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La vie après la séparation: astuces de papa

Crédit: Istockphoto

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Lunchs, devoirs, loisirs, ménage, dodos, boulot: la vie après la séparation n’est pas toujours facile. Trois papas nous livrent leurs secrets.

Lorsque François Couture s’est séparé de sa conjointe, il y a cinq ans, son bébé avait 6 mois, et son aîné, 3 ans. Du jour au lendemain, ce journaliste et recherchiste s’est retrouvé seul, une semaine sur deux, à élever deux bambins. «J’avais souvent gardé quand j’étais jeune, raconte-t-il. M’occuper d’enfants ne m’avait jamais fait peur. J’avais de l’expérience! Mais là, c’était toute une adaptation. Nous devions non seulement nous remettre de la séparation, mais en plus adopter une nouvelle logistique complexe. Ça prenait une sacrée discipline!»

François Couture fait partie de ces nombreux pères qui, après une séparation, ont dû apprendre à jongler seuls avec les tâches quotidiennes ‑ ménage, lavage, cuisine, devoirs, loisirs ‑, les jours où ils avaient la garde de leurs enfants. «Le défi, souligne ce papa de 39 ans, c’était, et c’est encore, de trouver l’équilibre travail-famille, entre les tâches à accomplir et le temps à passer avec les enfants. Parfois, je me sens coupable de les laisser devant la télé pendant que je prépare le souper. Puis je me souviens que, après tout, quand j’étais petit, mes parents ne jouaient pas davantage avec moi. Eux aussi m’appelaient quand le souper était prêt! Ça n’a pas fait de moi un enfant malheureux!»

Afin de concilier travaux ménagers et éducation, Valéry Florimond, père d’un garçon de 9 ans dont il a la garde partagée depuis six ans, a dû non seulement réorganiser sa vie, mais aussi son espace. «J’ai choisi mon appartement en fonction de la gestion du quotidien, explique-t-il. Je voulais pouvoir cuisiner pendant que mon fils faisait ses devoirs. J’avais donc besoin que la cuisine et la salle à manger soient contiguës, et à aire ouverte. J’ai même ma laveuse et ma sécheuse dans la cuisine! Je peux faire de la lessive tout en cuisinant. C’est vraiment pratique!»

Cet ingénieur, cadre d’une entreprise, a dû également demander à son employeur d’accepter les exigences de sa nouvelle situation. «Pour moi, dit Valéry Florimond, c’était primordial. Sinon je changeais de travail.»

Le plus difficile, pour ce papa, a été l’aménagement de ses horaires. «Quand je vivais avec la mère de mon fils, nous partagions les trajets, dit-il. L’un pouvait le déposer le matin à la garderie, l’autre aller le chercher. Mais quand il a fallu que j’assure les allers et les retours une semaine sur deux, les choses se sont compliquées. J’habitais à Laval, je travaillais à Montréal, j’avais entre 45 minutes et 1 heure de trajet à faire. Heureusement, mon employeur s’est montré conciliant. J’ai pu commencer à partir plus tôt. Une fois que mon fils était couché, je travaillais à la maison pour compenser.»

Une entente qui, au final, a été avantageuse pour tout le monde. Car Valéry Florimond a découvert que ces limitations avaient fait de lui un meileur travailleur! «Je devais être d’une efficacité optimale pour ne pas me laisser déborder, note-t-il. Comme je n’avais pas beaucoup de temps supplémentaire à donner, je n’avais pas d’autre choix que d’être très bien organisé! Je suis devenu un employé plus performant que stressé.»

Les tâches ménagères
Consultant en psychologie organisationnelle, François Pellerin avait l’avantage, comme travailleur autonome, d’avoir son bureau à la maison. Assumant une garde partagée depuis quelques mois seulement, ce père d’un garçon de 9 ans et d’une fille de 11 ans n’a pas trouvé trop dur de prendre en charge la totalité des tâches domestiques. «Je m’occupais déjà, avec ma conjointe, des repas, du lavage, de l’épicerie, dit-il. Maintenant, par contre, je suis seul pour tout faire. Je ne peux donc compter que sur moi.»

Le pari, pour François Pellerin, a été de se conformer à des horaires réguliers. «Il y a des soirs où cela m’arrange moins, d’être obligé de m’interrompre pour veiller aux devoirs et au souper. Les nécessités de l’organisation ont été pour mes enfants des occasions de développer leur autonomie. Maintenant, ils gèrent eux-mêmes leurs lunchs et l’entretien de leur chambre. Et chacun d’eux est responsable de sa valise.»

Quant à la lessive, le consultant ne se casse pas la tête! «Je demande aux enfants de mettre leur linge sale directement dans la laveuse, dit-il. Peu importe les couleurs! Tant que c’est propre! Lorsque la cuve est pleine, on lance une brassée. Ce n’est pas plus compliqué que ça!»

