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Prévenir l’incontinence urinaire

femme_eau_iStockUn désagrément qu’on peut éviter.

La grossesse augmente le risque de souffrir d’incontinence urinaire. La moitié des femmes enceintes ont au moins une fuite, principalement durant le 3e trimestre. Cela se produit lorsqu’elles toussent, éternuent ou changent de position. Le terme incontinence ne désigne pas que les réelles pertes d’urine ou les problèmes quotidiens. Il comprend aussi la perte de quelques gouttes à l’occasion, ou même une seule fois.

Plusieurs éléments sont responsables de ce désagrément.
- La relaxine, une hormone de la grossesse, relâche la musculature, afin d’aider le bassin à s’ouvrir pour permettre à l’enfant de naître. Les autres muscles étant aussi plus détendus, ceux du plancher pelvien s’avèrent moins efficaces.
- L’augmentation de poids entraîne une pression accrue sur le périnée et la vessie. Et lorsqu’une femme enceinte prend 25 kg plutôt que 13, par exemple, ses jambes et ses articulations en subissent le contrecoup, mais aussi son plancher pelvien.
- Le changement de posture occasionné par la grossesse fait en sorte que, lorsqu’on éternue ou qu’on rit, la pression de l’abdomen se dirige à l’avant du périnée, où la musculature est plus étroite, plus mince et moins forte.

Les pertes d’urine révèlent une faiblesse du plancher pelvien. Or, un plancher pelvien sain et tonique récupère beaucoup mieux de l’épreuve de l’accouchement. En 1949, un gynécologue américain, le Dr Arnold Kegel, a donc imaginé des exercices visant à prévenir l’incontinence ou à la traiter. Ils consistent à alterner contraction et relâchement des muscles du plancher pelvien. Si elles n’ont pas de fuites, les femmes enceintes peuvent commencer ces exercices dès le deuxième trimestre de la grossesse à raison de 2 à 3 fois par semaine. Si elles commencent à souffrir d’incontinence, elles passent à 3 à 5 séances hebdomadaires.

«La première fois qu’on fait l’exercice, on peut s’assurer de contracter les bons muscles en plaçant un doigt dans le vagin, explique Chantale Dumoulin, physiothérapeute en rééducation périnéale et auteure de En forme en attendant bébé — Exercices et conseils et de En forme après bébé — Exercices et conseils, deux guides parus aux Éditions du CHU Sainte-Justine dans lesquels on trouve plusieurs variantes clairement expliquées des exercices de Kegel. Votre doigt est «aspiré» vers l’intérieur? La contraction est efficace. Il est expulsé? Vous poussez sur le plancher pelvien, ce qui est contraire au bon mouvement. Il est possible de vérifier la progression de sa force en essayant d’arrêter d’uriner en début de miction. On relâche ensuite le périnée pour vider complètement sa vessie. Cet exercice doit être utilisé comme test occasionnel mais non comme exercice régulier, afin de ne pas causer de dysfonction urinaire.

Vous n’êtes pas obligée de faire ces exercices de façon mécanique, en comptant 1-2-3-4. Selon Chantal Dumoulin, il est aussi possible de s’amuser. Ainsi, le fait de contracter les muscles du plancher pelvien durant les relations sexuelles accroît le plaisir des deux partenaires.
«La plupart des femmes ne savent pas trop comment le périnée fonctionne, constate Louise Perrin, physiothérapeute en rééducation périnéale. C’est quelque part en bas mais ça se résume à ça. On leur conseille de faire les exercices de Kegel mais plusieurs forcent de partout sauf du bon endroit. Et combien de secondes tenir durant les exercices? Combien de fois les répéter? C’est laissé à l’appréciation personnelle. Or, chaque femme a des besoins différents. Si le problème est l’endurance, on aura beau serrer les muscles 300 fois par jour, on ne notera aucun changement.»

Plutôt que de s’en remettre à une recette toute faite dont les résultats sont aléatoires, Louise Perrin suggère de faire évaluer, vers 20 semaines de grossesse, son plancher pelvien par une physiothérapeute en rééducation périnéale. Celle-ci établit un programme sur mesure d’exercices à faire à la maison.
«Lorsqu’on fait ses exercices régulièrement, on les reprend plus aisément après son accouchement que si on n’a pas la moindre idée des muscles à contracter, déclare la Dre Marie-Claude Lemieux, gynécologue-obstétricienne qui a fait une surspécialité en uro-gynécologie. Or, s’ils sont utiles pendant la grossesse, en post-partum, ils sont tout simplement extraordinaires!»

Pour en savoir plus
Ordre professionnel de la physiothérapie du Québec: 514 351-2770 ou 1 800 361-2001

Enfants Québec, novembre 2007

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