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Dans les coulisses du ballet Casse-Noisette

Crédit: Marie-Claude Plasse

Clara Corbo – alias Clara – répète le premier acte du spectacle. Crédit: Marie-Claude Plasse

Des auditions aux répétitions, Enfants Québec a suivi le parcours des petits danseurs de ce spectacle traditionnel du temps des Fêtes.  

Les auditions

Samedi 15 septembre, 13 h 30

C’est le jour des auditions des enfants pour le ballet Casse-Noisette organisées par les Grands Ballets canadiens au Collège Jean-Eudes, dans l’est de Montréal. Cette année, 115 petites filles se retrouvent en compétition pour obtenir le rôle de Clara, la jeune héroïne du conte d’Hoffmann mis en musique par Tchaïkovsky. La plupart de ces candidates viennent de Montréal même ou de la proche banlieue, mais certaines ont fait le déplacement avec leur famille depuis Saint-Jérôme, Joliette ou encore Saint-Hyacinthe. «Pour nous, c’est une semaine particulière, nous confie Philip Lewis, l’attaché de presse des Grands Ballets canadiens. Les rôles d’adultes de cette production sont attribués aux danseurs de la compagnie et à quelques vedettes invitées, mais tous les rôles d’enfants et d’adolescents sont ouverts à la communauté.

Chaque année, près de 600 enfants se présentent à nos auditions.

Nous devons sélectionner les danseurs qui incarneront les rennes, les rats, les anges, les matriochkas, les orientales… Aujourd’hui, nous avons rendez-vous avec les plus jeunes, qui auditionneront pour les rôles de souris, de moutons blancs, d’enfants de la fête et, bien sûr, de Fritz et de Clara, les petits héros de l’histoire. »

Assise en indien sur une grosse marche du grand hall d’entrée, Lili* se tient bien droite, concentrée, vêtue d’un léotard noir et collants rose pâle, avec son chignon de ballerine qui ne qui ne laisse échapper aucune mèche rebelle. Elle a 7 ans, et c’est la première fois qu’elle passe une audition. Autour d’elle, des petites danseuses hautes comme trois pommes s’agitent en tout sens, s’entraînant à faire des pirouettes devant le miroir, sautillant d’un pied sur l’autre, répétant des mouvements appris par cœur. Des petits frères et petites sœurs turbulents jouent à chat en riant à gorge déployée, tandis que les mamans ajustent une dernière fois les chignons. Accompagnée de sa mère et de sa grand-mère, Lili est arrivée à 9 heures.  Même si elle est encore trop jeune pour le rôle de Clara, elle tenait à passer l’audition pour l’expérience. «Je voulais voir ce que c’était, pour me préparer pour l’année prochaine», explique calmement la petite fille, qui espère bien tout de même être choisie pour incarner une souris. Soudain, le silence se fait. André Laprise, le répétiteur des enfants, entre dans le hall. «Les enfants qui sont venus pour les rôles de souris, suivez-moi», dit-il. Les parents, je vous prie de rester ici, vous retrouverez vos enfants dans une heure». Lili se lève, les yeux brillants d’excitation, tandis que sa mère lui lance avec un sourire crispé: «N’oublie pas, ton professeur t’a dit de rester naturelle, et que tout devrait bien se passer.»

Les répétitions
Jeudi 27 septembre, 17 h

Crédit: Marie-Claude Plasse

Crédit: Marie-Claude Plasse

«Ça alors, je croyais que j’avais affaire à des souris… mais en fait je suis en face d’un troupeau d’éléphants!» s’exclame André Laprise en riant. Espiègles, les petites danseuses entrent dans son jeu, imitant pour un instant la lourde démarche des pachydermes. Deux semaines après les auditions, les répétitions vont déjà bon train. Captivées par leurs rôles, Lili et ses amies semblent s’amuser comme des folles, allant même jusqu’à placer leurs quenottes en avant à la manière des rongeurs tout en apprenant la chorégraphie. «Anna, tu es supposée mourir de douleur, pas avoir du plaisir!», gronde gentiment le professeur en faisant répéter la scène de la bataille. Peu à peu, les fillettes mémorisent la musique, le nombre de pas à effectuer et leur ordre de passage: dans quelques semaines, elles seront prêtes à monter sur les planches!

C’est un long automne de répétitions qui s’annonce pour les jeunes danseurs sélectionnés. En signant le contrat de leur enfant, les parents s’engagent à l’amener à toutes les séances (il y en a jusqu’à trois ou quatre par semaine), aux essayages de costumes, et surtout à faire en sorte qu’il soit bien là aux représentations. Pour davantage de souplesse, les plus jeunes se partagent chaque rôle à deux, jouant un soir sur deux, chacun leur tour… mais ils doivent être présents tous les soirs pour le cas où leur «binôme» aurait besoin d’une doublure. Il y a beaucoup à apprendre: les pas, mais aussi le jeu d’acteur, la configuration de la scène, la manipulation des objets du décor et… le comportement à adopter en coulisse! «J’essaie d’établir une saine complicité avec les enfants, et tout se passe dans la bonne humeur, mais ils doivent travailler très fort et respecter des règles strictes, souligne le répétiteur. Nous attendons d’eux qu’ils dansent et se conduisent comme des professionnels.»

