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Banque alimentaire: quand notre famille en dépend

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Plus de 155 000 Québécois ont recours régulièrement à une banque alimentaire. En cette période où les paniers de Noël sont très attendus, deux mères de famille ont accepté de nous faire partager leur réalité.

Par Nathalie Côté

Line Chagnon se décrit volontiers comme une femme au caractère fort. Et de la force, il lui en faut, pour arriver à «joindre les deux bouts» en élevant seule ses deux enfants de 11 et 14 ans. «Les deux pères n’ont jamais été là, et
je ne reçois aucune pension alimentaire», explique-t-elle. Ses revenus? Ils se composent mensuellement de 585$ d’aide sociale, auxquels s’ajoutent les allocations familiales et quelques subventions. Le loyer de son 5 et demi, dans le quartier Saint-Michel, à Montréal, lui coûte 625$ par mois. Malgré ce budget quasi impossible à tenir, elle parvient à s’estimer heureuse.

«Comme j’habite le même appartement depuis plus de 10 ans, mon loyer n’est pas très élevé, dit-elle. Aujourd’hui, un logement comme le mien se loue facilement 900$ par mois.» Elle peut aussi compter sur l’aide de deux organismes — Jeunesse au Soleil et l’OEuvre des Samaritains — et d’un bon réseau d’amis. Comme dans le cas de Line, 22% des ménages qui reçoivent un coup de main des banques alimentaires sont des familles monoparentales. Mais contrairement à une idée répandue, les familles biparentales sont encore plus nombreuses à y recourir et représentent près de 26% de la clientèle.

Quand le malheur frappe Adeline (nom fictif) est arrivée au Québec avec son mari en 2004. Originaires d’Haïti, ils ont maintenant huit enfants âgés de 4 à 23 ans et habitent une maison de deux étages achetée peu après leur arrivée, dans un quartier tout neuf de la couronne nord de Montréal. «À l’époque, mon mari travaillait très dur dans un entrepôt mais ça allait bien… puis tout a dérapé», raconte la mère, visiblement abattue par l’histoire récente.

Au compte-goutte, Adeline laisse tomber quelques confidences. Son mari a perdu son emploi. À bout de ressources, ils ont dû se résoudre à vendre leur maison au beau-frère d’Adeline, auquel ils versent désormais un loyer. Enfin, pour comble de malchance, son époux a été victime d’un accident vasculaire cérébral en 2011. Il ne peut plus travailler, et c’est elle qui veille à sa convalescence tout en élevant leurs enfants, en plus d’avoir dû se trouver un emploi.

«J’emballe des légumes au salaire minimum, sur appel, dit Adeline. Ça ne rapporte pas de quoi se loger, ni habiller et nourrir huit enfants.»

Régulièrement, elle se rend donc à la Société de Saint-Vincent de Paul (SSVP) pour avoir des secours. «C’est difficile, avoue-t-elle, mais je n’ai pas le choix. Je ne peux pas laisser mes enfants mourir de faim.» Bientôt, elle se résignera à demander de l’aide sociale.

Source: Enfants Québec, novembre 2013

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