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Réussir l’intégration à la garderie

Crédit: Istockphoto

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L’entrée à la garderie est une étape parfois douloureuse! Surtout quand les larmes coulent à flots et que les petits bras s’accrochent aux jambes des parents… Heureusement, il existe des façons de rendre ce passage plus facile.

Par Sarah Poulin-Chartrand

Prendre le temps nécessaire

Idéalement, il faut prévoir deux semaines d’intégration pour mettre toutes
les chances de son côté, selon Sylvaine Léger, professeure en techniques d’éducation à l’enfance au collège Édouard-Montpetit.
«Toutes les bonnes garderies permettent des mesures d’adaptation», précise-t-elle. La première journée, le parent reste sur place une heure ou deux avec l’enfant. Le lendemain, il le confie aux éducatrices pour une heure ou deux également – sans repas ni sieste. Au fil des jours suivants, les présences de l’enfant à la garderie sont prolongées peu à peu. Si celui-ci s’accoutume bien
à ce nouveau milieu, les pleurs du matin devraient avoir cessé au bout de quatre à cinq semaines. «Dans le cas contraire, les parents pourront se demander si la formule de la garderie convient vraiment à leur enfant, dit Mme Léger. Certains petits seraient peut-être plus heureux en milieu familial, par exemple.»

Éviter les périodes délicates

De 7 à 9 mois, les poupons sont en pleine angoisse de séparation. Mieux vaut s’abstenir, autant que possible, de tenter de les habituer à la garderie pendant cette période, comme le souligne Sylvaine Léger. Chez certains bébés, cette angoisse peut se manifester plus tard, jusqu’à 10 mois; il faut donc être à l’écoute de leurs signaux. D’une manière générale et quel que soit l’âge des enfants, on doit d’ailleurs éviter de leur faire intégrer tout nouveau groupe tandis qu’ils traversent un épisode stressant – séparation, déménagement, maladie, etc.

Préserver les routines

Les premiers jours, il est important que l’enfant ait la même éducatrice depuis son arrivée sur les lieux jusqu’à son départ. Si cette dernière travaille de 9 h 00 à 16 h 00, les parents devraient adapter leur horaire en conséquence.
Les rituels d’arrivée et de départ méritent aussi une grande attention. «Certains parents s’éternisent un matin… et se sauvent presque en
courant le lendemain!», remarque Isabelle Doucet, éducatrice à la garderie Au petit lutin, à Longueuil.
Pourtant, on gagne là encore à respecter une routine. «Si c’est trois bisous et trois câlins, c’est parfait, dit-elle, mais ensuite il faut partir, et surtout s’en tenir au même rituel les jours suivants.»
Aux enfants un peu plus grands (à partir de 3 ans), les parents peuvent annoncer le moment de leur retour en disant, par exemple: «Maman
revient après la collation» ou «Papa revient après la sieste». En général, leur routine est bien ancrée à cet âge, et ils pourront se rassurer en attendant la venue du parent.

Faire confiance

«Une intégration réussie passe par un lien d’attachement fort», dit Sylvaine Léger. Pour créer ce lien, trois conditions sont essentielles: une éducatrice calme et chaleureuse, un environnement stimulant que l’enfant sera heureux de retrouver, et une relation de confiance entre les parents et l’éducatrice. «Si un parent est inquiet en déposant son enfant le matin, celui-ci le sentira, note l’enseignante. Il faut avant tout avoir confiance en l’éducatrice.»
Afin de pallier les situations anxiogènes, il peut être préférable de laisser son
conjoint accompagner l’enfant. «Les parents s’imaginent parfois que le mieux placé pour l’aider à faire son entrée en garderie est le parent le plus sensible, mais ce n’est pas forcément le cas, prévient Mme Léger. Le père ou la mère qui repart avec une boule d’angoisse dans la gorge ne fait que transmettre cette peur à son enfant.»
Pour favoriser l’instauration de ce nouveau lien, on peut aussi parler de
l’éducatrice à l’enfant, même pendant la fin de semaine; lui montrer une photo
d’elle et lui rappeler son prénom. S’il est encore bébé, sa mémoire est très courte, et il risquerait fort d’oublier son éducatrice au cours des premiers week-ends!

Miser sur les objets de réconfort

Le «toutou magique» qui fait des miracles pour apaiser l’enfant à la maison aura aussi une place de choix à la garderie. Même ceux qui se sont bien acclimatés au milieu se sentent parfois tristes ou fatigués, et trouvent ainsi de quoi s’apaiser. D’autres auront la chance de pouvoir laisser leur jouet favori toujours au même endroit, malgré la «rotation» des jouets.
Ensuite, qu’y a-t-il de plus rassurant que le visage de papa ou de maman pour
supporter ces premières journées de séparation? Sylvaine Léger encourage les
parents à fournir une photo de famille à la garderie. «On peut même la plastifier, et l’enfant pourra la conserver durant la sieste», ajoute-t-elle. Certaines garderies proposent aussi de faire des petits enregistrements de la voix des parents (chansons, berceuses), que l’éducatrice fera écouter à l’enfant s’il le demande. D’autres parents, encore, laisseront à celui-ci un doux chandail portant leur odeur.

Conseils de parents
«J’ai fait un bricolage – une petite photo de la famille collée sur un carton en forme de cœur – pour aider ma fille à passer à travers ses premières journées, dans son nouveau groupe. Elle changeait soudain d’étage, et c’était une grosse étape pour elle. Elle traînait la photo dans la poche de son kangourou ou de son manteau, et, selon ce que m’a dit l’éducatrice, elle la regardait quelques fois par jour… Puis, de moins en moins. Puis, plus du tout!» Maude Goyer, maman de Romy, 3 ans

«J’avais pris l’habitude de taper dans les mains des amis du groupe de mon fils pour les saluer, en arrivant le matin. Ensuite, Adrien s’est mis à faire la même chose, et maintenant, ses amis l’accueillent en criant: “Adrien est là!” Et tout le monde se tape dans les mains. Je pense que le fait que j’aie intégré les amis dans la routine du matin a vraiment sécurisé Adrien. Il voyait que je le laissais en toute confiance parmi ces enfants et qu’il pouvait s’amuser ave eux.» Catherine Gignac, maman d’Adrien, 3 ans

Source : Enfants Québec, Septembre 2013

Commentaires

commentaires

3 commentaires

Amina abouzid

Bonjour
Merci pour les informations données
Je vais toujours consulter votre site pour chercher les informations
Merci

tassadit

bonjour,
ma fille de 27 mois est a son 25 ème jour dans la garderie et elle pleure toujours et d’après son éducatrice elle pleure même après notre départ.
Et elle dit tout le temps qu’elle n’aime pas la garderie, on commence vraiment a s’ inquiéter. merci.

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