Samedi 17 novembre, 14 h
Aujourd’hui a lieu la dernière répétition avant la générale. Dans les locaux des Grands Ballets, c’est le branle-bas de combat! Une vingtaine de couturières s’activent à l’atelier, recousant ici un bouton, là un ourlet, ailleurs une doublure. Chacun des 300 costumes du ballet doit être prêt avant d’être envoyé aux studios de la Place des Arts, où se déroulera le spectacle. Bien sûr, les enfants sont surexcités… Tandis que certaines fillettes s’amusent à faire tourner leurs robes à froufrous, d’autres chahutent dans leurs costumes de souris. Elles bondissent, sautent et courent de tous côtés. D’un regard, André Laprise les rappelle à l’ordre. Chacun prend sa place dans la salle, les adolescents encadrant les tout-petits sous le regard bienveillant des danseurs professionnels des Grands Ballets. L’équipe de direction artistique, le maître de ballet, les répétiteurs, le chef d’orchestre et les photographes: tout le monde est réuni pour observer dans le détail cette avant-dernière répétition. «J’ai hâte que ce soit le spectacle! chuchote Lili. Cette année, mon cadeau de Noël, c’est mon costume de souris!»

Note: Ce reportage a été réalisé lors des auditions et des répétitions de la 49e édition du spectacle Casse-Noisette, entre septembre et décembre 2012 Envie de savoir comment se passent les auditions, lisez le témoignage de Clara Corbo ici.

Une tradition du temps des Fêtes
Tous les ans depuis un demi-siècle, les Grands Ballets canadiens présentent Casse-Noisette, le conte de Noël d’Hoffmann mis en musique par Tchaïkovsky. Depuis 1964, la chorégraphie créée par le Québécois Fernand Nault, les décors de Peter Horne et les costumes de François Barbeau sont toujours aussi féeriques. Contrairement à d’autres productions de ce ballet présentées ailleurs dans le monde, où les rôles d’enfants sont parfois interprétés par des adultes, les jeunes danseurs occupent ici une place importante, conférant authenticité et fraîcheur à ce spectacle plein d’humour. «Pour beaucoup de danseurs et d’amateurs, Casse-Noisette a été le déclencheur d’une passion: le premier spectacle qu’ils sont allés voir et qui leur a donné envie de découvrir la danse», note André Laprise, fiduciaire et répétiteur attitré du Fonds chorégraphique Fernand Nault. Ce ballet est même devenu pour certains un rendez-vous incontournable de décembre, comme pour la météorologue Ève Christian, qui y emmène sa fille chaque année depuis 22 ans!

La première fois, elle avait 1 an et demi, se souvient-elle. J’avais emporté des collations et un sac de couches! Aujourd’hui c’est une jeune adulte, mais tous les ans elle me demande d’y retourner. C’est un moment mère-fille très particulier. Il y a des bouts de chorégraphie que nous connaissons par cœur!

Envie de voir Casse-Noisette?
Le spectacle sera présenté du 12 au 30 décembre à la salle Wilfrid Pelletier de la Place des Arts et du 5 au 8 décembre au Grand-Théâtre de Québec. Billetterie: www.grandsballets.com (pour les représentations à Montréal) et www.grandtheatre.qc.ca (pour les représentations à Québec).

Crédit: Dominique et Compagnie

Crédit: Dominique et Compagnie

CONCOURS: Nous vous remercions d’avoir participé en si grand nombre à notre concours. La gagnante des billets de Casse-Noisette est Stéphanie Coutret. Les livres ont été pour leur part remportés par Véronique Lemay, Cloé Poitras-Leduc, Caroline Hamel et Valérie Cadieux. 

Source: Enfants Québec, décembre-janvier 2014

Commentaires

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3 commentaires

Chantal Beaudet

Comme j’aimerais y aller en famille! Moi qui ne l’ai jamais vu non plus, j’aimerais vraiment beaucoup avoir cette chance!

Lucille Mallette

J’aimerais bien pouvoir faire assister mes 2 petits-enfants de 8 et 9 ans au ballet Casse-Noisette alors je participe par la même occasion à votre concours en donnant la réponse __Fernand Nault__ à la question du créateur chorégraphe de ce ballet magnifique.

ghislaine damiens

créateur de la chorégraphie casse noisette est fernand nault, merci d’avance, vous feriez la joie de ma petite fille élise

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