superbanniere
Abonnement Magazine

L’hyperparent en nous

Famille de Marie

Source : Enfants Québec

Édito – mai-juin 2013

Je me souviendrai toujours de la première présentation orale de ma fille aînée, en
première année. Un thème s’imposait à tous les élèves : les planètes et le
système solaire.

Ma fille avait choisi de parler de «l’oeil de Jupiter». L’oeil de quoi ? «Oui, tu te rappelles, la petite tache sur Jupiter dont ils parlaient à la télé !» m’a-t-elle lancé du haut de ses 6 ans, enthousiaste. Après quelques recherches, trois répétitions et des coloriages maison, sa présentation était prête.

Un mois plus tard, les parents ont été invités au « vernissage » de ce projet collectif.
Sur les tables trônaient un certain nombre de chefs-d’oeuvre : des systèmes solaires en trois dimensions juchés sur des pics de métal, des planètes de polystyrène dévoilant leur structure interne, des satellites en papier d’aluminium, etc. J’étais renversée, oscillant entre la fierté d’avoir laissé faire ma fille «toute seule» et la gêne de constater que son petit exposé, avec ses ravissants dessins, était parmi les plus modestes. À l’évidence, certains parents avaient passé leur fin de semaine à confectionner ces bricolages, et ce
vernissage était le leur.

Quand faut-il pousser – ou protéger – nos enfants, et quand
faut-il les laisser aller ? Je me pose souvent ces questions.

Dernièrement, ma grande fille a manifesté un profond ras-le-bol d’avoir à faire chaque soir son piano. Alors, on insiste, ou pas ? Nous avons décidé de
faire une pause de quelques mois, jusqu’à ce qu’elle démontre sa propre motivation. Mon fils, de son côté, souhaitait revenir à pied de l’école avec sa soeur. Celle-ci est à 1,2 km, le chemin est tranquille. Pourquoi pas ? On essaie. Dans l’un ou l’autre cas, d’autres parents n’auraient sans doute pas fait les mêmes choix que nous.

Pour ne pas plonger tête première dans cette « hyperparentalité », j’essaie de miser sur la spontanéité. L’intuition. Je l’avoue, ce n’est pas toujours facile.
À une époque où les livres nous enseignent qu’il faut faire des gâteaux en famille pour développer leur sens de l’arithmétique, des câlins pour développer leur lobe préfrontal, ou leur lire des livres en anglais pour qu’ils deviennent des «enfants du monde», je continue à faire ces choses pour le plaisir, non par calcul. Suis-je une extraterrestre ?

Publié dans le magazine Enfants Québec, mai-juin 2013

Commentaires

commentaires

Comments are closed

À lire aussi

Pour prévenir l’intimidation… leur modèle, c’est vous!

Que faire pour contrer le phénomène de l’intimidation? On parle...

Lire la suite →

La classe de maternelle de madame Michèle

Quand elle part en vacances à la mer, elle leur rapporte des...

Lire la suite →

Le bonheur est dans le parc

J'ai demandé à mon fils ce qu’il voulait faire pendant ses...

Lire la suite →

Nos blogues

Pour prévenir l’intimidation… leur modèle, c’est vous!

Pour prévenir l’intimidation… leur modèle, c’est vous!

Que faire pour contrer le phénomène de l’intimidation? On parle souvent des comportements et...

Lire la suite →


Regarder un enfant dans les yeux

Regarder un enfant dans les yeux

Quand on a des enfants, l’heure du souper est particulièrement intense, tout le monde sait ça. On se...

Lire la suite →


Le plus beau jour de ma vie

Le plus beau jour de ma vie

Martin Marier raconte l'accouchement de sa blonde et la naissance de sa fille, le soir où il est...

Lire la suite →