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Stimuler bébé dès les premières semaines?

Crédit : Istockphoto

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Devant leur tout-petit qui passe son temps à dormir, à boire et à pleurer, plusieurs parents s’interrogent. Faut-il le stimuler?

Les premiers mois constituent une phase de préparation importante pour le développement du bébé. Mine de rien, celui-ci fait des expériences qui lui seront utiles par la suite. Pour saisir un objet, prouesse qu’il accomplira autour de 4 mois, bébé doit pouvoir contrôler ses épaules et mettre son pouce en opposition. Or, dès les premiers jours, il fait des «exercices préparatoires», notamment en cherchant à atteindre sa bouche avec son pouce. Le contrôle des épaules, lui, s’acquerra quand il sera sur le ventre et que, appuyé sur les avant-bras, il tentera de relever la tête. Le nouveau-né découvre aussi ses mains dans son champ de vision. Les premiers temps, cette stimulation musculaire et visuelle est fortuite, mais bientôt l’enfant la reproduira de façon intentionnelle. «Un bébé est programmé pour apprendre l’étape suivante, affirme Irène Bleton, psychologue et professeure à l’Université du Québec à Montréal. Il travaille très fort, notamment à rechercher les stimulations dont il a besoin pour progresser.» Et celles-ci ne manquent pas!

La phase d’attachement

«Au cours des premières semaines, une période de découverte et d’attachement mutuels, les parents représentent l’essentiel des stimulations d’un environnement enrichi, dit Maria de Notariis, physiothérapeute au CHU Sainte-Justine et coauteure du livre Regarde-moi – Le développement neuromoteur de 0 à 15 mois, paru en 2008 aux Éditions du CHU Sainte-Justine. Pourquoi? Parce que ces stimuli passent par l’interaction.» «L’accompagnante m’a rassurée et m’a appris que chaque chose venait en son temps, se souvient Mélissa Tardivel, qui, au retour de l’hôpital, se préoccupait de savoir si elle sollicitait suffisamment sa petite Charlie. Elle m’a expliqué que, durant ces premières semaines, les meilleures stimulations se faisaient naturellement: tenir ma fille contre moi, l’allaiter, la regarder, lui parler. Bref, lui donner toute l’affection et la sécurité possibles.» Dans ces conditions, tous les sens du nouveau-né (le toucher, la vue, l’ouïe, l’odorat, le goût ainsi que le sens du mouvement et de l’équilibre) bénéficient de merveilleux stimuli. Le parent apprend à décoder ce que lui dit son bébé par ses mimiques et les sons qu’il émet. Il s’agit d’être à son écoute et de s’ajuster en conséquence. Bébé est calme, a le regard brillant et recherche le contact? Il est ouvert à communiquer et à vivre de nouvelles expériences. Ces moments d’échange sont courts, au début, mais leur durée augmente rapidement. Bébé détourne le regard ou bâille? Il est temps de s’arrêter. Enfin, respecter bébé, c’est aussi ne pas l’interrompre lorsqu’il fait ses propres expériences ou observe quelque chose.Dès sa naissance, l’enfant a besoin qu’on lui parle. Décrivez-lui ce que ce que vous faites: «C’est l’heure du bain; je te déshabille.» Mettez aussi des paroles sur ce qu’il semble ressentir: «Ta couche est propre. Tu as l’air bien!» ou: «Oui, tu as faim, ce ne sera pas long.» S’il ne comprend pas les mots comme tels, il saisit déjà l’intonation de votre voix, l’émotion et l’expression de votre visage.Lorsque, les yeux dans les yeux, vous lui dites d’une seule traite: «Allô mon bébé! Tu es beau, tu es de bonne humeur, tu fais de beaux sourires!» il vous laissera faire parce que c’est agréable de vous entendre. Cependant, il n’a pas le temps d’absorber les stimuli, ni l’occasion d’y réagir. Tandis que si, après «Allô mon bébé!» vous attendez patiemment sa réponse, tout à coup votre petit trésor vous regardera différemment, bougera ou encore esquissera un sourire. Ce sera alors à votre tour: «Tu es beau!» Marquez une autre pause et ne reprenez que quand il vous aura répondu. Vous prendrez vite plaisir à «converser» ainsi tous les deux.

À quand les premiers jeux ?

Les premières semaines, bébé garde souvent les poings fermés. Si on les lui ouvre pour y placer un hochet, il serrera le jouet par réflexe, mais sans l’explorer. Cela ne lui apportera rien. Au contraire, cela renforcera le réflexe de grasping, ne faisant que retarder le moment où il s’emparera lui-même d’un jouet convoité. En attendant que ce jour arrive, vous pouvez toucher le dessus de sa main au lieu de sa paume. Dès le deuxième mois, mettez un objet attrayant à sa portée. Faites-le-lui toucher, ou même toucher votre visage, ce qui l’aidera à mieux interpréter les stimuli visuels.

Enfants Québec, septembre 2009

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