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Accoucher à la maison

Photo : istockphoto

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Au Québec, 1 future maman sur 200 choisit de donner naissance à son enfant à la maison. Depuis 2006, la loi autorise cette pratique et balise la façon dont les sages-femmes peuvent assister une femme qui accouche chez elle. Ces services sont entièrement couverts par l’assurance-maladie. Mais accoucher chez soi, n’est-ce pas prendre des risques?

«Si le Québec s’est doté d’une réglementation permettant l’accouchement à domicile avec une sage-femme, c’est parce que, loi ou pas, certaines femmes le feraient de toute façon, déclare Jeannine Auger, directrice des services médicaux généraux et préhospitaliers du ministère de la Santé et des Services sociaux, qui s’occupe des dossiers de la périnatalité et des sages-femmes. Dès lors, on respecte leur choix et on fait tout pour que cette pratique se passe dans les meilleures conditions de sécurité possibles.» De nombreuses études démontrent qu’il est aussi sécuritaire d’accoucher à la maison qu’à l’hôpital lorsque la femme est en bonne santé, a une grossesse normale, habite à proximité d’un hôpital et est accompagnée par une sage-femme. L’accouchement est un événement physiologique normal qui, la majorité du temps, se passe bien.

La nature n’étant cependant pas parfaite, la sage-femme doit se préparer à toutes les éventualités. Elle effectue une visite du domicile de sa cliente pour s’assurer que les lieux sont sécuritaires, notamment au cas où il faudrait y circuler avec une civière. Elle se renseigne auprès des services ambulanciers sur le temps que mettrait une ambulance pour arriver sur les lieux. Le jour J, elle a à sa disposition des médicaments, de quoi faire une épisiotomie et une succion au bébé ainsi que de l’oxygène. «Lorsque l’enfant ne respire pas ou que la maman perd beaucoup de sang, il faut agir, déclare Céline Lemay, présidente du Regroupement Les sages-femmes du Québec. Si la sage-femme comptait uniquement sur l’aide extérieure, ce serait dangereux. Mais elle a les compétences pour faire face à une situation d’urgence.» Et elle n’hésite pas, dès qu’elle le juge nécessaire, à transférer sa cliente à l’hôpital. Cela arrive dans 15% des cas. «Certaines situations sont tout simplement du ressort d’un médecin, poursuit Céline Lemay. La complémentarité entre professionnels et la collaboration entre les hôpitaux et les sages-femmes est essentielle pour la santé et la sécurité de la femme et de son bébé. Une naissance à la maison, c’est un beau projet mais pas un but à atteindre à tout prix.»

Aux Pays-Bas, où 1 maman sur 3 accouche chez elle, cette pratique n’a rien d’exceptionnel. Pendant des années, une femme dont la grossesse se déroulait normalement devait, si elle choisissait quand même d’accoucher à l’hôpital, en assumer les frais. Autrefois, une ambulance stationnait devant la maison de chaque femme en travail mais cette pratique, jugée inutile, n’a plus cours aujourd’hui. Dans le grand public, on a souvent une vision granola de l’accouchement à domicile. «On a l’impression qu’on arrive en croyant à la nature, avec des bâtons d’encens et de la musique nouvel âge, constate Céline Lemay. Mais nous sommes des professionnelles. Le gouvernement n’aurait jamais légalisé notre pratique si nous n’avions clairement démontré que nous sommes de ce calibre-là et qu’accoucher avec nous est aussi sécuritaire que d’accoucher à l’hôpital.»

«La notion de “ sécuritaire”, ce n’est pas noir ou blanc, précise Jeannine Auger. Mais, avec la réglementation, si tout est respecté — et je sais que les sages-femmes y sont très attentives —, c’est suffisamment sécuritaire.» Quant au fait de se sentir en sécurité, il n’a rien de rationnel mais relève d’un sentiment intime et personnel. «Certaines se sentent beaucoup plus en sécurité à l’idée d’accoucher chez elles, d’autres, en maison de naissance, et d’autres encore, à l’hôpital, explique Céline Lemay. On pourrait leur fournir des dizaines d’études que cela n’y changerait rien.» C’est pour cette raison qu’il est important d’avoir le choix, comme c’est le cas aujourd’hui, dans de bonnes conditions, au Québec.

Source: Enfants Québec, octobre 2008

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