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Une petite ligne rose

Célina, 3 mois Crédit photo: Élodée Bonneau

Célina, 3 mois
Crédit photo: Élodée Bonneau

Un soir, mon conjoint me demande: «Nous pourrions commencer à faire des petits crapauds, qu’est-ce que tu en dis?»

J’ai 25 ans, cela fait presque neuf ans que nous formons un couple, nous avons tous les deux un bon emploi, une belle grande maison, donc ma réponse est sans hésiter: «Oui!»
Deux de mes grandes amies étaient tombées enceintes en même temps l’année précédente, après seulement un mois d’essais. Elles avaient eu de magnifiques grossesses. Mais je savais que cela pouvait aussi prendre quelque temps avant que notre beau projet se réalise, donc je devais être patiente.

J’arrête de prendre la petite pilule blanche et, quatre mois plus tard, juste avant le jour de l’An, un «+» apparaît sur le test. C’est le bonheur! On annonce la bonne nouvelle à toute la famille, aux amis et même sur les réseaux sociaux. Un mois plus tard, des crampes insupportables me conduisent à l’hôpital, et le pire cauchemar de ma vie se produit: je fais une fausse couche… Comment ça?
Je suis en forme, je mange bien, pas d’alcool, pas de drogues!
Comme je demeure dans une petite ville, impossible de sortir de la maison sans qu’un proche, un parent ou une connaissance me demande comment va ma grossesse, et le couteau refait un tour dans la plaie à chaque fois.

Les gens savent alors que nous essayons d’avoir un bébé, et plus le temps avance, plus la question qui revient est celle-ci: «Et puis, es-tu retombée enceinte?» Le couteau refait un 360 degrés. Mois après mois, c’est la déception du «rouge».
Mes amies et connaissances tombent enceintes les unes après les autres, au bout de seulement quelques semaines d’essais, et ont de belles grossesses, sans complications. Personne ne fait de fausse couche.
Le temps file, et mes amies continuent de donner naissance à des deuxièmes enfants, même à des troisièmes enfants, tandis que je me fais dire: «Arrête d’y penser, ça va arriver quand tu n’y penseras plus!» Comment ne pas y penser alors que je dois prendre ma température chaque matin, faire des tests d’ovulation, compter les jours fertiles. Mais il ne faut pas y penser!

Je suis ensuite invitée à des fêtes d’enfants au lieu de partys
d’amies. Les années passent, toujours rien dans ma bedaine. Je rends visite régulièrement à des couples d’amis de mon conjoint, à l’hôpital, qui ont leur beau bébé neuf. J’aimerais tellement échanger les rôles! Être en pyjama dans un grand lit dont la tête se lève, tout près d’un minuscule lit en plastique sur roulettes. Au lieu d’être assise, avec mon manteau sur le dos, sur la chaise froide en cuir, à bercer le nouveau bébé. Malgré cela, je m’arrête toujours quelques minutes devant les vitrines des boutiques de maternité, en espérant de tout cœur pouvoir un jour y entrer.

Enfin, arrive le coup de téléphone de la clinique de fertilité pour notre premier rendez-vous. Nous nous prêtons à tous les tests requis. Peu de temps après, alors que je reviens d’un déjeuner chez mes parents, je me dis en moi-même que, finalement, ce ne serait pas «si» grave si nous ne pouvions pas avoir d’enfants, que la vie quotidienne nous offrirait du plaisir quand même, à moi et à mon amoureux.
Avant d’avoir les résultats de nos examens à la clinique de fertilité, je m’apprête à sortir faire mon jogging quand… la petite ligne rose tant désirée fait son apparition sur le test de grossesse!
Notre merveilleuse petite fille en pleine santé a maintenant 4 mois, et c’est l’amour inconditionnel qui fait désormais partie de ma vie!

Élodée Bonneau

Publié dans le magazine Enfants Québec de Septembre 2013

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