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Adieu chaussons… bonjour bâton

Crédit: Luc Boileau

Crédit: Luc Boileau

À 2 ans et demi, ce fut la catastrophe avec les cours de gymnastique: adieu, Nadia Comaneci en devenir! À 3 ans et demi, ce fut la déception avec les cours de ballet: adieu, Karen Kain! À 4 ans, alors que je pensais avoir finalement trouvé LA bonne activité pour notre fille aînée, une autre fin prématurée se dessina avec le karaté. À 5 ans, c’était décidé: puisqu’elle aimait patiner, elle irait suivre des cours de patinage artistique avec sa petite sœur. Mais il y avait un hic: pas moyen d’enlever à Amélie ses patins de garçon!

Heureusement, son entraî­neuse Laurie a alors gentiment accepté que notre fille passe ses niveaux chaussée de ses patins de «gars». Et avec raison: Amélie les a tous réussis avec brio et en moins de deux! Une fois rendue à la mater­nelle, notre fille nous a de­mandé de lui acheter un bâton, des jambières, des gants, un casque… Et nous voilà en train de lui offrir son premier ensemble de joueuse de hockey de rue pour Noël.

Je croyais à ce moment-­là qu’elle désirait surtout «jouer à la joueuse de hockey»… Et pourquoi pas? Je me trom­pais. Si vous aviez vu son visage quand elle a déballé son cadeau. Elle n’y croyait pas elle­-même! Elle était maintenant prête à apporter son p’tit kit de hockey à l’école pour y jouer le midi et pendant les récrés.

Au début, personne ne voulait jouer avec elle, jusqu’au jour où un petit garçon lui a demandé de remplacer Antoine, qui était absent. Depuis cette fameuse journée, notre Amélie part tous les matins avec son sac d’école, sa boîte à lunch et son équipement de hockey sous le bras. Et elle n’est plus la petite remplaçante; elle fait partie de l’équipe de hockey du dîner et des récrés de son école de quartier. C’est d’ailleurs cette vie d’équipe qui lui a donné le goût de jouer, elle aussi, dans une «vraie» équipe, en dehors de l’école, comme ses amis.

Nous l’avons d’abord inscrite dans de petits camps, mais elle continuait de nous demander de faire partie d’une vraie équipe. Néophyte en la matière et très peu convaincue de son choix, me voilà donc à chercher une équipe de hockey féminine près de chez nous. Ouf! Après avoir parlé à 100 000 personnes tout aussi gentilles les unes que les autres, j’ai FINALEMENT trouvé. Notre Amélie allait bientôt se joindre à l’équipe de filles des Rapides de Champlain.

Deux années se sont écoulées depuis, et notre fille aime encore autant jouer au hockey, à l’école comme après l’école, hiver comme été. Elle parcourt le cahier des sports tous les matins, elle écoute le hockey à la télé (habillée de son équipement!), elle décore sa chambre avec des photos de joueurs… Elle aime vraiment ce sport, et ce, malgré les remarques surprenantes qu’elle entend parfois. C’est que, comme il y a peu d’équipes féminines, Amélie et ses coé­quipières jouent régulièrement contre des garçons, et certains de leurs parents se font entendre plus que d’autres dans les estrades: «Va mettre ton mascara!… As­-tu tes règles aujourd’hui?» Ça me fait bien rire! Mais vous comprendrez que quand l’équipe des filles gagne contre une équipe de garçons, c’est une double victoire!

Notre Amélie a donc trouvé sa voie, et le plus drôle c’est que… nous n’y sommes pour rien! Elle l’a découverte elle­-même. Et même si mon mari est bien content d’avoir deux filles, maintenant que sa plus grande joue au hockey, il a un peu l’impression d’avoir le meilleur des deux mondes. Un père comblé, quoi!

Tandis que moi qui n’aurais jamais imaginé passer mes week­ends à l’aréna, je suis devenue une partisane inconditionnelle des Rapides de Champlain!

Et c’est grâce à Amélie que je suis maintenant une «fan finie» de hockey qui scande dans les gradins «LET’S GO AMÉLIE, LET’S GO!» Je suis tellement fière de ma fille quand je la vois si heureuse et comblée, avant et après un match… Elle fait maintenant partie d’une équipe, une VRAIE équipe! Elle m’a d’ailleurs dit dernièrement que son nom était Amélie Price, et que plus tard, elle jouerait au hockey l’hiver, et au golf l’été… C’est dire combien le sport peut donner des ailes.

Merci, Laurie!

Sylvie Payette, Éditrice

N.B.  1: Amélie et moi, nous sommes prêtes pour les Jeux de Sotchi… Bonne chance à l’équipe de hockey féminine canadienne!

N.B. 2:  Pour sentir l’énergie qui se dégage d’une équipe de hockey féminine, je vous invite à visionner ce reportage vidéo de la SRC, mettant en vedette Magalie Labrosse, de l’équipe des Rapides de Champlain.

Source: Enfants Québec, février-mars 2014

Commentaires

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Un commentaire

Virginie

Bonjour ma fille Léa 9 ans est pationner de hockey aussi et ce après avoir été dans une troupe de danse, natation,soccer ! Je suis content car elle est pleine de talent elle a même la posture d’une futur joueuse olympique ! J’ose espérer que lorsqu’elle fera partie d’une véritable équipe(cour d’initiation au hockey pour cette année) elle n’aura pas à vivre avec des gens ignorants et leurs commentaires arrières… Je l’encouragerais tant et aussi longtemps qu’il le faudra ! Soyons fières de nos filles !

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