Même système, ou presque, chez François Couture. «On entasse les vêtements sales devant la machine. Lorsque la pile est trop haute, on fait du lavage!» Par ailleurs, sa fille grandissant, le jeune père a dû s’initier aux subtilités de la mode féminine. «Avec mon garçon, ça n’a jamais été compliqué. Un jeans, un t-shirt, et le tour est joué ! Avec ma fille, ça ne finit plus! Collants, jupes, chandails, cerceaux pour les cheveux… J’ai dû m’exercer à coordonner les motifs, les couleurs. J’ai appris à ne pas mélanger les tissus rayés et les tissus à carreaux!» Et il lui a aussi fallu apprendre à tresser les cheveux, puis à démêler les shampoings… des produits démêlants!

Notre pain quotidien
Dans la vie de François Pellerin, comme dans celle de François Couture et de Valéry Florimond, les repas demeurent une préoccupation permanente. «Pour les denrées de base, je fais un gros marché environ une fois par semaine, dit le premier. Pour le reste, je vais à l’épicerie presque tous les jours. Je regarde les circulaires, je choisis mon menu selon les “spéciaux”. Et je pense aux lunchs du lendemain.» «En semaine, j’essaie de concevoir des repas complets, nous explique pour sa part François Couture. Une viande, un féculent, un légume, un dessert. Une fois de temps à autre, nous allons chercher des mets chinois, pour le plaisir des enfants et aussi pour me délester de la préparation d’un repas! Mais les week-ends, on se lâche “lousse”. Rôti de porc aux pommes, fondue, gâteau, biscuits que je cuisine avec ma fille!» De son côté, Valéry Florimond a pris l’habitude de doubler ses recettes du soir pour avoir de quoi faire des lunchs le lendemain. «Très commode, tant que l’enfant ne se plaint pas! J’adore manger, confesse-t-il, mais je n’aime pas trop cuisiner. Je privilégie les recettes rapides qui contiennent tout ce qu’il faut.» Pour nos trois pères, c’est clair, l’organisation quotidienne n’est plus une affaire exclusivement féminine. «D’ailleurs, avoue Valéry Florimond, j’ai été très content quand j’ai su que vous feriez un article sur le sujet. En général, ce genre de magazine est très orienté vers les femmes. Comme père, on arrive à faire la “traduction”, mais on ne se sent pas concerné, pas impliqué.» Comme quoi il est toujours possible de s’améliorer!

Les recettes préférées de leurs enfants
Le «gloubi boulga» de Valéry Florimond
«C’est la recette de dépannage par excellence, un plat complet, dont on peut multiplier les variantes à l’infini! Il vous suffit d’avoir sous la main de la viande (poulet, boeuf ou autre) que vous débiterez en lamelles, des légumes coupés et un reste de riz cuit (ou de pâtes, ou de semoule). Faites chauffer de l’huile dans un wok et jetez-y d’abord viande et légumes. Faites griller, puis ajoutez le riz (ou les pâtes, ou la semoule) jusqu’à ce que tout soit bien chaud. Savourez! Le nom me vient de l’émission L’île aux enfants, que j’écoutais quand j’étais petit. Le “gloubi boulga” était la nourriture préférée de Casimir le dinosaure!»

Les macaronis de François Pellerin
«Quand je cuisine mes macaronis au fromage, c’est toujours un gros hit. On peut d’ailleurs réaliser la même recette avec n’importe quelles pâtes. Donc, je fais cuire des pâtes. Quand elles sont prêtes, je râpe tous mes restes de fromage et je les y incorpore, avec un peu de lait pour assouplir le tout. Le nec plus ultra, c’est d’ajouter à la fin des petits morceaux de bacon qu’on aura laissé dorer avec un peu d’ail. J’ai la réputation d’être le papa qui fait les meilleurs macaronis au fromage… au monde!»

Les pâtes à la carbonara de François Couture
«Je ne suis jamais pris au dépourvu tant que j’ai des oeufs, du bacon, de l’ail, de la crème, du parmesan, du basilic et des pâtes. C’est tout ce qu’il faut pour faire mes super “carbonara à la papa” ! Voici la marche à suivre: dans une poêle, faire revenir quelques tranches de bacon (j’en compte quatre par personne) coupées en petits carrés. Dans un cul de poule, mélanger une gousse d’ail finement hachée, un jaune d’oeuf par personne, à peu près 100 ml de crème par personne, et du basilic (frais ou séché) au goût. Pendant ce temps, faire cuire les pâtes al dente. Alors qu’elles sont encore bien chaudes, les verser sur la sauce carbonara et les laisser «cuire» la sauce quelques minutes. Puis ajouter le bacon. Mélanger le tout, servir et demander aux enfants s’ils veulent ajouter du parmesan. Succès garanti!»

Enfants Québec, octobre 2010

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