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Les malaises physiques après l’accouchement

bain_iStockIls sont nombreux, mais il existe mille et une façons de les soulager.

Les tranchées
Après l’accouchement, l’utérus se rétracte progressivement. Ce processus occasionne les tranchées, des contractions semblables à celles qui surviennent au début du travail. Elles sont essentiellement inconfortables s’il s’agit d’une première naissance, et se révèlent plus douloureuses pour les femmes qui ont déjà eu d’autres enfants. L’allaitement les stimule, ce qui a l’avantage d’aider l’utérus à reprendre plus vite sa forme initiale. Ces contractions durent environ 72 heures, mais sont les plus intenses au cours des premières 24 heures. Une douce chaleur (bouillotte, couverture chaude) peut apporter un apaisement. En cas de besoin, l’acétaminophène est généralement efficace contre la douleur. Si cette médication se montre insuffisante, de la codéine ou des anti-inflammatoires pourront être prescrits, même à une femme qui allaite. La codéine est cependant à éviter en cas de constipation.

Les lochies
Durant la grossesse, la circulation sanguine se faisait directement entre la paroi utérine et le placenta. Une fois ce dernier expulsé, les vaisseaux sanguins doivent se refermer peu à peu. Les saignements sont abondants les trois premiers jours, il sera donc utile de se procurer en pharmacie des serviettes obstétricales, plus épaisses que les serviettes hygiéniques. Par la suite, ils vont diminuer et devenir brunâtres. Chez certaines, ils disparaîtront en moins de deux semaines, tandis que chez d’autres ils persisteront pendant 30 ou même 40 jours. Comme les lochies entraînent une perte substantielle de fer, il sera important de continuer, au cours du premier mois, à prendre ses suppléments prénatals de vitamines et sels minéraux. Il est en plus recommandé de consommer des aliments riches en fer, comme la viande, les légumineuses, le tofu et les céréales de grains entiers, en même temps que des aliments riches en vitamine C, laquelle l’aide à se fixer dans l’organisme. La tisane d’ortie, en vente dans les magasins d’aliments naturels ou chez les herboristes, contient également beaucoup de fer.

L’inconfort local
Après la poussée de l’accouchement, la région du périnée est souvent enflée et endolorie. Une déchirure, une épisiotomie ou des hémorroïdes peuvent la rendre plus douloureuse encore. «Les points de suture s’étirent sous l’effet du poids du corps lorsqu’on s’assoit, explique Chantale Dumoulin, physiothérapeute et auteure du livre En forme après bébé – Exercices et conseils, paru aux éditions du CHU Sainte-Justine. Pour prévenir cet inconfort, pensez à faire un seul petit exercice de Kegel afin de resserrer votre plancher pelvien et de rapprocher vos points avant de vous asseoir – et aussi avant de changer de position, de tousser ou d’éternuer.» Par ailleurs, les bains de siège et les bains tièdes font beaucoup de bien. De retour à la maison, le bain de siège peut se prendre dans la baignoire (on n’y fait alors couler qu’un peu d’eau), ou en se servant d’un récipient du commerce conçu à cet effet qui s’installe sur la cuvette des toilettes. «On peut utilement y ajouter une infusion de feuilles de calendule et de fleurs de consoude, dit Cécile Normandin, accompagnante à la naissance et herboriste. Cette préparation favorisera la résorption de l’œdème et la cicatrisation des points de suture.» Il suffit de verser un litre d’eau bouillante sur les plantes et de les laisser infuser pendant 15 minutes, puis de filtrer l’infusion avant de l’ajouter à l’eau du bain de siège. Par contre, il est déconseillé de prendre un bain moussant avant la fin des lochies. Une crème analgésique peut soulager la douleur au niveau de la déchirure éventuelle. Des compresses d’hamamélis vendues en pharmacie, placées préalablement au réfrigérateur, auront aussi un effet calmant sur cette région sensible. Une crème à base de cortisone aidera à réduire l’œdème et l’inflammation. Enfin, encore une fois, l’acétaminophène pourra apporter un soulagement apprécié.

Trois trucs combinés diminuent en outre efficacement œdème et douleur. Appliquez de la glace localement pendant 20 minutes. Si, à l’hôpital, on ne vous propose pas de serviette sanitaire contenant de la glace, demandez qu’on vous apporte des glaçons dans un gant chirurgical. Recouvrez d’une débarbouillette humide et appliquez localement pendant que vous êtes couchée, deux oreillers placés sous vos fesses, de façon à surélever le bassin par rapport au cœur. Serrez une dizaine de fois, en douceur, pendant deux minutes, les muscles de votre plancher pelvien (exercice de Kegel). Répétez toutes les 2 à 3 heures.

