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Baby blues ou dépression post-natale?

Photo : istockphoto

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Nombreux sont ceux et celles qui confondent ces deux états, pourtant bien différents.

Le baby blues touche de 50 à 60 % des femmes qui viennent d’accoucher. Survenant dans les dix premiers jours suivant la naissance, il dure en moyenne de deux à sept jours. Il se caractérise par un état d’intensité et d’instabilité émotionnelles. «Les pleurs sont fréquents et, en même temps, la maman est toute surprise de ce qui lui arrive», explique le Dr Jean-François Saucier, psychiatre au CHU Sainte-Justine. «Les sautes d’humeur font qu’elle peut aussi ressentir de l’exaltation puis de la tristesse en passant par l’émerveillement, l’inquiétude et la fatigue.» Engendré par les importantes modifications hormonales survenant après l’accouchement, le baby blues n’est ni grave ni pathologique, et ne laisse aucune séquelle. Il n’annonce pas une dépression.

Une mère qui a le baby blues n’a vraiment pas besoin qu’on la juge, ni qu’on fasse un drame de la situation. Au contraire, si son conjoint est compréhensif et la laisse exprimer ses émotions, même si celles-ci semblent chaotiques, l’épaule de son mieux, la console et dédramatise les choses, cela l’aidera à traverser cette période délicate qu’est l’après-accouchement. Avis, donc, aux nouvelles mamans: rassurez-vous, vous êtes tout à fait normales! Soyez indulgentes envers vous-mêmes et permettez-vous de vivre ces montagnes russes émotionnelles passagères.

Par ailleurs, 10 à 20 % des femmes qui ont accouché font, elles, une dépression post-natale. Celle-ci apparaît le plus souvent autour de la cinquième semaine suivant la naissance mais peut aussi survenir plus tard, dans le courant de la première année. À l’origine, il y a l’épuisement et le sentiment de ne pas être des mères efficaces, une impression qui peut surgir, par exemple, si elles ont des difficultés à allaiter. La culpabilité s’en mêle bien souvent: les mamans se sentent coupables de ne pas être à la hauteur – ce qui, la plupart du temps, est faux, la majorité de ces mères soignant bien leur bébé –, mais aussi de ne pas ressentir le bonheur escompté.

Parmi les symptômes de la dépression post-natale, on retrouve aussi des troubles du sommeil et de l’appétit, de l’anxiété, une impression de lourdeur et un sentiment d’isolement. L’entourage constate que la maman est fatiguée et moins en forme mais, comme l’enfant reçoit de bons soins physiques, il ne réalise pas toujours qu’il s’agit d’un réel problème. Les femmes ont souvent honte de leur état et essayent de le cacher. Certaines ne peuvent s’empêcher de ressentir de la colère envers leur bébé qui pleure tant et dont les réactions ne sont pas prévisibles, ce qui a pour effet de décupler leur culpabilité. Dévastées, elles se sentent alors de bien mauvaises mères. On a longtemps pensé que seules les nouvelles mères pouvaient être atteintes de dépression post-natale. Or, des études ont montré que ce n’est pas parce que les femmes n’ont pas eu de dépression au premier bébé qu’elles sont à l’abri de cette maladie au moment d’une naissance ultérieure. Par ailleurs, chez celles qui ont eu une dépression après la naissance du premier, le risque d’en avoir une autre après la naissance du deuxième augmente légèrement (20 à 30 % de risque).

Le baby blues passe tout seul, tandis que la dépression nécessite une thérapie dont la durée varie de quelques semaines à quelques mois. Si nécessaire, par exemple lorsque la dépression persiste malgré la thérapie, on prescrit alors en plus des médicaments. Une dépression qui n’est pas soignée peut durer deux ans ou plus. «La mère prise dans le filet de ses émotions est en souffrance, note le Dr Saucier. De plus, comme elle n’est pas présente affectivement, son enfant développe un attachement “non sécure” et n’est pas stimulé adéquatement.» Et c’est sans compter le conjoint désarçonné, qui s’éloigne bien souvent ou les aînés qui peuvent aussi pâtir de la situation. Par conséquent, si passé le premier mois après la naissance, la nouvelle maman ressent les symptômes mentionnés plus haut durant plus de deux semaines, ce qui élimine la possibilité d’une déprime passagère, il est important qu’elle consulte un professionnel de la santé.

Enfants Québec, novembre 2006

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