superbanniere
Abonnement Magazine

L’ostéopathie pour maman et bébé

crédit : Istockphoto

crédit : Istockphoto

L’ostéopathie est une façon différente d’éviter et de soulager bien des maux.

Alors qu’elle était enceinte, Julie Monette est arrivée chez l’ostéopathe avec le nerf sciatique coincé, des douleurs dans le dos et des fourmillements dans les jambes. «Quand j’ai senti, après seulement deux séances, tout le bien que ces traitements m’avaient fait, j’ai conservé un rendez-vous toutes les trois semaines pendant toute ma grossesse, indépendamment de ce qui se passait», raconte cette maman, soucieuse non seulement de réparer les problèmes mais aussi de les prévenir. En effet, outre le soulagement de ses malaises, Julie a constaté une amélioration de sa posture, de sa circulation sanguine et de son sommeil. Elle a aussi eu l’heureuse surprise d’apprendre que ses allergies saisonnières pouvaient également être traitées, ce qui lui a évité de devoir prendre des médicaments pendant sa grossesse. «Ces séances ont modifié ma façon de considérer mon corps, ajoute-t-elle. J’étais davantage consciente de ce qui se passait et, par conséquent, plus à l’écoute.»

Même si la grossesse est un état physiologique normal, elle exige de grandes capacités d’adaptation. On assiste à des changements mécaniques. Un exemple: le centre de gravité se déplace progressivement vers l’avant. Le corps est amené à compenser mais il arrive régulièrement que des symptômes de déséquilibre apparaissent.

Quant au boom hormonal, il n’est pas sans conséquence non plus. Le taux élevé de progestérone prédispose à la constipation. La relaxine, une hormone sécrétée pendant la grossesse pour détendre les ligaments, peut causer des déséquilibres mécaniques et, par conséquent, des douleurs au bassin, au coccyx, au dos, au cou et aux jambes. Il arrive aussi que des migraines ou des engourdissements dans les mains ou les bras soient occasionnés par un problème mécanique. En ostéopathie, on considère que le corps fonctionne comme un tout et que, comme tout organisme, il tend vers l’équilibre. Cette approche, essentiellement mécanique, corrige le manque de mobilité des structures (organes, ligaments, tendons, muscles et articulations) qui entraîne des tensions et des frictions se traduisant à la longue par de l’inconfort et des douleurs. En dégageant les différentes structures, on restaure l’harmonie. «Plus le corps est équilibré, plus le système hormonal est équilibré, plus la grossesse se déroule dans le bien-être», constate Anie Lafrance, ostéopathe spécialisée dans la période périnatale. «L’ostéopathie rééquilibre le jeu des forces, confirme le médecin de famille Michel Laurence. Cette approche soulage grandement la majorité de mes patientes enceintes que j’envoie chez un ostéopathe.»

On consulte également un ostéopathe pour des problèmes de positionnement du fœtus, par exemple quand il ne s’est pas encore placé la tête en bas en fin de grossesse. «Le but du traitement n’est pas de le faire tourner comme tente parfois de le faire un gynécologue par la version manuelle, raconte Anie Lafrance. Simplement, en dégageant l’utérus, le bassin et les lombaires, on s’assure qu’il a la place nécessaire pour se retourner.» Sous les mains de l’ostéopathe, on ne ressent aucune douleur. «Au contraire; les futures mamans apprécient nos manipulations très douces et notre toucher très réceptif, précise Anie Lafrance. On “écoute” avec les mains, ce qui permet de sentir d’où viennent les tensions.»

Prévenir les séquelles
Le sacrum, le coccyx, le bassin, les os iliaques, la dure-mère et le périnée sont mis à rude épreuve pendant l’accouchement. L’ostéopathie aide à remettre en place les structures tractées par le bas, à ôter les tensions et à redonner une bonne mobilité au bassin. Cela permet à la maman de mieux se remettre et prévient nombre de séquelles dont l’incontinence ou la dépression post-partum.

