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Pourquoi vérifier les os de son bassin?

Quand le médecin vérifie les os du bassin de mon bébé, que fait-il au juste ?

Lorsque le médecin voit un nourrisson pour la première fois, il teste la stabilité de ses hanches en effectuant ce qu’on appelle les manoeuvres d’Ortolani et de Barlow. À l’aide de ces manipulations, il s’assure que la tête fémorale (extrémité supérieure de l’os de la cuisse) reste bien dans son articulation (l’acétabulum). Ce qu’il cherche à détecter, c’est la dysplasie (de dys pour malformation ou anomalie, et plasie pour formation des tissus) de la hanche, un terme général qui englobe un ensemble d’atteintes, à des degrés de gravité divers, caractérisées par une déformation de la hanche. La dysplasie va de la simple laxité (instabilité) à la luxation complète (déboîtement) de la hanche.

Les manoeuvres d’Ortolani et de Barlow sont généralement pratiquées jusqu’à ce que l’enfant ait 4 mois. Par la suite, et jusqu’à l’âge de la marche, le médecin vérifiera que les deux jambes sont d’égale longueur, que les plis des fesses et des cuisses sont symétriques, et que les jambes s’écartent symétriquement aussi.

La dysplasie de la hanche peut toucher jusqu’à un nouveau-né sur mille. Elle est de 4 à 5 fois plus fréquente chez les filles, et afflige surtout les premières-nées des familles où d’autres cas sont rapportés. Parmi les causes possibles, outre le facteur génétique, on trouve tout ce qui peut avoir fait en sorte que le bébé ait été plus à l’étroit dans le ventre de sa mère : l’utérus moins volumineux lors d’une première grossesse, une faible quantité de liquide amniotique ou une grossesse multiple (plus d’un bébé). On croit également que l’estrogène maternel pourrait entraîner le relâchement des ligaments de la hanche du foetus.

En cas de doute sur une dysplasie possible, le médecin pourra compléter son évaluation par une échographie des hanches. Si une dysplasie est détectée alors que le bébé a moins de 6 mois, on prescrit dans la plupart des cas le port d’un harnais de Pavlik, lequel place l’enfant dans une position où la hanche est le plus stable possible, ce qui assure son bon développement. Avec un traitement précoce et approprié, le taux de guérison est de 90 %.

Dre Dominique Cousineau, pédiatre

Propos recueillis par Marie-Claude Fortin
Magazine Enfants Québec, septembre 2010

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