En ce qui concerne la toilette intime, on se tamponnera avec une débarbouillette humide sur laquelle on aura versé un peu de savon. On rincera bien puis on sèchera soigneusement, toujours en tamponnant. Pour les premiers jours, il sera idéal de répéter cette mini-toilette après chaque miction.

La constipation
«Plusieurs femmes ont peur d’aller une première fois à la selle après leur accouchement, constate la Dre Josée Desrochers, médecin de famille. Cette zone est sensible, on a des points, on ne se trouve pas chez soi… tout cela favorise la constipation.» Il est important de bouger et de boire beaucoup, surtout si on allaite. Augmentez aussi votre consommation en fibres. Demandez à votre conjoint de vous apporter des fruits frais et des pruneaux à l’hôpital. Plusieurs tisanes (mauve, guimauve, orme rouge et pissenlit) sont efficaces pour lutter contre la constipation. Vous pouvez aussi, idéalement tout de suite après le repas, stimuler l’activité intestinale par un exercice qui masse les intestins. Couchée sur le dos, expirez en rentrant le nombril, puis inspirez en gonflant le ventre. Recommencez une dizaine de fois. Le fait de mâcher de la gomme favorise également la reprise du transit intestinal. Même si vous avez des craintes, ne vous retenez pas d’aller à la selle. Car plus vous attendrez, plus ce sera difficile. En revanche, si vous ne ressentez aucune envie, rien ne sert d’essayer. Le fait de passer cinq jours sans aller à la selle est normal. Au-delà, il convient d’intervenir. Un émollient pris par voie orale sera souvent d’un bon secours. Si cela ne fonctionne pas, un suppositoire de glycérine règlera sans doute le problème. La constipation persiste malgré tout? Un petit lavement administré à la maison sera alors indiqué. «Souvent, le simple fait de retrouver son chez-soi résout le problème», constate la Dre Desrochers.

Différents trucs peuvent également vous aider. Une fois assise sur la cuvette, placez un appui d’environ 15 cm sous vos pieds, de façon à ce que vos genoux soient plus élevés que vos hanches. Ainsi, vous imiterez la position accroupie, la plus favorable pour évacuer les selles. Évitez de forcer, ce qui créerait une tension sur le périnée et les points de suture, et ferait augmenter le volume d’éventuelles hémorroïdes. «Lorsqu’on pousse sur un abdomen très relâché après l’accouchement, la pression se dirige vers l’avant, ce qui ne la rend pas très efficace, note Chantale Dumoulin. Poussez plutôt doucement en expirant dans votre poing fermé (que vous aurez collé contre votre bouche). Cela provoquera une résistance, car peu d’air réussira à passer. Les abdominaux se contracteront et la pression se dirigera vers l’arrière, ce qui facilitera l’évacuation des selles.» En même temps, le fait de donner un support à son périnée antérieur en tenant une débarbouillette sur la vulve évitera que les points ne soient étirés.

La transpiration excessive
Vous n’avez jamais connu de problème de transpiration… et voilà que votre chandail s’orne d’auréoles et sent fort! Ce dérèglement de la transpiration est causé par les modifications hormonales. Heureusement, dans quelques semaines, tout sera rentré dans l’ordre. En attendant, un déodorant contre la transpiration excessive pourra vous venir en aide. Vous ne le trouverez pas sur les tablettes: demandez-le au pharmacien.

La montée de lait
Elle survient de deux à cinq jours après l’accouchement. Les seins se gorgent de lait, ce qui fait pression sur les glandes et est douloureux. Il est possible de contenir quelque peu cet œdème en portant nuit et jour un soutien-gorge qui offre un bon maintien. En effet, plus les seins ont d’espace, plus ils en prennent. L’application de glace, mais également de feuilles de chou, peut apaiser la douleur de l’engorgement. L’acétaminophène apporte elle aussi un soulagement certain.

La fatigue
Bien que vous ne soyez pas malade, vous avez besoin d’une période de convalescence pour récupérer de la grossesse, de l’accouchement et des changements physiologiques importants qui s’ensuivent. Pendant deux semaines, vous devriez uniquement vous occuper de vous et de votre bébé. «Le repos est essentiel, conclut la Dre Desrochers. Ce n’est pas le moment de jouer les superwomen. Les courses, les repas et l’entretien du logis devraient être assurés par le conjoint et les proches.»

Enfants Québec, octobre 2008

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