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Prête pour un deuxième ou un troisième enfant?

Sandra Paradis, entourée de ses fils, Benjamin (à gauche) et Jérémy Bienvenue au petit dernier, Thomas, né le 1er janvier 2014 Crédit: Marie-Josée Legault

Sandra Paradis, entourée de ses fils, Benjamin (à gauche) et Jérémy
Crédit: Marie-Josée Legault

Amour, santé, argent, disponibilité, sens de l’humour… Faites le point avant de remettre en marche la machine à bébés.

1 Quel est votre nombre idéal?
«Comme dans le cas de bien d’autres comportements, la planification familiale répond à une norme sociale très intériorisée, explique Laurence Charton, démographe et chercheuse à l’INRS, spécialiste de l’évolution des parcours familiaux. Au Québec, les intentions à ce propos sont vraiment homogènes: les gens veulent avoir deux enfants, de préférence à deux ans d’intervalle et avant l’âge de 30 ans.»

«Dans toutes les enquêtes occidentales, les couples déclarent souhaiter mettre au monde deux enfants, indique Laurence Charton. On peut donc penser que l’enfant unique n’est pas forcément un choix, mais plutôt le fait de contraintes telles qu’une rupture, des soucis de santé ou des problèmes financiers.» Quoi qu’il en soit, selon le psychologue François St-Père, avoir un seul enfant n’est pas toujours une mauvaise chose: «On dépeint souvent cet enfant comme malheureux et égocentrique, en voyant de la cruauté à le laisser sans frères et sœurs, dit-il. Les recherches ont cependant prouvé que la condition d’enfant unique n’avait aucun impact négatif sur le développement.»

Les dernières données de l’Institut de la statistique du Québec le confirment:

parmi les femmes nées dans la première moitié des années 1970, 41% auront deux enfants, 23% en auront trois, et 18% n’en auront qu’un.

Pour Nathalie Messier et son conjoint, un couple dans la trentaine, deux était le nombre magique. «Deux enfants, et pour toutes les raisons!», insiste Nathalie, désormais maman d’une fillette de 7 ans et d’un petit garçon de 4 ans. Selon elle, tout est plus pratique pour une famille de quatre personnes, dans notre société où tout est «pensé» en fonction de ce schéma. «Un troisième enfant exige une maison et une voiture plus grandes, une organisation plus compliquée pour les voyages… et, au quotidien, sans doute davantage de patience, dit-elle. La nôtre est faite pour deux enfants!»

De nombreuses familles éprouvent néanmoins la tentation du «p’tit troisième». Et cette tendance pourrait augmenter: «On remarque en effet une légère reprise des enfants de troisième rang, sans doute encouragée par la nouvelle politique des services de garde et des congés parentaux», rapporte la démographe Évelyne Lapierre-Adamcyk, de l’Université de Montréal.

2 Êtes-vous sur la même longueur d’onde que votre conjoint?
«La décision d’avoir un enfant supplémentaire ou d’y renoncer appartient aux deux partenaires, rappelle le psychologue François St Père, spécialiste de la thérapie de couple. C’est une question délicate, qui nécessite souvent de s’asseoir et de discuter. Un désaccord entre les conjoints peut causer de fortes tensions… Il faut donc prendre le temps d’écouter – et d’entendre – les raisons avancées par l’autre pour vouloir un nouvel enfant ou, au contraire, ne plus en vouloir.» Parfois, cette discussion de fond révèle des incompatibilités ou un refus de s’engager, et peut même précipiter une séparation. Si le couple est solide, elle pourra donner lieu à une forme de compromis. «On peut décider ensemble du temps à accorder à ce projet et des conditions qu’on souhaite atteindre pour qu’il se réalise, suggère François St Père. Il peut s’agir de l’amélioration de la situation financière, d’une thérapie de couple destinée à
rassurer le conjoint inquiet, voire d’un rajustement en tant que couple.» Enfin, certains auront besoin de revoir le partage des responsabilités, qui pourrait être déterminant dans la décision d’agrandir leur famille. «Je rencontre des couples dont celui qui veut l’enfant s’engage à s’en occuper davantage, à se lever la nuit, et s’il le faut à mettre sa carrière de côté pour un temps, ce qui est parfaitement louable», témoigne le psychologue.

Est-on heureux en présence des enfants? C’est la seule question à se poser, selon moi! – François Gauvin, trois fois papa

3 Famille, ou carrière?
À 31 ans, Cyriana, mère d’une fillette de 18 mois et d’un garçon de 2 mois, est en proie à l’hésitation. «Nous pensions nous arrêter là, mais pourtant, j’y pense de plus en plus, avoue-t-elle. D’autant que mon mari serait partant… et que l’idée de ne plus jamais donner la vie me chagrine énormément!» Ce qui la fait hésiter? La crainte de devoir choisir entre son emploi et sa famille. Dans les faits, la décision d’accroître la famille repose souvent sur les femmes: effectivement, comme leur salaire est encore en moyenne inférieur à celui des hommes, c’est surtout elles qui essayent d’adapter leur horaire de travail aux événements, par exemple en négociant un statut de temps partiel avec leur employeur – quand elles ne mettent pas carrément leur carrière entre parenthèses pour prendre soin du petit dernier. Toutefois, selon la sociologue Denyse Côté, directrice de l’Observatoire sur le développement régional et l’analyse différenciée selon les sexes (OREGAND) à l’Université du Québec en Outaouais, les Québécoises disposent de plusieurs avantages qui leur permettent de poursuivre leur carrière tout en élevant trois enfants. «Ici, l’éducation des enfants ne revient plus exclusivement aux femmes, et le partage des tâches dans le couple est devenu la norme sociale, cite la chercheuse. Ajoutons à cela que les horaires de travail sont souples et que les congés de maternité sont généreux.»

Mélanie, une Québécoise dans la mi-trentaine, a réussi à continuer de travailler malgré ses trois enfants, en réduisant son temps de travail. Cette enseignante au primaire fait actuellement des remplacements qui l’occupent à «2/3 de temps». Mélanie précise qu’elle retrouvera sans tarder son emploi d’enseignante à temps plein, maintenant que ses enfants ont atteint 9, 5 et 3 ans. «J’ambitionne de tout avoir, dit-elle, une famille unie, un travail enrichissant et des amitiés nourrissantes. C’est pourquoi je vais déléguer ce que je juge le moins important: le ménage, la popote…»

La question de l’âge: seulement dans la tête?
Malheureusement, non! Toutes les recherches prouvent que la fertilité décline avec le temps. «Entre 35 et 40 ans, les taux de conception chez la femme diminuent de moitié et, après 42 ans, les chances de grossesse sont de l’ordre de 10%, pour n’être plus que de 2 à 5% après 45 ans, confirme Serge Bélisle, professeur et obstétricien-gynécologue au Centre hospitalier de l’Université de Montréal. Chez l’homme, la baisse de fécondité s’observe plutôt après l’âge de 45 ans.» En outre, si la chance d’une grossesse se présente, celle-ci sera considérée «à risque élevé». «Les probabilités de fausse couche et de malformations congénitales augmentent alors, pour se situer respectivement à 50% et à 3% après 40 ans», précise le professeur.

Source: Enfants Québec, avril 2014

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