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J’ai testé les cuisines collectives

Crédit : Martine Hilaire

Crédit : Martine Hilaire

Je fais partie d’un groupe de cuisine collective. Une fois par mois, je retrouve ma «gang», et nous cuisinons pour une armée. Je vais vous raconter comment j’ai eu la piqûre et pourquoi je ne pourrais plus m’en passer…

«Huit boîtes de tomates, 24 poivrons colorés, une dizaine de têtes d’ail, 5 litres de bouillon de bœuf, 2 kilos de carottes… » Je consulte ma liste tout en remplissant mon chariot. Eh bien, ça va me faire des muscles, de transporter cette cargaison dans le bus! Ça y est, je suis prête. J’embrasse mon fils et mon conjoint: ils vont passer un samedi entre hommes, moi je m’en vais cuisiner! Ce matin, j’ai rendez-vous avec Martine, Dean, Virginie, Serge-André et Marie-Noël à 9 heures pour préparer du ragoût de bœuf à l’irlandaise, du pain aux lentilles, de la polenta aux saucisses et aux champignons, et un mijoté de poulet aux poivrons et aux agrumes. Notre programme? Cuisiner assez de portions de ces mets pour garnir nos boîtes à lunch pendant un mois et nous sauver la vie les soirs de grosse fatigue. Dans l’idéal, il faudrait que tout soit fini et emballé à 15 h 30. J’ai promis à mon fils de l’emmener à la bibliothèque avant la fermeture. Cela paraît fou? Totalement! Mais je vous assure que c’est possible.

Objectif: mieux manger et économiser
Depuis environ un an et demi, une fois par mois, je me joins au groupe des Beaux samedis, aux Cuisines collectives du Grand Plateau, à Montréal. Créé en 1991, cet organisme local à but non lucratif permet à ses membres (en échange de quelques dizaines de dollars d’adhésion ou de quelques heures de bénévolat par an) de «popoter» en groupe afin de mieux planifier leur alimentation et d’économiser en achetant en plus grande quantité. Ses locaux bien équipés sont situés dans le demi-sous-sol d’un immeuble à logements sociaux de la rue Saint-André et comprennent une cuisine avec trois poêles, des kyrielles de marmites, plaques, moules à gâteau, plats et ustensiles en tout genre, un vaste garde-manger avec trois congélateurs, en plus d’une grande chambre froide comme dans les restaurants. Des groupes de 5 à 8 personnes s’y retrouvent les soirs de semaine ou les weekends pour préparer le maximum de plats ensemble, éventuellement sous la supervision d’un animateur. Les mets réalisés sont divisés en part égales – à la cuillerée près! –, comme la facture d’épicerie. Certains groupes sont végétariens, d’autres cuisinent en quantités impressionnantes (afin de ne pas avoir à le faire du tout à la maison), d’autres encore le font sans gluten ou exclusivement bio. Celui que je fréquente est dédié à la cuisine familiale santé… mais gourmande!

Mon baptême du feu
J’ai commencé à m’intéresser aux cuisines collectives lorsque j’étais enceinte. Mon conjoint et moi adorons cuisiner et, pour nous, préparer les repas n’a jamais été une corvée. Mais instinctivement, je me disais qu’avoir en permanence quelques petits plats tout prêts dans notre congélateur simplifierait grandement notre nouvelle vie de parents. Je me suis donc ins crite pendant mon sixième mois de grossesse. J’imaginais que ce serait facile et amusant. Je crois que j’avais regardé trop d’émis sions culinaires, où les animateurs bavardent tandis que leurs recettes mijotent comme par magie! Je suis tombée de haut. Cuisiner pour cinq familles, même en groupe, c’est de l’ouvrage. Cela fait beaucoup de légumes à éplucher, et encore plus de casseroles à laver ! Je l’avoue, à l’issue de ma première séance, j’étais un peu découragée. Après avoir préparé toute seule dix tartes au sucre en une après-midi (oui, j’ai confectionné la pâte moi-même), j’étais épuisée. J’ai décidé de remettre à plus tard ma participation aux cuisines collectives, de terminer ma grossesse au calme et de revenir lorsque je me sentirais prête à laisser mon bébé à son père toute une journée.

Ce beau jour est arrivé lorsque mon fils avait 6 mois. J’étais en congé de maternité, et c’était la première fois que je sortais sans mon poupon pour de si longues heures. Je n’ai pas regretté ce deuxième essai. J’ai adoré retrouver le groupe. Martine, notre animatrice, avait fait du café et réchauffé quelques bagels pour que nous commencions la journée dans la bonne humeur. Nous avons récapitulé les différentes étapes des recettes et attribué des tâches à chacun. Dean s’est gentiment proposé pour éplucher la montagne d’oignons et d’ail nécessaires. En coupant les autres légumes, qui aurait pu rassasier une quarantaine de convives. Nous avons pris le temps de dîner dans une ambiance joyeuse et de choisir d’appétissantes recettes pour la fois suivante, avant de planifier nos achats. Toujours serviable, Dean s’est chargé de la comptabilité et de la collecte des factures ainsi que de la contribution de chacun.

À la fin de la journée, j’ai rapporté à la maison 20 portions d’orge et pois chiches pilaf, 10 portions de porc au fenouil, plusieurs litres de ragoût de légumes, 12 portions de curry à la japonaise… et j’avais dépensé 37$ seulement!

À mon retour, fatiguée et les vêtements imprégnés d’odeurs de cuisine, j’ai retrouvé mon bébé et mon amoureux. Ils avaient adoré leur première journée entre hommes, et tout s’était bien passé. Et lorsque j’ai déposé tous mes bons petits plats sur la table, le regard alléché et ravi de mon conjoint a récompensé tous mes efforts!

Les effets secondaires de ma participation aux cuisines collectives

  • Je passe pour une fée du logis auprès de mes collègues, qui admirent mes lunchs.
  • Ma facture mensuelle d’épicerie a diminué du tiers.
  • J’ai rencontré des gens formidables, qui sont devenus des amis.
  • Mon fils les adore aussi, et c’est un excellent levier pour lui faire consommer des légumes: «Mange, c’est matante Marie-Noël qui a cuisiné ça pour toi!»
  • J’ai appris une foule d’astuces pour économiser à l’épicerie, cuisiner en grande quantité, réduire le coût des recettes.
  • Avant, j’étais une gourmande qui aimait faire la cuisine. Aujourd’hui, je suis une bonne cuisinière… et j’en suis fière!

Découvrez mes recettes préférées des cuisines collectives.

Information: Regroupement des cuisines collectives du Québec et Cuisines collectives du Grand Plateau

Source: Enfants Québec, février-mars 2014

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