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La préparation affective à la naissance

Crédit: Istockphoto

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Quand sa conjointe lui a parlé de préparation affective à la naissance, Sébastien Cottinet, un homme qui a les deux pieds sur terre, a eu peur que cette approche ne glisse vers l’énergie positive ou la croissance personnelle… Sceptique, il a cependant accepté d’essayer.

«J’ai posé ma main sur le ventre de ma conjointe et j’ai attendu, raconte le papa de Lilou, qui a aujourd’hui 2 mois. Ma fille est venue s’y blottir. J’ai posé ma main de l’autre côté et, une minute plus tard, ma toute-petite se déplaçait pour retrouver le contact. Non, ça n’avait rien d’ésotérique. Et il y avait vraiment quelque chose de plus que le seul fait d’appuyer à tel ou tel endroit. J’ai trouvé formidable que mon bébé sente ma présence affective. En effet, le lien physique avec l’enfant à venir est une notion très abstraite pour l’homme, au début de la grossesse. Au fil des séances, le toucher affectif a rendu cet attachement concret et intense.»

Une approche qui intègre papa, maman et bébé
On propose des cours de préparation affective à la naissance depuis environ sept ans au Québec. Ils sont donnés par des professionnels du domaine de la santé (psychologue, infirmière, orthophoniste, accompagnante, massothérapeute, etc.) qui suivent une formation de l’Association pour la préparation affective à la naissance. Les séances d’une heure peuvent débuter dès le troisième mois de la grossesse, à raison d’une ou deux par mois jusqu’à l’accouchement. Intégrant différentes composantes dont l’haptonomie (l’ensemble des règles qui permettent de créer une relation avec l’autre basée sur le toucher et les sensations tactiles), le travail du périnée et la psychologie du développement, cette approche qui permet la participation égale de la maman, du papa et du bébé a pour objectif premier de sécuriser ce dernier. «On veut lui dire qu’on sait qu’il est là, qu’on en est très heureux, qu’on l’aime déjà et qu’on désire entrer en relation affective avec lui, explique Annie Bhérer-Racine, qui donne ces cours. Se sentant aimé depuis toujours, l’enfant développe rapidement une sécurité de base, le meilleur terreau pour l’estime de soi.»

Entrer vraiment en relation avec le bébé
Pourquoi des séances avec un professionnel ayant suivi une formation alors que poser ses mains sur le ventre rond à la rencontre de son enfant constitue un geste si naturel pour bien des futurs parents? «Nombre d’entre eux se montrent en effet très affectueux envers leur bébé, répond Annie Bhérer-Racine. Ils lui parlent, ils le touchent mais ils ne savent pas nécessairement comment faire pour que leur enfant leur réponde. Nous leur proposons d’aller plus loin et leur faisons découvrir des outils qui leur donneront véritablement l’occasion d’entrer en relation avec leur bébé: jeux intégrant le toucher, bercements, déplacements, paroles…» Au bout d’un certain temps, plusieurs bébés, distinguant leur père de leur mère, leur répondent de manière différente. «Et s’il en a assez?» se demandent certains parents. Lorsque bébé se désintéresse du jeu, pas question d’insister. «Les bébés sentent bien qu’il s’agit d’une invitation et non d’une quelconque demande de performer», confirme Annie Bhérer-Racine. Autre avantage: la préparation affective à la naissance permet, le jour J, d’allier tolérance à la douleur et contact avec le bébé. Celui-ci chemine donc vers la vie avec ses parents qui «le tiennent par la main». On s’est aperçu que les bébés ainsi accompagnés sont plus actifs que les autres durant le travail.

Tomber amoureux de son bébé
«D’habitude, le futur père se contente de masser sa conjointe et de lui appliquer des serviettes humides mais n’a pas de lien direct avec le bébé, ajoute Sébastien Cottinet. Ma conjointe subissait les contractions mais moi, même si je faisais tout ce que je pouvais pour aider à la soulager, je me trouvais à l’extérieur de la tempête. Grâce à la préparation, j’ai pu transmettre ma présence calmante à Lilou et la rassurer. J’ai déjà entendu dire que tomber amoureux de son nouveau-né prenait parfois du temps. Dans notre cas, l’amour a jailli instantanément. Pour nous trois, il s’agissait tout simplement d’une continuité.»

Association pour la préparation affective à la naissance: 1 866 334-2323

Enfants Québec, juin-juillet 2006

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