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Le sang de cordon: on le conserve ou pas?

crédit : Istockphoto

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Pourquoi est-il si précieux et doit-on le conserver?

Si vous accouchez au CHU Sainte-Justine ou à l’Hôpital St-Mary, on vous demandera si vous voulez faire don du sang de cordon ombilical de votre bébé. Des banques privées tentent par ailleurs de vous convaincre de le conserver au bénéfice de votre famille, au cas où vous en auriez un jour besoin. C’est que ce sang contient des cellules souches, lesquelles possèdent le pouvoir de se transformer en une grande variété de cellules. Elles permettent de soigner des enfants atteints de graves maladies du sang telles la leucémie aigüe, l’aplasie médullaire ou l’anémie falciforme. «Le traitement de ces maladies se fait depuis longtemps par la greffe de moelle osseuse, explique le Dr André Lebrun, vice-président aux Affaires médicales en hématologie à Héma-Québec et responsable de la banque de sang de cordon. Cependant, les chances d’identifier un donneur compatible avec le malade varient de 1 sur 450 à 1 sur 750000. Le sang de cordon, lui, permet de greffer plus de 99% des enfants de moins de 50 kg qui en ont besoin.» En revanche, comme il faut un nombre minimal de cellules pour que la greffe prenne, les 100 ml de sang de cordon habituellement recueillis ne sont pas suffisants pour les enfants de plus de 50 kg et les adultes. Mais la recherche explore différentes avenues, et il sera sans doute possible de les traiter bientôt, eux aussi.

Héma-Québec est la seule banque de sang publique au Québec comme au Canada. Si on identifie une maladie traitable par une greffe de cellules souches chez un enfant et que celui-ci a un nouveau petit frère ou une nouvelle petite sœur, Héma-Québec conserve le sang de cordon pour soigner l’enfant malade. Autrement, le don est anonyme, et tous les enfants qui en ont besoin peuvent en bénéficier. Actuellement, seuls le CHU Sainte-Justine et l’Hôpital St-Mary ont des ententes avec Héma-Québec et prélèvent le sang de cordon. D’ici deux ans, la banque publique espère collaborer avec une dizaine d’hôpitaux.

Le secteur privé
En parallèle, il existe plusieurs banques privées de sang de cordon. Quand on est enceinte et qu’on nous fait miroiter le pouvoir de sauver un jour notre enfant s’il est atteint de leucémie, on se retrouve face à un choix déchirant. Comment passer à côté d’une telle occasion, tout en sachant qu’il nous faudra débourser initialement en moyenne 2000$, auxquels s’ajoute une somme de 100$ par an pour l’entreposage? Eh oui, ces banques sont des établissements à but lucratif! «Dans la réalité, la possibilité que son sang de cordon serve réellement à notre enfant est de 1 sur 50000, précise la Dre Diane Francœur, présidente de l’Association des obstétriciens et gynécologues du Québec. Par ailleurs, à l’heure actuelle, on n’utilise pas le sang de cordon des banques privées pour greffer un enfant malade parce qu’on n’est pas assez sûr de la qualité du prélèvement, du transport et du stockage.» De plus, les maladies qu’on soigne ainsi résultent souvent d’anomalies génétiques que l’on peut retrouver dans les cellules souches.

Les banques privées évoquent aussi d’autres possibilités comme le traitement de la sclérose en plaques, du diabète ou encore de la maladie d’Alzheimer. «C’est vrai qu’on fait de la recherche sur les cellules souches dans différents domaines, note la Dre Francœur. Mais l’idée que vous puissiez utiliser, plus tard, votre sang de cordon comme fontaine de jouvence reste très hypothétique. Il se peut que, dans dix ans, une découverte fasse que ça vaudra la peine de garder le sang de cordon de son enfant pour soi ou sa famille. Mais, au moment où on se parle, ce n’est pas vraiment le cas.»

En attendant, le sang de cordon sauve des vies! Mais, si on n’autorise pas son prélèvement, ce produit inestimable est jeté. Les deux spécialistes rêvent que toutes les femmes accouchant d’un bébé en bonne santé puissent faire ce don de vie à Héma-Québec. «C’est encore bien plus simple que de faire un don de sang ordinaire, affirme le Dr Lebrun. C’est gratuit, ce n’est douloureux ni pour la mère ni pour bébé et ça ne comporte aucun risque.» «Nous souhaitons que des mères de toutes les origines participent, afin d’être en mesure de sauver tous les enfants qui en ont besoin», conclut pour sa part la Dre Francœur.

Enfants Québec, septembre 2007

Commentaires

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Un commentaire

ludivine cauchon

Nous sommes préparées , renseignees, informees, rencontrees toutes plusieurs fois et par plusieurs moyens a la naissance et laccouchement. Je viens daccoucher de mon 2e bebe a HSF et on ne m’a jamais parlé du sang de cordon. Quel manque? Je me demande si on ne revend pas le sang comme ça se fait aux usa ou alors pourquoi ne pas nous en parler et nous donner cws options de don etc????

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