mais rapidement, j’ai insisté pour qu’ils me laissent dormir au camp plusieurs nuits d’affilée.»

Des amours de camp Les parents de Camille se sont connus au camp Mariste alors qu’ils y étaient moniteurs. «L’été passé, cette pensée m’a soudain frappée alors que je conduisais Camille à sa formation d’aspirante monitrice… 25 ans après nous!», dit sa mère, Martine Rainville. C’était maintenant à son tour d’embarquer les enfants dans la folie des thématiques estivales et de les encourager à relever des défis – comme de sauter trois fois du tremplin de sept mètres, ainsi qu’elle le faisait au même âge. «Tant que Camille (17 ans) ou Rosalie (11 ans) seront au camp, nous louerons le chalet et offrirons notre aide aux organisateurs. C’est notre façon de redonner à d’autres tout ce que nos enfants ont reçu sur le plan de la confiance, de la maturité et du dépassement de soi.» C’est aussi dans un camp de vacances que la vie amoureuse – mais aussi professionnelle – de François Vézina prit son envol. Aujourd’hui directeur du camp Kéno, près de Québec, fondé en 1966 par le père Paul Bélanger et spécialisé dans les expéditions en canot, il se souvient cependant qu’il n’avait pas du tout aimé sa première expérience de campeur. «J’avais 10 ans et j’étais parti pour deux mois, dit-il. Cela avait été tout un choc pour le gamin introverti et timide que j’étais.» C’est pourtant à l’occasion d’un travail d’été au camp Kéno qu’il a rencontré son épouse. Il avait 16 ans. «En ce temps-là, la majorité des camps n’étaient pas mixtes, poursuit-il, et très peu de filles travaillaient dans ceux qui étaient destinés aux garçons. Le regard d’Isabelle, responsable de l’activité “brico-nature”, a croisé le mien, et nous avons amorcé une relation amoureuse. Je me rappelle que je m’arrangeais avec le coordonnateur pour avoir le même soir de sortie qu’elle, afin de la courtiser. Le moment venu, notre voyage de noces a été de courte durée… puisque nous devions justement revenir pour nous occuper des classes nature!» Les trois enfants du couple ont évidemment tous séjourné au camp Kéno. «Notre fille Caroline a été fortement marquée par ses séjours d’aventure, où elle s’en allait parcourir 65 km de rivière en 30 jours, raconte fièrement François Vézina. À présent monitrice, elle s’intéresse à la psychoéducation thérapeutique par le plein air et compte y faire une carrière.»

Frères et sœurs, unis pour la vie Les rêves de grands espaces, d’expéditions entre lacs et forêts, de mémorables équipées se transmettent souvent de génération en génération. Véronique Pelletier avait 8 ans lors de son premier été au camp Minogami (fondé en 1955 par le géant Weicker, qui à sa mort légua son domaine à la «jeunesse canadienne-française»). Comme ses frères et sœurs, et par la suite ses cinq enfants, Véronique a engrangé de précieux souvenirs pendant ses étés de campeuse.  «Je me souviens d’un jeu de nuit où j’avais été “kidnappée” alors que nous nous aventurions sur un sentier en plein bois!, dit-elle en riant. J’avais vite été rassurée sur le fait qu’il s’agissait bel et bien d’un jeu, mais mes amis témoins de l’enlèvement” avaient eu toute une frousse ! Je ne crois pas que de telles plaisanteries soient encore possibles à notre époque!» Des histoires comme celle-là, les enfants de Véronique en dévoraient avant d’aller au lit. Encore et toujours, ils réclamaient les aventures de leur mère à «Mino». «On veut aller au camp!», suppliaient-ils en chœur avant même d’être en âge de s’y rendre. «Je dis souvent que mes enfants n’ont pas choisi d’être frères et sœurs, mais par cette expérience partagée, ils ont choisi d’être les meilleurs amis du monde, affirme Véronique. Durant leurs séjours au camp, ils vivaient quelque chose de grandiose en dehors du giron papa-maman. Tous les ans, je les envoyais au camp à la fin des classes, et ils revenaient au bout de deux semaines complètement transformés. Ils chantaient des chansons, se racontaient toutes sortes d’anecdotes.» Les cinq enfants de Véronique Pelletier ont tous vécu la grande aventure des séjours en canot-camping: «Tout le personnel du camp, avec les parents et les campeurs, se réunissait sur les berges du lac pour les accueillir dans un joyeux brouhaha de rires, de cris et de chansons, se rappelle la mère de famille. Les parents pleuraient et s’inquiétaient pour eux : avaient-ils eu froid, ou faim? Les plus jeunes les admiraient en se disant que plus tard, ce serait à leur tour d’être les héros du jour. Mes enfants revenaient avec une fierté et un sentiment de liberté formidables… qui les mettaient de bonne humeur pour le reste de l’été!»

Source: Enfants Québec, mai-juin 2014

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