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S’amuser à faire ses devoirs

Crédit : Marie-Reine Mattera

Crédit : Marie-Reine Mattera

Voici trois trucs qui permettront à vos enfants de voir l’heure des devoirs comme un moment de plaisir.

Par Marc-Antoine Tanguay-Lauzière, professeur de français et collaborateur de l’organisme d’aide aux devoirs Allô prof

On peut certainement apprendre en s’amusant. Mais pour cela, il faut s’assurer que ces deux conditions sont remplies:
-On doit avoir une perception juste du travail qui est demandé, quitte à modifier par divers moyens l’opinion négative qu’on aurait pu avoir développée à son égard;
- On doit aborder le travail avec imagination et enthousiasme.

1 Reconnaître ce qu’on a déjà accompli
Un jeune que l’étude d’une matière dégoûte a tout intérêt à changer son approche afin de la rendre plus agréable. Il est bien démontré que l’apprentissage est beaucoup plus efficace quand il est associé à un sentiment positif. Les mathématiques ou la grammaire ou l’anglais sont difficiles? Relativisons! L’enfant qui a appris à marcher et à parler a déjà vaincu de plus grands obstacles. Regrette-t-il les efforts investis? Non, car ces apprentissages participent à le définir et lui font gagner en autonomie. Qu’il le sache, la même fierté l’habitera pour tous les savoirs qu’il acquerra à l’école, surtout ceux qui lui auront demandé plus d’efforts. Il n’y a pas de montagne à gravir; seulement des marches auxquelles on s’attaque, une par une. Et comme la vue est belle quand on a atteint le sommet!

2 Avoir des exemples pour exorciser les fantômes de l’incapacité
Une fois que le jeune accepte l’idée qu’apprendre peut et doit par moments être difficile, il lui faut cesser de percevoir cette difficulté comme une peine immuable. Avoir du mal à assimiler un élément ne signifie pas qu’on est peu doué, ni que l’embarras durera toujours. Cela ne veut pas même dire qu’on sera moins habile à exploiter l’apprentissage lorsqu’il sera enfin acquis. Baudelaire disait avoir du mal à composer des vers; Einstein, à manipuler les équations pour exposer ses théories; Flaubert, à écrire ses romans. On les remercie aujourd’hui d’avoir persévéré, comme chacun doit se féliciter de poursuivre son développement, malgré les embûches. Et les exemples de la sorte pleuvent aussi parmi les héros actuels de la jeunesse. Paradoxe ou non, c’est souvent dans des activités qui présentent de grandes difficultés que nous nous réalisons le mieux, que nous nous surpassons.

3 Quand est-ce qu’on s’amuse?
La difficulté n’est pas insurmontable et n’empêche en rien de retentissants succès. Elle ne doit pas non plus ternir le plaisir d’apprendre, au contraire! D’après notre expérience, c’est la manière d’aborder un problème bien plus que son objet en soi qui nous rend, ou non, sa résolution pénible. Fastidieux d’apprendre la liste des verbes irréguliers en anglais? Mais imaginez qu’on les chante, ou qu’on en fasse un jeu: la maison se transformerait en château fort, et l’accès à chaque pièce relèverait de mots de passe; il faudrait alors donner la conjugaison du verbe inscrit sur le papier collé à la porte… Lorsqu’on dispose d’Internet à la maison, un monde de possibilités s’ouvre encore plus largement. Il existe une multitude de sites qui proposent des activités dynamiques au charme desquelles un jeune ne saurait résister. On peut naviguer pour les découvrir, et chercher du côté des organismes de référence. Ce faisant, il ne faut surtout pas craindre de sortir du cadre conventionnel, car l’apprentissage déborde largement la mémorisation. Si l’on souhaite traduire des mots ou des expressions, on pourra par exemple utiliser un site tel que www.woxikon.fr, qui donne des traductions en huit langues. C’est amusant, et qui sait si ce n’est pas la forme néerlandaise qui marquera l’esprit de l’enfant et lui rappellera par ricochet la traduction correcte en anglais… Des approches originales de la sorte, il en est offert sur Internet pour tous les volets des disciplines étudiées en classe!

En conclusion, on retire beaucoup trop de bénéfices du travail accompli à l’école pour ne pas l’aborder avec enthousiasme. Et quand le cœur n’y est pas tout à fait, l’imagination et le jeu demeurent de bons moyens pour arriver à ses fins… sans trop s’en rendre compte!

Enfants Québec, avril 2008

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