superbanniere
Abonnement Magazine

La poussée revue et corrigée

Image : istockphoto

Image : istockphoto

La méthode traditionnelle 
Dans plusieurs hôpitaux, on laisse maintenant à la femme une grande liberté quant à la façon de respirer pendant le travail. Mais quand arrive le stade de la poussée, on lui dit encore trop souvent quoi faire. Traditionnellement, cela signifie:

– s’installer en position couchée ou semi-assise;
– mettre éventuellement les pieds dans les étriers;
– au moment de la contraction, inspirer, bloquer, pousser de toutes ses forces tout en tirant sur ses pieds, ses genoux ou ses jambes, attendre dix secondes et recommencer.

Le bon moment
Plusieurs médecins invitent leurs patientes à pousser dès qu’elles sont à dilatation complète. Des études démontrent pourtant que ce n’est pas le bon moment. Il est préférable d’attendre que bébé soit descendu beaucoup plus bas dans le bassin, jusqu’au périnée. «Certains médecins sont plus directifs mais d’autres nous font confiance et permettent aux femmes d’attendre qu’elles aient vraiment envie de pousser», explique Francine Pinsonneault, infirmière en natalité à l’Hôpital Pierre-Boucher.

Un désavantage important
«Quand on demande à la femme de pousser artificiellement, le réflexe de poussée ne vient plus, déplore Dominique Porret, sage-femme. La femme sera donc obligée de pousser artificiellement jusqu’au bout.»

Le délai moyen
Pour un premier bébé, il s’écoule en moyenne de une demi-heure à une heure entre la dilatation complète et le réflexe de poussée. À partir du deuxième bébé, cette période ne dure en général que de quelques minutes à une demi-heure.

La poussée sur demande
Ce processus automatisé n’a rien de physiologique et engendre malheureusement plusieurs difficultés.
– Quand la femme est couchée ou semi-assise, bébé n’est pas dirigé dans la bonne direction. Il est poussé vers le sacrum (vers le bas) mais doit sortir vers le haut.
– En mettant les pieds dans les étriers et en tirant, la femme rapproche son tronc du bassin et pousse ses fesses vers l’avant. Ce faisant, elle repousse les fesses de son bébé, ce qui crée un angle entre sa tête et son corps.
– «Lors du “inspirer-bloquer-pousser”, la femme pousse le bébé avec l’air dont elle a empli ses poumons et, en même temps, elle pousse sur l’utérus et la vessie, note Dominique Porret. Spontanément, une femme pousse pendant une période moins longue en émettant des sons. Dans ce cas, le diaphragme tire l’utérus vers le haut pendant que la contraction et le serrement des abdominaux aide bébé à s’extirper de l’utérus. De plus, avec cette technique, le périnée sollicité trop longtemps se contracte au lieu de se relâcher: un obstacle supplémentaire à franchir… Enfin, pousser en bloquant risque de mettre en péril l’intégrité du périnée et de la vessie.»

Dans les hôpitaux
Comme l’explique le Dr Claude Fortin, gynécologue-obstétricien au Centre hospitalier de LaSalle, il n’existe pas de politique ni de règlement au sujet du moment de la poussée. «C’est une décision individuelle et il est vrai que l’attente de la poussée spontanée est de plus en plus courante. Dans notre département, si une patiente est dilatée à 10 cm mais qu’elle ne ressent pas encore le besoin de pousser, on laisse souvent le suivi à la discrétion de l’infirmière qui nous a transmis la demande. Même lorsqu’il s’agit d’accouchements sous épidurale, la plupart des femmes peuvent maintenant ressentir la pression. On attend d’ailleurs qu’elles la sentent sinon, elles peuvent parfois pousser inutilement pendant plus d’une heure et ce ne sont pas des poussées efficaces. En attendant que la femme ressente un véritable besoin de pousser, on évite donc qu’elle soit épuisée au moment où le réflexe de poussée survient.»

La poussée
Lorsque le col atteint enfin 10 cm, les contractions continuent à pousser bébé comme elles l’ont fait pour que le col se dilate. Il descend tout seul sans que, à ce stade-là, la femme ait besoin de pousser si elle n’en ressent pas l’envie. Et si «ça» pousse à l’intérieur de son corps, elle ne doit pas se retenir mais accompagner naturellement la poussée, sans forcer la note.

Un réflexe
Il peut arriver qu’il faille induire une poussée non spontanée pour aider un bébé mal positionné à descendre. Cependant, dans la majorité des cas, la future maman n’a pas besoin de se faire dire quand pousser: l’appui de la tête de son bébé sur certains muscles du périnée provoque un réflexe de poussée. Elle devrait donc commencer à pousser quand elle ressent un irrépressible et incontrôlable besoin de le faire.

Au naturel
Lors d’une poussée spontanée où la femme souffle ou expire, le périnée se relâche et facilite le passage de bébé.

Enfants Québec, décembre-janvier 2007

Commentaires

commentaires

Comments are closed

À lire aussi

Le plus beau jour de ma vie

Martin Marier raconte l'accouchement de sa blonde et la naissance...

Lire la suite →

Cours prénataux gratuits en ligne

Quels sont les choix offerts pour un suivi de...

Lire la suite →

Plan de naissance et imprévus!

Récemment, une amie qui doit accoucher bientôt me racontait ses...

Lire la suite →

Nos blogues

Pour prévenir l’intimidation… leur modèle, c’est vous!

Pour prévenir l’intimidation… leur modèle, c’est vous!

Que faire pour contrer le phénomène de l’intimidation? On parle souvent des comportements et...

Lire la suite →


Regarder un enfant dans les yeux

Regarder un enfant dans les yeux

Quand on a des enfants, l’heure du souper est particulièrement intense, tout le monde sait ça. On se...

Lire la suite →


Le plus beau jour de ma vie

Le plus beau jour de ma vie

Martin Marier raconte l'accouchement de sa blonde et la naissance de sa fille, le soir où il est...

Lire la suite →