Une meilleure communication
L’ostéopathie favorise en outre la communication de façon indirecte. «Les nouveau-nés qui sont mal à l’aise ou qui ont carrément mal (notamment à la tête) se retirent dans leur petit monde, constate Denyse Dufresne. C’est parfois incroyable de constater comment, après la séance, un bébé commence à regarder autour de lui et entre plus facilement en contact avec les autres.»

Une séance maman-bébé
Selon la docteure et ostéopathe américaine Viola Frymann, qui a étudié 1250 bébés, 80% des nouveau-nés présentent des compressions de l’occiput (os de la base du crâne) et 32 % du temporal (os de la base de l’oreille). Celles-ci découlent de contraintes mécaniques dans l’utérus ou durant la naissance. Les os pariétaux, les vertèbres cervicales (et particulièrement l’atlas), les premières vertèbres dorsales ainsi que certaines structures tels l’hypophyse, l’hypothalamus et la glande pinéale, subissent également beaucoup de tensions le jour J. Cela peut entraîner des déséquilibres. Par exemple, le fonctionnement des nerfs crâniens peut être touché. Il est aussi important de dégager ce qui perturbe le système lymphatique et la circulation sanguine. L’idéal est donc de commencer par une séance maman-bébé, puisque lui aussi a vécu une aventure «très physique» en venant au monde.

La fréquence des visites
Chaque nouvelle maman et chaque nouveau-né gagnent à être vus en ostéopathie afin de prévenir d’éventuels problèmes au plus tôt. En l’absence de symptômes, on consulte idéalement entre une semaine et un mois après la naissance. Une ou deux séances suffisent habituellement à rétablir l’équilibre, et souvent le bébé devient plus calme, boit mieux et dort davantage.

Quand consulter rapidement
Pour bébé, l’ostéopathe Denyse Dufresne conseille de consulter le plus tôt possible:
• si le travail a été provoqué par un médicament qui, en intensifiant les contractions, rend les pressions encore plus fortes;
• si l’accouchement a été difficile;
• en cas de problèmes d’allaitement, de sommeil, d’irritabilité ou de coliques;
• si bébé est anormalement raide ou mou;
• s’il présente des asymétries à la tête, dans son positionnement ou ses mouvements.

Un programme sérieux
Au Québec, comme il ne s’agit pas encore d’un titre réservé, n’importe qui peut se proclamer ostéopathe. «Avant, je ne référais mes patientes qu’à des physiothérapeutes ou des médecins ayant aussi une formation en ostéopathie, dit le Dr Laurence, médecin de famille, mais aujourd’hui, d’autres organismes regroupent des diplômés ayant, eux aussi, fait de longues études et offrant un programme sérieux.»

Pour vous aider:
Association des ostéopathes du Québec

Registre des ostéopathes du Québec

Société des ostéopathes du Québec

Enfants Québec, octobre 2006

Commentaires

commentaires

Comments are closed

À lire aussi

Le plus beau jour de ma vie

Martin Marier raconte l'accouchement de sa blonde et la naissance...

Lire la suite →

Cours prénataux gratuits en ligne

Quels sont les choix offerts pour un suivi de...

Lire la suite →

Devenir maman d’un bébé né à 24 semaines

« Violette est née le 22 mai 2005, à 5 h 21 du matin, à...

Lire la suite →

Nos blogues

Pour prévenir l’intimidation… leur modèle, c’est vous!

Pour prévenir l’intimidation… leur modèle, c’est vous!

Que faire pour contrer le phénomène de l’intimidation? On parle souvent des comportements et...

Lire la suite →


Regarder un enfant dans les yeux

Regarder un enfant dans les yeux

Quand on a des enfants, l’heure du souper est particulièrement intense, tout le monde sait ça. On se...

Lire la suite →


Le plus beau jour de ma vie

Le plus beau jour de ma vie

Martin Marier raconte l'accouchement de sa blonde et la naissance de sa fille, le soir où il est...

Lire la suite →