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Alcool et grossesse: est-ce vraiment risqué?

Photo : istockphoto

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À l’approche des Fêtes, ce petit verre de vin si tentant est-il vraiment néfaste pour la femme enceinte? Le point sur l’alcool pendant la grossesse.

Par Sarah Poulin-Chartrand

En juin 2012, une étude danoise publiée dans BJOG: An International Journal of Obstetrics and Gynaecology en arrivait à la conclusion que la prise d’alcool légère ou modérée pendant la grossesse (jusqu’à huit consommations par semaine) avait été sans conséquences sur le développement d’enfants observés à l’âge de 5 ans. Est-ce là le début d’un assouplissement par rapport aux déclarations officielles? Le Dr Samuel Harper, médecin de famille au Centre hospitalier de l’Université de Montréal, où il fait également des suivis de grossesse et des accouchements, n’en est pas convaincu. Certaines femmes enceintes aimeraient peut-être que les données scientifiques retiennent la théorie du «gros bon sens» et ferment les yeux sur la prise occasionnelle d’un petit verre, mais les recommandations médicales sur la consommation d’alcool prônent, encore et toujours, une abstinence complète tout au long de la grossesse.

Le Dr Samuel Harper, pour sa part, est catégorique: mieux vaut que la femme enceinte ne boive pas du tout. «Actuellement, on n’est pas en mesure d’affirmer que même une petite quantité d’alcool est inoffensive, signale-t-il. C’est pourquoi il est préférable de s’abstenir.» Autrement dit, le seuil maximal d’une consommation sans danger pour le foetus n’étant pas connu, les instances chargées de guider les futurs parents optent pour la prudence et encouragent la «consommation zéro».
Le Dr Richard Bélanger, pédiatre au CHUL, à Québec, et membre du comité consultatif sur la santé publique à la Société canadienne de pédiatrie, partage entièrement l’avis du Dr Harper. «Puisqu’il est effectivement impossible d’établir un niveau de consommation sans risque pour le foetus, se dispenser de boire est la seule assurance que l’enfant ne sera pas atteint du syndrome d’alcoolisation foetale », tranche-t-il.

Un syndrome sous-estimé
Ce syndrome, qui est l’une des conséquences les plus graves de la consommation d’alcool chez la femme enceinte, est maintenant bien documenté. Ses principales manifestations, observées sur le bébé, sont des retards de croissance, des lésions cérébrales et des malformations du visage. Comme le rappelle le Dr Harper, c’est aussi l’un des rares états pathologiques dont la faute incombe à quelqu’un. Le diagnostic est donc très dur à assumer pour les mères. Au Canada, environ 3 enfants sur 1 000 sont touchés. Au Québec, sur les quelque 90 000 naissances annuelles, ce sont jusqu’à 250 enfants qui souffriraient de ce syndrome pourtant évitable.

L’alcool pendant la grossesse serait aussi, sans en être le seul facteur, l’une des causes des troubles de comportement ou d’apprentissage, ou encore des troubles déficitaires de l’attention. Selon le Dr Bélanger, bien des gens auraient une perception erronée des effets de l’alcool et de la cigarette. Il estime que ces deux produits, bien que vendus légalement, sont encore plus nocifs pour le foetus que certaines drogues dures, comme la cocaïne ou l’héroïne. C’est la chimie des molécules qui expliquerait les désordres spécifiquement occasionnés par l’alcool dans le développement du cerveau — ainsi que l’existence de cas d’alcoolisation fœtale alors que la mère n’avait consommé que quelques verres. «C’est un peu une loterie, insiste le Dr Harper.

Une femme peut boire toute sa grossesse et avoir un bébé en parfaite santé, alors qu’une autre aura pris un seul verre à la 7e semaine de grossesse et accouchera d’un enfant souffrant d’alcoolisation foetale. »

Un alcootest pour le lait maternel
La présence d’alcool dans le sang d’une mère qui allaite n’est pas sans risque non plus, puisque l’alcool passe dans le lait maternel et que le cerveau d’un nourrisson est encore en formation. Le Milkscreen, qui se trouve principalement en ligne ou chez certains détaillants Pharmaprix et Uniprix, détecte l’alcool dans le lait maternel, et se vend en paquets de 8 bandelettes pour 14,99$, ou de 20 bandelettes pour 24,99$. Quelques gouttes de lait sur une bandelette suffisent à déterminer si le bébé peut le boire sans danger. Ce produit, vendu chez nos voisins américains depuis 2006, est arrivé au Québec l’an dernier. Ce type de test de détection n’est pas encore très connu dans la province. À l’Association des pharmaciens du Québec, on avoue ne pas avoir entendu parler du Milkscreen. Les docteurs Samuel Harper et Richard Bélanger ne le connaissent pas non plus, mais le recommanderaient s’il s’avérait fiable. Il faut compter environ deux heures avant que s’éliminent les traces d’un seul verre dans le sang. Le Dr Richard Bélanger suggère habituellement de tirer et de jeter le lait sécrété après la consommation d’un verre d’alcool, pour plus de sûreté.

Source: Enfants Québec, décembre-janvier 2013

Commentaires

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2 commentaires

lyne

Que est ce qui fait dire que cest lacool qui defigure un enfant ou des troubles dapprantissage ou tout les problemes ecrit plus haut? Il a til des preuves de ses tests? Un petit de boisson 1 par quelque mois nest surment pas assez nefaste pour un foetus??
Cest mon opinion mais deja on minpose tellement de chose que jen fait une quarentite aigue et je vais etre malheureuse des lavoir mit au monde.

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