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Gastro, grippe, VPH: on vaccine ou pas?

bébé-fin_cr_istockphoto.On les vaccine beaucoup, ces chéris : près d’une dizaine d’injections avant leur premier anniversaire. Et le carnet semble s’allonger chaque année ! Le point sur trois vaccins qui font souvent hésiter les parents.

Par Lisa-Marie Noël

Le rotavirus

C’est le virus le plus couramment responsable de la gastroentérite chez les enfants, causant à la fois de la diarrhée, de la fièvre, et éventuellement des vomissements. Les épidémies surviennent surtout entre décembre et mai.

Le vaccin : Il comprend deux doses liquides, qu’on administre par voie orale, en principe à 2 et 4 mois.

Coût : Gratuit, depuis 2011, pour les bébés de 2 à 7 mois.

Produit utilisé : RotarixMD, des laboratoires GlaxoSmithKline (2006).

Efficacité : En moyenne, les enfants vaccinés seraient protégés à 75% et pour deux saisons contre les gastroentérites dues au rotavirus.

À savoir : Le rotavirus n’est pas l’unique responsable des gastroentérites. Seuls de 10% à 40% des cas lui sont imputables. Par ailleurs, la durée de la protection contre ce virus n’a pas été établie. Toutes les sociétés médicales se sont néanmoins prononcées pour l’offre du vaccin aux bébés, puisque le rotavirus est responsable tous les ans de nombreuses hospitalisations.

Les risques : Une déshydratation pouvant entraîner l’hospitalisation. Les bébés de 2 à 7 mois y sont particulièrement vulnérables. Voilà pourquoi les autorités ont décidé de les protéger en priorité. «Chez les plus grands, les conséquences sont beaucoup moins graves», indique la Dre Kossowski.

La grippe (ou influenza)

La grippe, souvent confondue avec le rhume, est une infection très contagieuse des voies respiratoires causée par le virus de l’influenza, qui circule chaque année de novembre à avril.

Le vaccin : Il contient trois souches de l’influenza – deux souches de type A et une de type B. Le vaccin saisonnier inclut chaque année la souche A (H1N1), responsable de la pandémie de grippe survenue en 2009. Il se donne en deux doses par an (injections), généralement en novembre et en décembre. À noter qu’il existe aussi sous forme de vaporisateur nasal, pour les enfants âgés de 2 à 17 ans qui seraient notablement sujets aux complications.

Coût : Gratuit pour les enfants de 6 à 23 mois ainsi que pour les autres groupes à risque (personnes âgées, personnels de santé

notamment), et leur entourage. Les parents des bébés de moins de 6 mois peuvent ainsi se faire vacciner gratuitement

pour prévenir la contamination.

Produit utilisé : Différent chaque année selon les souches à combattre.

Efficacité : Si la bonne souche a été ciblée, la protection serait de 70 à 90% pour un enfant bien portant.

À savoir : Il arrive que les prédictions des épidémiologistes soient déjouées par une souche qui prend de la vigueur de façon imprévisible. «On vise les souches qui ont le plus de chances de circuler, explique la Dre Alexandra Kossowski, médecin-conseil en immunisation à la Direction de la santé publique de l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal. Cette année, pour 2012-2013, on est tombé pile!»  L’efficacité de ce vaccin dépend aussi de l’âge et de la réponse immunitaire de chacun. D’autre part, les bébés allaités ne sont pas d’emblée immunisés contre la grippe, et ce vaccin ne met pas à l’abri des infections plus banales comme le rhume.

Les risques : En plus de la fièvre, des maux de tête, des douleurs et des courbatures, les enfants de moins de 2 ans risquent, plus que les autres, de contracter des otites, des sinusites, des bronchites ou des pneumonies.

 

Le virus du papillome humain (VPH)

Le VPH est responsable des infections transmissibles sexuellement les plus répandues au monde. On a identifié plusieurs types de VPH, dont certains peuvent provoquer des cancers, et d’autres, des lésions cutanées, comme les verrues anogénitales.

Le vaccin: Il immunise contre quatre types de VPH – les types 16 et 18, qui causent 70% des cancers du col de l’utérus, et les types 6 et 11, à l’origine de 90% des verrues anales et génitales. Depuis 2008, il est proposé gratuitement aux filles pendant leur scolarité, à raison de trois injections en tout: deux doses à l’automne et au printemps en 4e année du primaire, et une autre en 3e secondaire.

Produit utilisé : Gardasil®, de Merck (2006).

Durée de l’immunisation : Au moins neuf ans.

Coût : Gratuit pour les filles de 9 à 17 ans.

Efficacité : « Selon les études, le vaccin réduit de plus de 90% l’occurrence des infections attribuables aux types 16 et 18 du virus, et de 99% celle des verrues génitales», rapporte la Dre Kossowski.

À savoir : «Le vaccin contre le VPH est une stratégie complémentaire, ajoute la spécialiste. Il réduit les risques d’apparition des infections, mais le test de Papanicolaou, frottis vaginal servant à détecter les cellules anormales du col de l’utérus, demeure nécessaire pour les dépister.» Le condom permet également de se protéger contre ces infections. Plusieurs ont vivement critiqué le choix de la vaccination massive des jeunes filles, soulignant qu’il n’y a pas à proprement parler d’«épidémie» du cancer du col de l’utérus, qu’il s’agit d’un vaccin très coûteux (environ 180 $ la dose – à multiplier par trois !) et que les deniers publics pourraient sans doute être mieux investis dans la prévention de toutes les ITS ou dans les campagnes de promotion du test de Papanicolaou (si la controverse vous intéresse: Réseau québécois d’action pour la santé des femmes).

Les risques: La majorité des maux dus à ce virus guérissent par eux-mêmes. «Mais il y en a 10% qui ne guérissent pas et qui peuvent évoluer», prévient la Dre Kossowski. Le VPH occasionne notamment le cancer du col de l’utérus, dont les conséquences peuvent être mortelles, ainsi que des condylomes – verrues génitales qu’il faut brûler.»

 

Le calendrier en question

Chaque vaccin pris individuellement est sécuritaire. Mais quand on en reçoit plusieurs à la fois, y a-t-il un risque? C’est ce que craint le pédiatre californien Robert W. Sears, qui estime insuffisantes les recherches à ce sujet. Il est préoccupé par les effets des substances chimiques contenues dans certains vaccins – entre autres par l’action de l’aluminium sur les bébés de faible poids ou qui ont des troubles rénaux. Il propose aux parents inquiets un calendrier alternatif selon lequel les enfants recevront la même quantité de chaque vaccin, mais par prises échelonnées sur une plus longue période.

La Dre Caroline Quach, microbiologiste et infectiologue pédiatrique à l’Hôpital de Montréal pour enfants, rappelle qu’«il n’y a pas non plus d’études qui prêchent en faveur de ces doses réduites», et que chacun des vaccins est administré à un âge précis pour contrer une maladie propre à cet âge. Plutôt que de «jouer» avec le calendrier, elle invite les parents à s’informer auprès de leur médecin ou des infirmières de leur CLSC. Dans le cas des bébés qui souffrent d’allergies ou qui ont un système immunitaire faible, il existe, bien sûr, des plans de vaccination appropriés

Source: Enfants Québec, octobre 2013

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